Dans quelques semaines, le deuxième anniversaire de la tuerie barbare et inhumaine de nos enfants, sera célébré, sans que nous n’ayons jamais fait le deuil. Le choc de la supercherie du Club des Eternels Destructeurs des Etats de l’Afrique de l’Ouest (CEDEAO), ne nous a toujours pas quitté. La souffrance qui s’en est dégagée, depuis mars 2007, nous habite encore, même si aujourd’hui, une lueur d’espoir se dessine au firmament du ciel guinéen.
C’est la même organisation des véreux et irascibles malades de pouvoir, constituée par le syndicat des présidents africains, qui décide d’exclure notre pays de leurs séances à fomenter des coups bas contre les intérêts des populations du continent noir. En Janvier et Février 2007, c’est elle qui fit obstacle à la chute du système Lansana Conté, avec la complicité assassine de certains pauvres syndicalistes guinéens.
Les Guinéens ne doivent pas oublier ce coup de poignard porté à la victoire de tant d’années de lutte, au long parcours jalonné de nombreuses familles devenues précocement orphelines de père, de mère, si ce ne sont les deux parents en même temps. La route a été décorée de pauvres parents qui n’ont eu qu’à constater la disparition nocturne de leurs enfants. Dans le paysage créé, des Hommes ont trahi leurs amis d’hier, en se désolidarisant d’eux. Ils ont même eu, des fois, l’outrecuidance de se transformer en leurs bourreaux.
Certains ont été incapables de soutenir les héritiers, en se réfugiant dans le silence mortel. D’autres ont poussé dans une inconscience sordide, en s’abattant sur leurs biens, pour s’en accaparer et prendre leurs épouses.
C’était la Guinée : il y a cinquante années que cela a duré ! Cette Guinée est entrée dans l’attentisme aux conséquences imprévisibles, si nous n’y prêtons pas attention.
Maintenant que nous voulons saisir, à bras le corps, notre destin, les ambassadeurs (appelés chefs d’Etat africains) des firmes internationales, elles-mêmes, gardiennes des intérêts de leur pays respectif dans les nôtres (Etats-fermes ou ranchs, propriétés privées pour ne pas dire pré-carrés de puissances économiques), tournoient tels des vautours dans le ciel guinéen.
Pour dire quoi ? Respect constitutionnel, élections démocratiques, retour au désordre de cinquante ans….
La situation qui prévalait chez nous, leur était bénéfique. Nous n’allons pas continuer à plier l’échine. Relevons-nous et marchons désormais debout et droits. C’est pourquoi, dans les prochains jours, où que nous soyons, il faut une mobilisation pour résister au diktat du club aux membres irresponsables.
Manifestons-nous devant les chancelleries, les sièges des consortiums : UE, UA et leurs succursales, CEDEAO et Francophonie.
Elections transparentes, translucides et démocratiques ! Des mots alléchants, attrayants, à sonorité rassurante pour des populations agenouillées par la misère, et mises à plat-ventre, par les prédateurs pendant un demi-siècle. Mais en fait qu’est-ce qui se cache derrière ces miroirs éblouissant la vue et aux sons bruyants qui empêchent les oreilles attentives d’analyser, avec lucidité, ces échos lointains de notre aspiration à la rupture réelle?
Ils veulent nous imposer leurs hommes de main comme en mars 2007. Un exemple intéressant : la francophonie vient d’envoyer une délégation à Conakry. Dans les rangs, se serait glissé un certain Albert Bourgui, qui brillerait par son incompétence dans cet organisme.
Qui est cet homme ? Un ami personnel et de longue date de l’un de nos vétérans leaders politiques, dont l’âge aurait pu lui conseiller de céder la direction de son parti à de jeunes plus dynamiques et en phase avec les exigences de la mondialisation. Comme quoi, les tyrans ne sont pas seulement du côté des tenants du pouvoir !
Le même leader, renseigné par ses amis du Parti Socialiste français en déroute, était rentré précipitamment, un jour avant le décès de Lansana Conté, pour appliquer la méthode Gbagbo Laurent de Côte d’Ivoire. Voilà les signes annonciateurs des élections démocratiques que nous propose le syndic des irascibles des irresponsables chefs africains.
Pour être des leurs, il faut avoir ciré pendant de longues années leurs bottes, à eux, oiseaux de malheur de l’Afrique. Ainsi le temps serait-il venu de récompenser les visiteurs de palais.
Ceux-ci, comme tous les autres, n’ont de projet que d’occuper le fauteuil présidentiel. Alors que le patriotisme les aurait pu éclairer, pour convenir que la patrie a besoin d’un peu de temps pour nettoyer et panser les plaies, afin de rendre à l’action politique, sa lettre de noblesse.
Nos politiques soucieux de devenir « homme fort » de Guinée, auraient dû réclamer l’assainissement de la vie économique, avant toutes autres exigences, en jetant les bases d’une économie saine, sans laquelle, un pays ne peut décoller.
Non, le fauteuil présidentiel est juteux. Il faut bander les yeux, boucher les oreilles pour ne point voir l’étendue du désastre, ni entendre la voix des populations dans leur aspiration au bien-être. Ce qui compte désormais, c’est de gagner le soutien des puissances, et tant pis pour le sort des citoyens.
Voilà pourquoi, cet appel frénétique aux élections, qui ne sont pas préparées et sans électeurs bien identifiés ou connus !
Nous devons inviter les nouvelles autorités à procéder au tamisage de la vie publique. Les bonnes graines que nous soupçonnons, doivent être séparées des mauvaises, que la justice saura identifier.
Les faux médecins de la démocratie de la CEDEAO prônent les élections. Mais dans quel paysage ? Et sur quelles bases crédibles, quand nous savons que le recensement, qui était en cours, était devenu source d’extorsion d’argent aux électeurs, auxquels on imposait un certain montant (60 à 80 000 FGN / tête) pour être recensés.
La CEDEAO nous avait fait voler notre victoire en 2007 ! Cette fois-ci, ne lui permettons pas de récidiver. Qu’elle exclut la Guinée, cela ne changera rien à notre situation, qu’elle a continuellement cautionnée.
La France était plus puissante en 1958, quand nous lui avons dit non ! Que peut faire concrètement ce groupement de petits tyrans de brousse, contre notre pays, si nous acceptons l’assainissement salvateur de l’économie, avant toute autre action ?
Jacques KOUROUMA
pour www.guineeactu.com
Paris, le 12 janvier 2009