mercredi 23 décembre 2009
La balle est dans le camp des partis politiques
Saïdou Nour Bokoum

Depuis le règlement de comptes à Koundara, la Guinée n’est plus gouvernée que par des balles. Le pouvoir auparavant concentré au Camp Alpha Yaya s’est à présent comme mué en forces ondulatoires en ballade entre plusieurs pôles. Et la Guinée tourne comme ce fameux spin de la physique moderne, autour d’une infinité de diamètres. Le tour de « La Force tranquille » fait dans les camps, ne doit pas faire illusion. Au fait avait-il fait un petit saut à celui de « Koundara » ? Ne parlons pas des camps du pays profond, en dehors de celui de Kindia. Quant aux camps d’entrainement des milices claniques de Dadis et le sien propre - on a parlé de 500 jeunes recrues -,  celui d’El Tigré lui-même, car le bruit en a couru à Conakry entre fin juillet et  début septembre - j’étais en Guinée -, qu’en est-il sous le règne du Pouvoir intérimaire ?

Il ne faut pas se voiler la face. Dadis et Konaté, c’est Dupond D et Dupont T. c’est à eux deux, et je ne fais là qu’un rappel, que les troupes ont prêté serment la main sur le Coran et sur la Bible. Konaté n’a jamais, dans les grandes décisions de Dadis, même celle qui a conduit au carnage du Stade, jamais Konaté n’a marqué une distance. Il ne suffit pas de n’avoir pas été là. Mais quand on est revenu de ses promenades, on prend le pouls accéléré de la maison qui sent encore la fumée et l’odeur âcre de l’incendie et du sang des suppliciés. Même après le rapport accablant de HRW, on n’a pas entendu un désaveu de Konaté.

Je le dis comme je le pense, Konaté ne me paraît pas être l’homme de la situation. Y en aurait-il que cela relèverait de la science infuse. N’en déplaise à nos amis d’outre atlantique, anglo-saxons, et surtout français, qui ont raté tous leurs rendez-vous avec la Guinée. Oublions les séquences de Gaulle-Foccart d'une part, et Sékou Touré, d'autre part. Passons sur les années quatre-vingt dix ponctuées par les fraudes massives du système Conté qui ont largement préparé l’année meurtrière du CNDD. Nos amis et partenaires ont toujours été les premiers à nous encourager à avaler ces couleuvres, en invitant les acteurs politiques à avoir de la retenue. La paix civile coûte que coûte. On a même entendu un ambassadeur de nos amis annoncer la victoire de Conté, avant même notre ministère des fraudes !

Du temps du marabout blanc, Vatrican et de Jean-Claude Diallo, nous avons été quelques uns à suivre une certaine Réforme programmer l’impasse sur la Diaspora que « la Guinée aurait du mal à entretenir », alors qu'on encourageait  cette même Guinée à s’offrir  le luxe d’entretenir des experts et des conseillers étrangers autrement plus chers. Pendant l’agonie de Conté, nous savons qu’il y a eu des scénarios d’ « intérim » qui joueraient des jokers comme Kerfalla veillant sur tel ou tel « acteur politique », après qu’on a vu l’homme Kerfalla, on s’est rabattu sur  Arafan, toujours en duo avec un autre « acteur politique ».

Ceci pour dire que le scénario Konaté comme le moindre mal, relève  de cette amnésie de nos « amis » qui oublient que les temps ont changé. Que les peuples savent toujours mieux que quiconque l’homme ou la femme qu’il leur faut pour conduire leur destin. Cela peut prendre du temps, parfois cinquante ans. Il arrive que l’histoire s’accélère. Que par exemple, entre juin 2006 et janvier février 2007, tout le peuple de Guinée ait eu la conscience claire qu’il fallait un changement radical, qu’il ne voulait plus des 200 apatrides plus un au sommet, pour malmener leur destin.

Aujourd’hui, il est clair qu’ils ne veulent plus de Dadis. Mais il ne faut pas aller plus vite que la musique et faire accroire qu’ils ont choisi Konaté ou n’importe qui d’autre. C’est seulement dans les urnes qu’ils enfouiront leur choix. Pas avant. En attendant, en cette phase cruciale de transition, nous attendons de nos amis une aide militaire, n’ayons pas peur des mots. On emballera cela comme on voudra. Force d’interposition, force de protection, force d’observation, etc.  Mais les scénarios d’arrière salles de Chancelleries, cela ne marchera jamais en Guinée.

L’intérim par Konaté ne serait au « mieux » qu’une prolongation. Après cinquante ans de dictatures, ce serait dur à avaler. Trois coups d’Etat minables. Deux contre un cadavre, le troisième contre un malade mental qui vient de « se tirer une balle dans la tête ». Toumba n’était que le bras armé de ce Néron qui ne pourra plus admirer les beautés de la cité qu’il vient de livrer aux  pyromanes dont il s’est entouré. D’ailleurs notre force tranquille était toujours flanquée de son âme damnée, lors de ses tournées de casernes. Il était l’âme damnée de Dadis, le voilà tenu en laisse par Pivi alias Coplan.

« Je te tiens tu me tiens » doivent-ils se dire au coin de l’oreille.

En vérité, ce coup d’Etat n’en n’est pas un. Ce n’est qu’un épisode de celui commencé ce 23 décembre 2008. On n’a jamais vu depuis nos « Soleils des Indépendances » (Amadou Kourouma) un coup d’Etat qui ne s’était achevé après un ménage plus ou moins long, par la victoire d’un seul, comme au bon vieux temps des cowboys du Far West. Nous attendons qu’ils en finissent avec leurs maladresses de débutants, qui hélas se traduisent par des crimes contre l’humanité. Mais nous attendrons un autre demi-siècle si les Partis politiques continuent à attendre.

Quant à la Guinée bafouée, humiliée, lessivée et livrée aux violeurs, aux voleurs et aux tueurs, elle attend d’eux quelques actes et propositions claires et fermes.

Qu’ils récusent de la façon la plus solennelle ce ramassage du pouvoir par Konaté pour deux raisons. La première, une raison de principe, est qu’il ne jouit d’aucune sorte de légitimité, même dans cette situation d’exception qui faisait que Dadis était en quelque sorte fréquentable puisque les Partis avaient bel et bien entamé des négociations politiques avec lui, appuyés en cela par la communauté internationale. La deuxième est une raison pratique dont découle d’ailleurs la première : il y a trop de pôles de décisions pour croire que M. Konaté maîtrise la situation. Le chaos qui règne au sein des forces armées fait qu’aucun militaire n’est aujourd’hui en mesure d’instaurer à la base et au sommet de l’institution et donc de l’Etat, une quelconque autorité.

Le second acte politique décisif est qu’ils mettent fin à ces promenades à Ouagadougou. Il n’y a plus personne en face avec qui dialoguer, sauf ce Facilitateur qui, dit la rumeur, a fait accueillir Dadis comme un Burkinabé, d’où l’étonnement des médecins de Rabat devant un ministre d’Etat guinéen, Boubacar Barry venu voir un certain Dadis, né à Koulé.

Pourtant le salut ne pourrait venir que du dehors.

Mais il ne pourrait advenir qu’appelé du dedans. Je ne songe même pas ici au chauvinisme abscons de quelques nostalgiques du « Peuple du Non de 58 ». Les réactions unanimes, fermes, de la communauté internationale et même de l’Union Africaine et de la CEDAO, qui s’apprêtaient à faire adopter la décision d’envoyer une force d’interposition ou de protection, peu importe la dénomination, ces réactions se sont mises en veilleuse dès lors que les Forces vives ont montré leur mollesse, l’absence totale de fermeté dans une stratégie qui brillait par son flou. Les signes d’implosion étalés ça et là, qui les travaillent, nous dispensent de nous attarder sur ce qui crève les yeux. Quand les uns disent « Toumba nous a sauvé la vie », l’autre affirme avec force  que Toumba fait partie des tueurs du Stade. Il faut dire que le rapport de HRW donne raison à ce dernier. Même si les premiers n’ont pas été nécessairement victimes d’hallucinations !

Foin de théories. Pour amener la communauté internationale à faire arrêter ces crimes contre l’humanité qui ont encore cours ou qui pourraient recommencer, il faut leur en donner une raison pratique, celle qui préviendrait un embrasement de toute la sous-région en cas de guerre clanique en Guinée. Je n’en vois qu’une. Que les Partis politiques forment un gouvernement qui puisse  mettre fin à cette guerre des gangs dans nos rues et au sommet où était censé se trouver un Etat. Seul un gouvernement en place, ayant investi les locaux qu’il pourra trouver, amènera la communauté internationale à envisager sérieusement "la protection entre autres des acteurs politiques", comme cela fut écrit et demandé par un des responsables du Groupe de contact.

Cela dit, je conviens que je ne risque rien en validant cet appel kamikaze, tranquillement assis devant mon ordinateur. Justement, il faut choisir. Etre dans un hamac sous le cocotier ou être sur une chaise devant un ordinateur.

Ou occuper un fauteuil présidentiel.


Saïdou Nour Bokoum

PS : Lire plus, lire mieux, aller voir www.manifeste-guinee2010.org


www.guineeactu.com

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Vos commentaires
mohamed barry, jeudi 24 décembre 2009
cher frere et souere guinennes cherchions aconnettre notre citoneyetes et droit detre guineen comme tous les nationaux de la planet dabort pour sauver notre pays du siecle que nous vivons actuellement.
kagbandouno Michel, jeudi 24 décembre 2009
C`est dommage que des gens vulgaire se mettent pour salir des gens en l`occurence le nommé kagbadouno tamba. C`est une atteinte a la morale d`autrui. Donc cherches-toi un autre nom mon frère car tu n`est pas ce que tu te fais passer. Long live CNDD and it`s president
m diallo, mercredi 23 décembre 2009
moi je dis il faut etre un regionaliste pour dire que konate est mieux que dadis,ils sont tous des militaires qui portent des berets rouges,apres tout konate est l`ami de dadis et son bras droit,dire que dadis est mauvais et que konate est bon c`est seulemnet etre un vrai hypocrite et un regionaliste de votre part.nous on prefere ces soit disant voleurs a la place de ces assassins du cndd.merci a vous
DIAN, mercredi 23 décembre 2009
Tous les membres du CNDD sont d`avance disqualifies mais comme pour le moment il faut un interlocuteur qui eviterait un extremiste comme Moussa Keita au pouvoir, nous attendons d`urgence le gouvernement de transition avec un premier minitre qui ne peut etre un larbin beni oui oui. Je crois que un concensus se degageait au tour de mon Seigneur Robert Sarah. En attendant, si Sekouba tient a se demarquer, il faut des actes; les paroles on entend depuis Sekou
kagbadouno Tamba, mercredi 23 décembre 2009
Si, jusqu’avant la publication de ce rapport, les discussions avec le CNDD pouvaient s’expliquer, aujourd’hui, RIEN ne peut légitimer ces discussions. En effet, Dadis, Konaté, Toumba, Pivi, Keïta, … sont interchangeables ! Nous ne pouvons comprendre que certains membres de l’opposition et des forces vives veulent croire un instant que Konaté est différent de Dadis ! Il s’agit de Miliciens et non de militaires qui ont pour seul objectif pas de défendre une IDEE ou Idéologie mais, l’objectif inavoué par ces voyous de miliciens déguisés en militaires est l’appât du GAIN ! Tous les grades de cette « armée » qui est en fait une milice sont attribués sans aucun mérite. Cela explique en partie, l’anarchie au sein de « l’armée ». Il faut que nos compatriotes comprennent que depuis 1971, en Guinée, l’armée a disparue pour laisser la place aux milices. A l’arrivée de Conté au pouvoir, il a fait la même chose que son mentor le sanguinaire Sékou Touré : il a créé sa milice et aujourd’hui Dadis fait la même chose que Conté ! Nous ne pouvons comprendre que les Forces vives restent silencieuses devant le rapport de la commission d’enquête de l’ONU car, il est accablant pour la junte ! Nous pensons que les négociations de Ouagadougou sont caduques, car, nous ne pouvons négocier avec des individus accusés de « crimes contre l’Humanité » et il est temps d’organiser la désobéissance civile d’une part, et de chasser du pouvoir ces voyous en kaki qui sont Dadis, Konaté, Toumba, Pivi, Keïta, Chérif… et les traduire devant le Tribunal Pénal International (TPI). Si une fois encore nous avons le malheur de laisser a Konaté le pouvoir, nous allons bientôt le regretter car, nous allons voir fleurir : « les comités de soutien aux actions de Konaté », des « Konaté ou la mort »… Le fait d’obliger les militaires à retourner dans les casernes ne veut pas dire qu’un civil est forcément un « démocrate » ou un « Républicain » ! La plus grande dictature sanguinaire que nous avons connue en Afrique notamment en Guinée était le fait d’un civil : le sanguinaire Sékou Touré. Nous pensons que ce qui est fondamental c’est d’avoir des Institutions solides et trouver un mécanisme qui permet aux locataires de ces institutions d’être démis dès qu’ils ne font pas leur travail. Nous pensons à l’attitude du Président de l’Assemblée Nationale et celui de la cour suprême au temps de la dictature de L.Conté et aujourd’hui, nous savons tous que même si Dadis arrivait à s’en sortir médicalement, il n’aura plus la capacité intellectuelle et physique d’être Chef d’Etat car, il s’agit d’une charge de travail qui exige une grande capacité physique malgré tout, les Guinéens attendent encore ! Nous avons perdu cinquante et une année (51 ans) de nos vies parce que nous n’avons pas voulu nous battre contre le sanguinaire Sékou Touré, contre L.Conté et aujourd’hui Dadis ! Les Guinéens qui vivent en Guinée sont tous privés de TOUT y compris ceux qui volent dans les caisses de l’Etat ; en effet, dès qu’ils ont un petit problème de santé, ils sont obligés d’aller à l’extérieur de la Guinée (Côte d’Ivoire, Sénégal , Europe ou Amérique du Nord) pour se soigner parfois pour un problème bénin ! Ils ne suivent jamais l’éducation de leurs enfants dans la mesure où ces derniers vivent à l’Etranger loin de leurs parents et sont livrés à eux-mêmes et sans oublier que ces enfants vivent dans un environnement hostile. Les Guinéens qui vivent à l’extérieur sont aussi malheureux que ceux qui vivent en Guinée ! Ils sont malheureux d’une part, de savoir que leur mère, sœur, frère, père, amis manquent de TOUT et d’autre part, même si pour eux personnellement, ils ont un bon travail, ils aimeraient au moins finir leurs derniers jours en Guinée mais, ils ne peuvent pas dans la mesure où ils n’ont pas l’environnement minimum (eau, électricité, hôpitaux pour au moins les premiers soins etc..). Allons-nous continuer à laisser des irresponsables gâchés nos vies et ceux de nos enfants ? Qu’attendent les Forces Vives pour se lancer à l’assaut de cette junte ?
sow, mercredi 23 décembre 2009
Bangaly si tu aimes konaté ne lui fai pas gobé ça rester meme pour faire des audits car si non il finira comme daddis sache que tout est bloké pas d`argent et le peuples soufre donc il nora pas ce temp pour faire quoi que soit et une fois que le peuple sort ds la rue pour manifester leur ral bol ces militaires vont tuer et il sera responsable donc arreton de vouloir tout en mme tps si nn on aura rien et g t conseil la personne qui sera elus forcement sortira de ceux qui sont presents actuellement et si on se base sur leurs popularité actuelle ça sera entre alpha cellouu sidya a bon entendeur salu
Bangaly Traoré, mercredi 23 décembre 2009
Konaté n`est pas l`homme de la situation,alors les hommes qui ont organiser la plus grande corruption et l`impunite ne sont point aussi les hommes qui il faut pour notre pays.NB:je suis conscient le général Konaté est en mesure d`organisé les élections transparentes et les audits publics secteur par secteur,car le général konaté n`est point le capitaine Dadis.Nous nous voulons aucun voleur a la tête de notre nation.

Dernière mise à jour 25/06/2011 13:53:55
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