lundi 19 avril 2010
L’indifférence générale, dénonçons-la avec véhémence !
Mohammed Sylla

L’une des tares fondamentales qui rongent notre pays depuis l’Indépendance: l’indifférence générale devant tout ce qui devrait être la préoccupation de tous. C’est à cause de cette démission générale que la Guinée est ce qu’elle est aujourd’hui, c'est-à-dire l’un des pays les plus pauvres de la planète, malgré ses immenses potentiels en ressources de sol et sous-sol, sans eaux, ni électricité, ni nourritures, ni médicament et équipement adéquats dans les formations sanitaires, etc.

Ce paradoxe a poussé Béchir Ben YAHMED de Ja de se poser les questions suivantes:

-    Pourquoi les Guinéens ne parviennent-ils pas à se libérer de la dictature ?

-    Pourquoi sont-ils presque les seuls en Afrique à entamer leur second demi-siècle de pays indépendant sous la coupe de gouvernements incompétents ? (Extrait de Ja n° 2543 du 4 au 10 octobre 2009).

Le Guinéen, dans son propre intérêt, doit absolument changer de mentalités et de comportement, il doit changer sa manière de penser, sa manière de concevoir les choses, sa manière de parler et de raisonner. Il faut que le Guinéen soit convaincu que les tares et les maux dont la Guinée souffre, notre maison commune, ne seront vraiment vaincues qu’avec la ferme volonté de changement de nous tous. Personne d’autres ne fera le Changement à notre place.

L’indifférence générale ou la démission générale doit être reconnue et combattue par chacun et par tous – gouvernés et gouvernants. C’est l’affaire de nous tous.

La vie quotidienne, la vie collective et nationale doivent intéresser tout un chacun de nous pour découvrir des éventuels dysfonctionnements, pouvant porter préjudice et dommage aux tiers à l’avenir, pour y remédier à temps dans l’intérêt général. Chacun de nous doit se remettre en question, se regarder au miroir pour se faire une autocritique. Il ne faudrait pas que l’on continue à penser que le mal vient toujours des autres.

Bientôt, très certainement les Guinéens auront, pour la première fois dans leur Histoire, un président de la république démocratiquement élu au terme de cette transition. Mais est ce que cela suffit pour que la Guinée se tire-t-elle d’affaires ? Nous, nous disons non ! Car il faut que le Guinéen change de mentalités et de conduite. C’est en ce moment que la Guinée puisse s’en sortir. Dieu Le Tout Puissant Allah a dit dans le Saint Coran : «…En vérité, Allah ne change point l’état d’un Peuple, tant que les individus qui le composent ne changent pas ce qui est en eux-mêmes… » Verset 11 Chapitre Xlll Le Tonnerre. Les Chrétiens renchérissent: « Aide- toi, toi-même, le Ciel t’aidera ».

Nous avons lu le journal satirique le Lynx n° 938 du 5 Avril 2010 dans la rubrique - Environnement un article édifiant sur l’indifférence générale des Guinéens dont le titre est: Le cratère de Kaporos-rails ! Voilà ce qui est sorti sous la plume d’Oscar in extenso: « Attention, danger ! A quelques mètres de l’ambassade des Etats-Unis dans le martyr quartier de Kaporo-rails, s’ouvre un gros cratère dans une carrière d’extraction de sable à ciel ouvert.

De gros engins de mines, des camions chargés à bloc: une image digne des activités d’exploitation des mines de Siguiri ou de Boké. Eh, oui ! C’est dans la capitale guinéenne que cela se passe sous l’œil complice de nos autorités peu soucieuses de notre santé environnementale.

Un vrai danger pour le lit de la rivière Kakimbo qui risque de disparaître à jamais sous les éboulis. Et pour les habitations proches des lieux, de gros risques d’effondrements.

Le respect et la préservation de notre environnement garantissent fondamentalement notre santé, mais aussi et surtout celle des générations futures. Quelle irresponsabilité !

Pourquoi ce mépris vis-à-vis de ce qui devrait être notre préoccupation majeure ? Qui tire les ficelles de ce scandale ? A qui profite la disparition de la rivière, pardon le marigot Kakimbo ?

A ce rythme, bonjour l’effet boomerang dû au pic du changement climatique et l’effet de serre.

Il est encore temps aux techniciens et décideurs du ministère en charge de l’environnement de s’intéresser à la carrière de Kaporo-rails pour mettre fin à cette exploitation sauvage en pleine capitale. S’ils le peuvent évidemment ». Sans commentaire.

En rajout à cela, il faut parler aussi de la carrière de Kagbélén dans Dubréka au bord de la route et de la rivière Kagbélén. Là aussi l’exploitation de la carrière se fait dans l’indifférence générale de tous. C’est cela le mal de la Guinée. Tout le monde voit, mais personne ne fait de cela ses préoccupations. Encore moins des organisations écologistes. Cette carrière doit être immédiatement fermée pour les mêmes risques que ceux de la carrière de Kaporo-rails. Les Ministres de l’environnement et de mines et géologie doivent immédiatement réagir pour mettre fin à l’exploitation dans ces carrières et même ailleurs sur toute l’étendue du territoire national, partout où il y a les risques de catastrophes écologiques et environnementales.

Un autre problème, pas des moindres, se passe vraiment dans l’indifférence générale, une situation que nous, nous estimons même trop dangereuse pour chacun et pour tous. Il s’agit de la distribution anarchique des Sim (puce) par des opérateurs téléphoniques sans la moindre identification des usagers. Au départ pour être en possession d’un Sim il fallait être muni d’une pièce d’identité en état de validité. Mais maintenant cela est littéralement banni les Sim se vendent au marché Madina et à l’intérieur du pays comme du pain ou des cacahuètes. Cela arrange tellement des filous et des criminels de tout bord, y compris des narcotrafiquants, qu’ils peuvent monter toutes sortes de réseaux de malfaiteurs sans en être identifiés, sous l’œil complice de nos autorités peu soucieuses de notre sécurité.

Ce n’est pas parce que nous sommes contre les intérêts des opérateurs téléphones, mais nous voudrions que les choses se passent dans les normes et règlements en matière de communication téléphonique dans l’intérêt supérieur des citoyens que nous sommes.

Que ce soient le réseau Lagui (Sotelgui), la société Alo (Areeba), le réseau Intercel+, le réseau Orange et le réseau Cellcom Gn, ils vendent tous de façon anarchique les Sim sans exiger de leurs clients des pièces d’identité. Le téléphone devient, en ce moment, un véritable luxe pour les malfaiteurs y compris les narcotrafiquants. Un marketing sauvage qui ne dit pas son nom. Cellcom Gn va jusqu’à permettre à ses clients de masquer le n° d’appel à leurs correspondants. Cela est inadmissible dans un pays qui se dit soucieux de la sécurité des citoyens. Quelle irresponsabilité ?

Pourquoi ce mépris vis-à-vis de ce qui devrait être notre préoccupation majeure ? Qui tire les ficelles de ce scandale ? A qui profite la non identification des usagers des téléphones mobiles ?

Un vrai danger pour nous tous, de tant plus que les pauvres citoyens sont aujourd’hui truandés ou tués sans trace. Les bandits, les criminels payent les Sim et les usent pour accomplir tout juste leurs sales besognes, puis ils les jettent après. S’ils savent qu’ils pourront être bien identifiés à travers leurs numéros de téléphone, beaucoup de crimes et de brigandages allaient être évités aujourd’hui. Par voie de conséquences l’on peut confirmer sans se tromper que les opérateurs téléphoniques sont complices en matière de banditisme et brigandage dont nos concitoyens sont victimes maintenant. Ils aussi coupables que les malfaiteurs. Ils peuvent et doivent répondre devant la loi en cas de nécessité.

Dans tout pays organisé dont les autorités ont le souci de la sécurité de leurs concitoyens l’on ne peut pas permettre aux opérateurs téléphoniques de vendre de façon anarchique et illicite des Sim comme ça se passe actuellement chez nous en Guinée.

Nous exigeons aux autorités compétentes d’user de toute leur influence pour interdire aux cinq (5) réseaux téléphoniques (Lagui, Areeba, Intercel+, Orange et Cellcom Gn) évoluant en Guinée la vente des Sim sans pièces d’identité des clients. Actuellement le guinéen est facile à être identifié même en campagne avec le récépissé de l’enrôlement et le certificat de résidence. Ne pas le faire c’est un manque de volonté devant la concurrence pour le gain facile. Notamment les autorités policières et judiciaires en charge doivent veiller à l’application de cette décision. Ceux qui sont déjà en possession des Sim et qui ne sont pas identifiés, une campagne d’identification doit être organisée à leur intension dans leurs différences agences à travers le pays dans un bref délai.

Ces actions à mener ne constituent une montagne à déplacer ni un océan à boire, mais elles relèvent de la volonté politique de nos gouvernants à quelque niveau que ce soit.

A l’instar des autres pays la Guinée a besoin d’un annuaire digne de ce nom. Et maintenant ! Notre sécurité en matière de communication téléphonique est à ce prix.

A bon entendeur, salut !

Egalité – Patriotisme – Fraternité


Fait à Kindia, le 19 Avril 2010

P/l’Aguisav – la Voix des Sans Voix
Le Secrétaire Chargé des Relations Extérieures
Mohammed SYLLA


www.guineeactu.com

 

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Vos commentaires
salim, lundi 26 avril 2010
Merci pour votre article.cet esprit analytique devrait être dans le plat (dans les assiettes) de nos gouvernant .26-04-2010 Pays Bas
diountou -petoye, lundi 19 avril 2010
le retard de la guinnee est le resultat de la mauvaise {FOI} volonter des cadres guineens qui ont toujours preferet leur interet personnel mais surtout le plus grave est leur pensant pour le mediocre qui est souvent un parent qu`ils ont envie de pistonnee sur une fonction qu`il ne metrise pas en sommes les guinneens sont responsable de leur malheur*******

Dernière mise à jour 25/06/2011 13:53:55
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