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Dans les écoles du rationalisme (ou philosophiques) où l'on apprend que toute entreprise humaine doit être guidée par la raison, on ne tire jamais des conclusions sur la base des préjugés et des mythes. Ou, tout simplement, de simples aventures spirituelles.
Dans ces écoles du rationalisme, on parle beaucoup de doute. Un peu le doute cartésien: "je pense donc je suis".
Il y a le doute scientifique et le doute sceptique. Le premier est apprécié et encouragé, le second, non.
Lorsqu'on doute scientifiquement, c'est dans l'intention d'avoir la situation claire. C'est avoir pour objectif que la vérité soit découverte. Une fois que l'objectif est atteint, on cesse de douter. Mais pour arriver là, on privilégie tous les moyens nécessaires pouvant aider à la manifestation de la vérité.
A propos du doute sceptique, on doute pour douter. On doute pour nier tout. En fait, l'objectif est d'aller nulle part. Ou tout simplement, le but visé est de vouloir rien savoir que sa propre stratégie: tout est faux, il est impossible de faire le mieux. C'est comme le sentiment que la bataille est perdue avant de la mener.
Comme on voit, douter scientifiquement apporte quelque chose de bien. Cela conduit à une bonne humeur. Lorsqu'on a plus de doute sur la réalisation, l'existence ou la possibilité d'un fait, on se sent en paix avec soi-même. Et si cela concerne un groupe donné, chacun est heureux. Tant mieux!
Cependant, le doute sceptique a une seule sensation: le mécontentement.
Faut-il classer l'UFDG dans le sillage des scientifiques ou des sceptiques?
Réclamer que les élections se déroulent dans la plus grande transparence, est une obligation dans tout régime démocratique. Avoir des inquiétudes sur la légalité, la neutralité et la compétence des membres d'une institution, n'est pas interdit en démocratie.
C'est ce qui fait de la démocratie la meilleure forme de gouvernement. Des critiques et des discussions sont fréquentes. Le droit à la liberté d'expression est de mise. C'est dans la critique et le dialogue que l'on aboutit aux résultats acceptés par tous.
Il arrive que l'on suspecte tel ou tel individu dans l'exercice de ses fonctions. Des solutions sont possibles. Ou bien l'individu est déchargé de ses fonctions en étant remplacé par un autre, ou bien il est maintenu dans ses fonctions mais en créant des conditions qui permettront de lever toute suspicion. Ou alors, le suspecté, de manière patriotique et de dignité, et dans l'intérêt de tous, rend sa démission, etc.
Remplacer le contesté Louncény Camara à la tête de la Ceni est une option. Mais aussi, mettre en place toute une disposition qui permettra le bon fonctionnement de la Ceni avec à sa tête le même Louncény Camara, paraît une autre option. L'essentiel est de garantir la régularité des élections. Que la transparence y soit de rigueur.
Lorsque l'UFDG menace de jeter l'éponge avec à son actif plus de 43% du suffrage au premier tour, n'est-ce pas un suicide?
Et surtout pour la simple raison qu'un individu d'une institution est suspecté et non l'institution elle-même.
Les aventures spirituelles qu'une connivence est engagée entre le pouvoir et le parti RPG, le monde serait-il à l'envers?
Qu'une mafia encouragée par Sékouba serait en gestation pour empêcher à tout prix la possible victoire de l'UFDG.
Soyons démocrates!
La démocratie née en Grèce et modernisée en Europe de l'ouest, a connu des bouleversements à travers des siècles, mais pas autant que l'UFDG s'imagine des scénarios insolites et impossibles.
Le monde de la globalisation est notre monde. C'est comme un seul grand pays mais seulement avec des fédérations. Les vols flagrants et massifs ne sont plus à l'ordre du jour.
Et surtout, la Guinée vient de loin. Après le massacre du 28 septembre et ses corollaires, et la mise à l'écart de Dadis, et tous ces yeux du monde démocratique portés sur le processus électoral guinéen, faut-il admettre des jugements tels que "la mafia du régime transitoire" ?
Les irrégularités sporadiques pourraient avoir lieu, ce qui en aucun cas ne ferait dégringoler les compteurs de 43 à 18%. Ou tout simplement avoir des effets géométriques de 18 à 43 ou 50%. Du moins, en ce qui concerne le cas guinéen.
Plus de peur que de mal ! Il y a la raison.
Mais un doute sceptique, pas d'excuse.
Battons-nous, par contre, pour que les violences ne donnent pas leur ton aux premières élections libres et transparentes en Guinée.
Naby Laye Camara Secrétariat de l'UFDG-Belgique.
www.guineeactu.com
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