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Le comportement des représentants de l’Etat, notamment celui des forces de l’ordre, semble indiquer que oui. Aujourd’hui, au-delà des élections, au-delà des manifestations et au-delà des tensions interethniques se pose la question du respect de la légalité des droits de l’Homme par les forces de l’ordre. Les habitants de la banlieue et de la Moyenne Guinée subissent une répression disproportionnée et systématique. Des militaires pénètrent dans les concessions, volent et tuent. Pourquoi cette présence militaire massive au Fouta alors que les peulhs tués et chassés de la Haute Guinée n’ont bénéficié d’aucune protection de la part de l’Etat. Je suis tout à fait conscient que ces violences n’ont pas étés orchestrées par la communauté « malinké », mais par des groupuscules haineux. Ce qui est révoltant dans cette histoire, c’est que ces individus bénéficient d’une impunité totale. L’Etat n’a pris aucune mesure pour sécuriser les victimes. Cette impunité ajoutée aux événements du 28 septembre a frustré la communauté peulh à juste titre. D’où la psychose dans cette communauté. Tous les Guinéens peulhs, soussous, malinkés et forestiers ont le devoir de condamner les violences dont sont victimes les peulhs. Il y va de la cohésion de notre nation. Le minimum de confiance, entre communautés, nécessaire à un contrat national, disparaîtra s’il n’y a pas un sursaut de solidarité, un sursaut républicain (signifie un traitement égal de tous les citoyens de la part de l’Etat). Et ce n’est pas en niant violences que la confiance sera restaurée. Les compatriotes, notamment de la Haute et de la Basse Guinée, sachez que des familles de vos amis et camarades de classes sont chassés de leurs maisons. Sachez que des personnes âgées, des femmes qui peuvent êtres vos parents sont humiliés et violentés. En ce qui me concerne, je dis clairement aux compatriotes que tous les jeunes membres de ma famille ont été obligés de quitter la ville de Labé pour aller se réfugier à la campagne parce que tous les jeunes sont systématiquement pourchassés dans la ville. Je demande à toutes les personnes dont les familles ont été inquiétées de quelque façon que ce soit, de prendre la parole pour informer les autres membres de la communauté guinéenne de ce qui se passe. Dans ce contexte postélectoral difficile, l’Etat se doit d’être exemplaire pour apaiser les tensions, mais au lieu de cela, il les suscite par la répression systématique et l’impunité.
Nous devons nous mobiliser tous pour qu’aucun Guinéen ne soit plus tué ou violenté par l’armée pour quelque raison que ce soit. Nous devons organiser un sitting pour souligner notre indignation face à l’utilisation excessive de la force de la part de l’Etat contre une communauté.
Mamadou BARRY, Lille Doctorant CLERSE/Lille1 Economie de Développement/Gouvernance Mondiale de la santé
www.guineeactu.com
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