Les forces d'opposition de Guinée doivent rencontrer le 2 novembre à Ouagadougou le médiateur dans la crise guinéenne, le président burkinabè Blaise Compaoré, a indiqué vendredi à Conakry un proche de l'opposant Cellou Dalein Diallo, Oury Bah.
"Nous allons à Ouagadougou le 2 novembre pour répondre à une invitation du médiateur. Mais il n'est pas prévu une rencontre avec la junte", a déclaré M. Bah à l'AFP.
"De toute façon, la question de la junte est réglée. Nous demandons leur départ et nous comptons sur l'habileté politique et l'intelligence du médiateur pour faire aboutir cette demande", a-t-il poursuivi.
La délégation sera "homogène, avec des partis politiques, la société civile et les syndicats", a précisé M. Bah.
Le pays traverse une grave crise depuis la répression sanglante, par les forces de défense et de sécurité, d'une manifestation pacifique de l'opposition le 28 septembre à Conakry, qui a fait plus de 150 morts selon l'ONU. La junte s'en tient à un bilan de 56 civils tués et 934 blessés.
"Nous avons insisté auprès du médiateur pour obtenir un geste d'apaisement d'ici cette date, le 2 novembre, en réclamant la libération des personnes détenues", a souligné M. Bah, ajoutant: "Nous souhaitons que ces personnes soient libérées avant cette rencontre (du 2 novembre)".
En début de semaine, une liste de 80 personnes disparues depuis le 28 septembre avaient été remise à Conakry au sous-secrétaire général de l'ONU chargé des affaires politiques, Haïlé Menkerios, venu préparer la mise en place prochaine d'une commission internationale d'enquête.
Au cours de sa première visite en tant que "facilitateur", le 5 octobre, à Conakry, M. Compaoré avait proposé aux représentants de la junte et de l'opposition de les recevoir à Ouagadougou pour qu'ils renouent un "dialogue politique".
Mais l'opposition avait refusé de dialoguer avant le départ du pouvoir des militaires putschistes.
"C'est le groupe de contact international sur la Guinée qui nous a demandé d'accepter cette médiation", a expliqué à l'AFP le dirigeant de parti Mouctar Diallo (Nouvelles forces démocratiques, NFD, opposition).
"Mais si nous partons à Ouagadougou, c'est pour parler avec Blaise Compaoré, pas pour parler avec la junte", a-t-il ajouté.
"Les préalables que nous avions posés feront l'objet de discussions. L'important, c'est que nous ayons gain de cause sur nos revendications, notamment le départ du chef de la junte, la mise en place d'un gouvernement de transition, la création effective de la commission internationale d'enquête sur le massacre du 28 septembre et la libération de tous ceux qui restent détenus depuis", a ajouté M. Diallo, interrogé à Conakry par téléphone depuis Dakar.
AFP / 23 octobre 2009 17h21
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