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Monsieur Baadiko, dans votre message d’insinuation, on n’a pas besoin de se creuser les méninges pour connaitre celui qu’on accuse sans preuve d’avoir contribué à agenouiller économiquement notre pays. Inutile d’être un visionnaire pour savoir que vous faites la promotion d’un candidat contre un autre. Cette attitude signifie bien une prise de position. La neutralité de l’UFD ressemble donc à une entreprise de courtage où on s’active à manager des stratégies surdimensionnées pour une raison inexpliquée et inexplicable ; signe de faiblesse politique et d’un manque de dextérité dans votre prise de décisions. L’avantage de votre doctrine de neutralité est que pour ce cas précis, elle privilégie un candidat contre un autre, avant de faire l’économie de la définition de l’intérêt qui ne soit pas celui de vos militants. Cette neutralité se passe pour une politique de dénigrement afin de carburer uniquement aux pots de vins (l’argent n’a pas d’odeur !).
Cette neutralité, de primes abords anodine, ressemble à une prise de position inavouée avant de nous prouver comme quoi notre classe politique peut parfois nous surprendre. C’est aussi une volonté de transformer une faiblesse en une force (Nous savons combien notre classe politique raffole de ce genre d’exercice). Regardons cette notion de neutralité de plus près, car dans un multipartisme, choisir son camp politique fait partie des règles des jeux si toutefois ce choix est avoué comme il se doit. Or, l’UFD qui, pour parer à sa médiocrité politique, élabore sa propre définition de neutralité sans donner l’impression d’avoir pris malicieusement sa position politique. En réalité, à ce deuxième tour de l’élection présidentielle, la neutralité est une pure hypocrisie politique car chacun de nous a sa préférence avouée ou inavouée. Dans ce cas de figure, j’apprécie tous ceux qui ont clairement et courageusement pris leur position.
Au point de vue géopolitique, la neutralité demeure souvent incertaine, ceux l’appliquant oscillent entre l’alliance, la mésalliance et la « désalliance ». Les desseins de la neutralité s’étagent entre les attitudes : s’isoler du milieu et de l’époque ou se garder d’un état hégémonique, modérer les antagonismes ou être un élément stabilisateur du déséquilibre existant. Or, dans le cas de l’UFD, c’est le repli simple vers une neutralité négative. Alors que la neutralité positive s’applique selon deux échelles de valeur : l’un intrinsèque et l’autre éthique. Mais pour l’UFD, c’est vraiment une neutralité de position qui semble être performative et non normative.
Que se passerait-il si tous les partis politiques se déclaraient neutres ? Vivrait-on dans un immobilisme politique désastreux ? La neutralité politique ne contient-elle pas ses propres facteurs de corruption ?
Alors Monsieur Baadiko, dans une neutralité franche et crédible, on ne dénigre pas « You Just mind your own business ».
Nouhou Badiar Diallo, New York, USA
www.guineeactu.com
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