vendredi 22 février 2008
L’indifférence du ministre du Commerce

Décidément, en Guinée, on préfère de loin les beaux discours aux actes concrets. Depuis quelques années en effet, les consommateurs guinéens assistent, impuissants, à une extraordinaire flambée des prix des denrées de première nécessité. Et le malheur est que rien ou presque ne se fait concrètement pour remédier à cette déplorable situation.

Il est presque inutile de rappeler que les Guinéens, dans leur immense majorité, continuent de tirer le diable par la queue. Rares sont les ménages qui peuvent se targuer d’être en mesure de faire bouillir la marmite deux fois par jour. Les prix des denrées alimentaires coûtent de plus en plus les yeux de la tête. Le riz, l’aliment de base de l’écrasante majorité de la population, n’est plus à portée de toutes bources. Les prix des autres denrées de première nécessité échappent pratiquement à tout contrôle. La plupart des commerçants, profitant du laxisme et de l’extraordinaire laisser-aller dans le secteur du Commerce, semblent avoir choisi d’agir comme bon leur semble. Les prix sont fixés de façon fantaisiste et dans une anarchie quasi totale, au grand dam des pauvres consommateurs. Ces dernières années, la cherté de la vie s’est tellement accentuée que les syndicalistes ont dû monter au créneau pour demander explicitement au Gouvernement et au Patronat de tout mettre en œuvre pour améliorer substantiellement les conditions de vie et de travail des Guinéens.

En 2006, des mouvements de grève ont été déclenchés avec des résultats que tout le monde connaît. Mais force est de reconnaître que ce sont les évènements de janvier et février 2007 qui ont donné la preuve que les Guinéens étaient vraiment à bout de souffle. A l’appel de l’Inter centrale CNTG-USTG élargie à l’ONSLG et à l’UDTG, les Guinéens, sans aucune distinction, ont observé pendant près de deux mois le mot d’ordre de grève sur toute l’étendue du territoire national. Nombreux sont ceux qui ont pensé, naïvement peut-être, que cette grève générale illimitée conduirait infailliblement à l’amélioration substantielle de leurs conditions de vie.

Le citoyen moyen s’attendait entre autres à la baisse ou au contrôle effectif des prix des denrées de première nécessité. Aujourd’hui, l’on est au regret de constater que la montagne n’aura accouché que d’une souris. Le Gouvernement censé apporter un changement qualitatif dans la vie des Guinéens, fait curieusement du surplace, s’il ne donne pas tout simplement l’impression de reculer au fil des semaines et des mois. A quand la résolution des problèmes qui assaillent le Guinéen moyen au quotidien ? C’est la question que l’on serait tenté de se poser au regard de la situation qui prévaut actuellement dans le pays. Dans les discours officiels, l’on prétend accorder la priorité à la lutte contre la pauvreté et à l’amélioration des conditions de vie de l’ensemble des Guinéens. Mais en réalité, c’est plutôt le calvaire qui continue pour les citoyens. A ce jour, il n’y a aucune politique de contrôle des prix sur le marché. Et comme conséquence,  les pauvres consommateurs sont littéralement abandonnés à la merci des commerçants dont l’indélicatesse et la cupidité se passent de tout commentaire.

Dans un passé plus ou moins récent, il y a eu des rencontres entre les autorités en charge du Commerce et les opérateurs économiques spécialisés dans l’importation et la commercialisation des denrées et des articles de grande consommation. Malheureusement, les recommandations issues desdites rencontres n’ont jamais été respectées à la lettre. Ce qui fait dire à certains observateurs, non sans raison, que des autorités gouvernementales ne font pas assez pour faire voir le bout du tunnel aux populations guinéennes. Une situation qui, à vrai dire, devient de plus en plus intenable.

Mamy Dioubaté
L’indépendant, partenaire de www.guineeactu.com

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Dernière mise à jour 25/06/2011 13:53:55
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