lundi 17 mars 2008
L’Union des Forces Démocratiques de Guinée a le vent en poupe
Lamarana Petty Diallo

L’élan pris par l’Union des Forces Démocratiques de Guinée (UFDG) se confirme de jour en jour.  Le Parti politique que dirige l’ancien Premier Ministre, M. Cellou Dalein Diallo attire non seulement des militants, mais aussi des dirigeants des autres partis politiques. Le mouvement vers l’UFDG ressemble à une vraie migration. Ce sont des vagues d’adhésions qui atterrissent chaque jour, chaque semaine au siège de Commandanyah, commune de Dixinn.

Il y a sans nulle doute des raisons à ces adhésions qui se succèdent et qui proviennent de tout le pays, de tous les partis politiques, sans exception aucune. Je voudrais, avant d’analyser les raisons de ce raz de marée, rappeler les dernières adhésions enregistrées par l’UFDG.

Adhésions et migrations vers l’UFDG

Des militants et des personnalités, de tout bord, arrivent quotidiennement à l’UFDG pour prendre leur carte de membre.

Après avoir démissionné de l’Union Pour la République (UPR) les bureaux fédéraux de Mamou, Siguiri, Kérouané et de Dabola ont rejoint dans leur intégralité l’UFDG. Mais les ralliements dépassent les instances fédérales. Des membres du Bureau Exécutif de l’UPR n’ont pas hésité de venir agrandir les rangs des adhérents. C’est le cas d’Elhadj Abdoul Goudoussy Sow, Elhadj Baghahiou Diallo et des sieurs Lamine N’Diaye, Filly Diallo, Bayard Diallo et Lamine Diary. Le Secrétaire Fédéral de l’UPR de Tougué vient à son tour de rejoindre l’UFDG

D’autres personnalités viennent de Boké où Huit (8) membres du Bureau Fédéral du PUP avaient déjà rejoint l’UFDG. Il en est de même de Dalaba où plusieurs responsables du PUP parmi lesquels Habib Diallo membre du Comité Central ont rejoint l’UFDG. Rappelons que  M. Cellou Dalein s’étant rendu tout récemment à Sagalè, sous-préfecture de Lélouma, a pu évaluer sur le terrain les avancées d’implantation de son Parti à Pita, Dalaba et Labé. Dans la préfecture de Lélouma, les adhésions se passent de tout commentaire. Elles en font l’un des grands bastions de l’UFDG.

Les militants n’hésitent plus à claquer les portes de l’UFR, du PUP, du RPG et de bien d’autres partis moins connus pour entrer dans la maison UFDG. Les arrivées sont massives : Kérouané, Kankan, Kouroussa, Siguiri, Télimélé, Dubréka, Coyah, Kissidougou, Guéckédou, Mali, Tougué, Kindia, Boffa, Koubia. L’implantation des bureaux fédéraux des trois dernières préfectures est en bonne voie. La liste des ralliements est longue. C’est une ruée, un déferlement irrésistible qui souffle et draine tout vers le Parti de l’ancien premier ministre, nous indique-t-on, de source sûre.

L’ensemble des CRD de Mali a démissionné de l’UPR pour l’UFDG. 

La capitale guinéenne semble être majoritairement acquise au Parti de M. Dalein. Pour preuve, 150 Comités de Base sont déjà installés et validés dans les différentes communes de Conakry. La politique du Parti et la personnalité du président serait, bien évidemment, les facteurs prépondérants de  cette montée en flèche de l’UFDG.

Une démarche novatrice

L’une des options politiques prises par l’Union des Forces Démocratiques, c’est d’instituer un organisme de validation des instances du Parti. En effet, après chaque mise en place d’un bureau de comités de base, de district, de jeunes, de femmes ou de sages, une commission de validation vérifie et authentifie la procédure avant d’investir les nouveaux membres. Cette opération permet d’éviter les opportunismes sans réel engagement politique mais aussi responsabilise les élus face à leurs militants.    

Le Parti veille également à assurer un siège local qui abrite réunions, assemblées générales et toutes autres manifestations politique ou culturelle.

La seconde démarche politique de l’UFDG est d’agir de concert avec les ressortissants des différentes préfectures, sous-préfectures du pays. Ainsi, la campagne d’implantation des différents bureaux est assurée soit par le Parti lui-même, soit par les associations de ressortissants. Tel est le cas de Lélouma, Dalaba, Coyah, Kindia, Gaoual, Boffa, Boké, Télimélé, Mali, Tougué.

Le sens de la mesure

M. Cellou Dalein Diallo ne semble pas considérer les adhésions des personnalités issues des autres partis politiques comme étant une victoire sur ou contre leurs leaders. Il ne réduit pas la politique à un concours d’ego ni à une question de personnes. Il la conçoit comme un combat d’idées. C’est sûrement pour ces raisons qu’il perçoit les nouvelles adhésions comme les conséquences politiques de sa démarche innovante.

Il tend ses bras et accueille dignement les nouveaux entrants. Il ne cherche aucunement les raisons de telle ou telle démission. Il n’exhibe pas ses alliances, tout comme il n’exulte pas  après chaque adhésion enregistrée. Je dirais, c’est modestement, humblement qu’il reçoit et remercie nouveaux et anciens membres. Ce sens de la mesure est perçu par un bon nombre de Guinéens comme une disposition à gouverner démocratiquement et une volonté de rassemblement. L’entretien qu’il a accordé à La Lance semble confirmer cette opinion. En effet, M. Cellou Dalein expliquait qu’ : « au niveau de cette phase d'implantation du parti, nous voulons que dans chaque comité de base, dans chaque direction, que toutes les composantes de la nation soient représentées. J'aurais peut-être échoué, si au moment où j'avais décidé de faire de la politique, je ne voyais derrière moi que les ressortissants de ma communauté».

La primauté de la représentativité nationale sur les questions de personnes ou de partis affichée par M. Dalein semble séduire beaucoup de Guinéens. Mieux, il semble le concrétiser sur le terrain en exigeant qu’au niveau de chaque instance il y ait une proportion d’élus reflétant l’ensemble des composantes locales. Ce mode de représentativité à la  proportionnelle qui assure à chaque groupe social une part de membres dans le Parti apparaît comme une stratégie efficace de remise  en cause de l’ethnocentrisme.

Le choix de la parité homme-femme renforce le sentiment que l’exercice du pouvoir sera démocratique si toutefois l’UFDG dirigeait, un jour, la Guinée.

Une stratégie du combat et non d’affront

M. Dalein semble avoir choisi une stratégie du combat politique qui met en avant le dialogue, le respect, la concertation à l’affront. Telle est la démarche qu’il a privilégiée dès son investiture à la tête de l’UFDG en novembre 2007. Les négociations qu’il a voulu engager avec l’UPR s’inscrivent dans cette optique.

Il a la même conviction lorsqu’on lui parle du Président guinéen. Il affirme sans complexe ni détour : « Je n'ai jamais dit que je ne critique pas le Président Conté. Mais, j'ai dit qu'il ne faut jamais compter sur moi pour l'insulter. J'ai dit aussi, à plusieurs reprises, que dès lors j'ai décidé librement de faire de la politique dans l'opposition, pour ma propre crédibilité, et par honnêteté intellectuelle, si le gouvernement agit mal, viole les lois de la République, les procédures ou fait de mauvaise politique, je dois pouvoir le dénoncer. »

M. Cellou Dalein ne semble pas être un homme politique radical. Il paraît plutôt comprendre qu’on peut combattre sans provoquer l’affront. Cette conception ne lui empêchant pas de critiquer et de dire, avec fermeté, ses convictions.  Sa manière de faire la politique autrement expliquerait, en partie, que l’UFDG aille de ralliements en ralliements. 

La nouvelle approche politique de l’UFDG transformera-elle les ralliements en vogue (et par vague) qui sont des prémisses de réussite en victoire totale ? Tel semble être le souhait d’une bonne majorité de Guinéens qui estiment que cette organisation est en train de devenir un grand parti national. L’unanimité est presque acquise que l’UFDG transcende toutes les barrières ethniques qui ont tant fait du mal à la nation et au peuple de Guinée.

Lamarana Petty Diallo, Professeur de Lettres – Histoire, pour www.guineeactu.com

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Vos commentaires
DIALLO Alpha Rafiou, mardi 18 mars 2008
Qu`un parti politique soit animé d`une volonté soutenue de rassembler le plus large possible ses concitoyens,c`est louable;mais que ce projet puisse donner lieu à une réaction jubilatoire de la part d`un grand Professeur de Lettres,me laisse quelque peu songeur... A mon avis,en toute circonstance,la sagesse et l`humilité doivent prévaloir,c`est le meilleur gage de paix et de rassemblement. Je suis également convaincu que la multiplication des formations politiques est nuisible à l`évolution démocratique de la Guinée...ce pays qui n`a plus besoin de trop discours mais d`actions concrètes.Doux euphémisme!
Mamane Kaba, lundi 17 mars 2008
MONSIEUR DIALLO VOUS FERIEZ MIEUX DE CHANGER DE SUJET ET NOUS PARLER DE SUJETS PLUS INTÉRESSANTS, CAR LE PROGRÈS D`UN PARTI POLITIQUE, COMME UFDG DONT VOUS FAITES LA PROPAGANDE (COMME GOBBEL LE FAISAIT AU D`HITLER) N`INTERESSE PRATIQUEMENT QUE VOUS ET VOS MANDATAIRES. PARLEZ PAR EXEMPLE L`HISTOIRE DE LA GUINÉE OU AUTRE.

Dernière mise à jour 25/06/2011 13:53:55
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