mercredi 5 novembre 2008
L’opposition guinéenne loin d’être prête

S’il y a un sujet dont on parle aujourd’hui avec une certaine passion au niveau des états-majors des partis politiques de l’opposition, c’est bien celui relatif à l’alternance démocratique. Mais au regard de la situation qui prévaut actuellement dans le pays, l’on peut dire que cette opposition est encore loin, voire très loin, d’être prête pour franchir ce pas.

En cinquante ans, la Guinée n’a connu que deux régimes : le régime révolutionnaire de feu Ahmed Sékou Touré (père de l’indépendance guinéenne) et celui du Général-Président Lansana Conté (aux commandes du pays depuis le 3 avril 1984). C’est en 1992 que les premières formations politiques ont été légalement constituées en Guinée, à la grande joie de toutes celles et de tous ceux qui n’ont jamais cessé de caresser le secret espoir de voir ce pays renouer véritablement avec la démocratie. Parmi les premiers partis politiques légalisés en Guinée, à la faveur de l’instauration du multipartisme intégral, l’on peut citer entre autres le Parti de l’unité et du progrès (PUP), le Rassemblement du peuple de Guinée (RPG), l’Union pour la nouvelle République (UNR), le Parti du renouveau et du progrès (PRP), l’Union pour le progrès de la Guinée (UPG), le Parti des Ecologistes de Guinée (PEG), le Parti du peuple de Guinée (PPG), le Parti Djama. Le premier parti cité, le PUP, a la particularité d’être la formation politique créée pour soutenir les actions du président Lansana Conté et celles de ses différents gouvernements. De là à le présenter comme le parti au pouvoir, il y a un pas que tout observateur sensé peut franchir sans se poser trop de questions. De 1993 à nos jours, toutes les consultations électorales organisées en Guinée ont été remportées par ledit parti, aux dépens des formations politiques se réclamant de l’opposition démocratique. Ces dernières, au lieu de faire preuve d’unité et de maturité politique dans leur combat pour l’alternance démocratique, se sont plutôt illustrées, d’année en année, dans des querelles de leadership. Chaque leader de parti se prenant souvent pour le nombril du monde ou le ‘’messie’’ dont le pays tout entier attendrait impatiemment l’avènement au pouvoir pour amorcer enfin son décollage économique. Les militants de l’opposition, dans leur écrasante majorité, ont toujours souhaité voir leurs leaders accorder leurs violons face au candidat naturel de la mouvance présidentielle. Malheureusement, tel n’a jamais été le cas. Les candidats de l’opposition se sont jusqu’ici présentés aux différentes élections (présidentielles, législatives, communales, communautaires) en rangs dispersés. Et comme conséquence, le ou les candidats du PUP n’ont pratiquement pas eu de problèmes à sortir vainqueurs de la quasi-totalité des consultations électorales organisées dans le pays. Depuis les douloureux événements de janvier et février 2007 et avec la mise en place d’une Commission électorale nationale indépendante, nombreux sont les Guinéens qui se prennent subitement à espérer que les futures élections se dérouleront dans des conditions relativement satisfaisantes. Mais la pertinente question qui reste posée est celle de savoir si les leaders des partis politiques de l’opposition accepteront de regarder dans la même direction et de coordonner leurs stratégies de combat pour faire de l’alternance démocratique une réalité tangible en Guinée. En observant attentivement ce qui prévaut actuellement sur la scène politique guinéenne, l’on ne peut qu’être partagé entre le scepticisme et la déception. Les militants et sympathisants de l’opposition assistent, d’une part, à ce que l’on pourrait appeler le retour en force du Parti de l’unité et du progrès, et d’autre part, à la poursuite des éternelles querelles de clocher dans lesquelles s’illustrent négativement leurs leaders. La ‘’guerre’’ d’usure ou de tranchée à laquelle se livrent aujourd’hui l’UFDG de Cellou Dalein Diallo et l’UPR de Bah Ousmane en est une parfaite et inquiétante illustration. Le RPG a certainement appris pour sa part à se ‘’passer’’ de son président, le Pr. Alpha Condé, dont l’absence prolongée du pays commence à donner lieu à des commentaires et à des interprétations de toutes sortes. L’UFR de Sidya Touré, l’UPG de Jean Marie Doré et tant d’autres partis de l’opposition continuent d’affûter, plus ou moins minutieusement, leurs armes dans la perspective des législatives de 2009 et de la présidentielle de 2010. Mais pour bon nombre d’observateurs avertis, cette opposition politique, de par son comportement quotidien, ne donne pas l’impression d’être tout à fait prête pour l’alternance démocratique en Guinée.

Mamy Dioubaté
Le Démocrate, partenaire de www.guineeactu.com
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Vos commentaires
BALDE MS, mercredi 5 novembre 2008
Mon frere Dioubate, vous avez touche la verite, nos partis de l`opposition ne sont ne seront jamais prets, l`une des raisons que nous guineens (plus particulierement la jeune generation)refusons d`admettre est du fait que tous les anciens LEADERS doivent etre ecartes, ou mis sur le second plan dans le partiS...Ils ont fait leur temps de lutte pour l`alternance democratique, ils n`ont pas reussi, maitenant il faut faire place pour la nouvelle generation...C`est cela la verite,...D`ailleurs, vu que ces LEADERS sont tjrs les meme depuis plus de 15 ans, accepteront ils l`alternance democratique au sein de leur formation politique?...Si l`un d`eux arrive au pouvoir, ne serait il pas un despote comme CONTE?....Pour le moment c`est la tendance que moi j`ai de tous ces leaders de l`opposition....Ils n`ont pas voulu etre remplaces au sein de leur formation politique, je suis certain qu`ils se comporteront de la meme maniere, une fois president de la republique...UNE questions que j`aurai voulu poser a nos fameux LEADERS... QUAND FERIEZ VOUS PLACE POUR LA NOUVELLE GENERATION?

Dernière mise à jour 25/06/2011 13:53:55
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