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Pourquoi est-ce que je me permets de dire et d’écrire cela ?
I/ Du temps du pouvoir du Président Lansana CONTE et de ses gouvernements successifs
Pendant 7 ans je suis resté en Guinée non pas comme investisseur venu piller les richesses du pays au détriment de la population :
- mais d’abord fin 1995 comme consultant international en décentralisation pour faire avec des cadres du ministère guinéen de l’intérieur de la formation aux élus locaux,
- et ensuite pour venir en aide bénévolement à des familles guinéennes dans de nombreux domaines (éducatif, alimentaire, santé : on ne peut pas oublier les terribles images qui se sont passées devant moi dans la rue: des enfants handicapés mourir car atteints de la tuberculose et des femmes couchées sur le trottoir désespérées et voulant en finir avec la vie car n’ayant pas mangé depuis plusieurs jours !) et en voulant créer pour les Guinéens des petites PME dirigées par des Guinéens avec du personnel guinéen formé sur place et en France.
Mais malheureusement tout cela n‘a pas plu à la mafia locale hautement protégée, car je refusais de rentrer dans le cycle de la corruption devenue une institution et en 2002 tout s’est mal terminé pour moi : sur demande de la mafia locale j’ai été arrêté et incarcéré arbitrairement à la « maison centrale de Conakry, dite « maison de la mort et de la corruption », afin que je n’en sorte jamais.
Avant de rentrer en France fin 2002, malgré plusieurs tentatives de la mafia pour m’éliminer physiquement bien que protégé par des amis guinéens dans tous mes déplacements à Conakry à ma sortie de prison, j’ai réussi à démontrer publiquement cette corruption auprès du ministre de la justice de l’époque qui d’ailleurs n’a tenu aucune de ses promesses.
Rentré en France j’ai continué et je continue à me battre pour mes amis guinéens vivant dans la pauvreté, car je ne peux supporter l’injustice et la corruption, en dénonçant par de nombreux écrits ce qui se passait en Guinée et je continue à parrainer des familles guinéennes et à faire partie d’une organisation humanitaire pour la Guinée.
J’ai écrit également un article, résumé succinct de mon mémoire, intitulé « Arnaque et corruption en République de Guinée », qui a paru sur des sites internet de Guinée (et je remercie les responsables de rédaction de ces sites).
Je n’ai pas cessé depuis plusieurs années, de dénoncer publiquement la dictature et la corruption en Guinée avec de nombreuses preuves à l’appui relatées dans mon mémoire et de mettre en garde la communauté internationale sur les graves problèmes existant dans ce pays d’Afrique de l’Ouest : un des pays où règne majoritairement la misère malgré les millions de dollars et d’euros versés aux gouvernements successifs par cette communauté internationale, mais un des pays les plus riches en ressources naturelles pillées par des investisseurs étrangers peu scrupuleux s’en mettant plein les poches au détriment de la population et avec le soutien de l’Etat Guinéen et de dénoncer la non application de la LOI Fondamentale dans certains de ses principes et non des moindres.
Tout cela je l’ai dit et écrit avec preuves à l’appui à :
- l’Administration Guinéenne (Ambassade de Guinée à Paris, Assemblée Nationale, Ministères des Affaires Etrangères, Secrétariat de la Présidence à Conakry)
- l’Administration Française (Ministère des affaires étrangères, Secrétariat d’Etat aux Droits de l’Homme, Assemblée Nationale, nombreux Parlementaires, Ligue Française des Droits de l’Homme)
- l’Union Européenne, Amnesty International
- la Fédération Internationale des Droits de l’Homme, Fédération Guinéenne des Droits de l’Homme
- la presse guinéenne et la presse française
Résultat de mes interventions : AUCUNE SUITE ! ou l’INDIFFERENCE LA PLUS TOTALE ! (C’est évident je ne suis qu’un simple citoyen qui n’a pas à donner de conseils à ceux qui nous gouvernent sans partage et puis la vérité n’est sûrement pas bonne à dire !)
Et malheureusement ce qui devait arriver est arrivé : les émeutes sanglantes de janvier 2007 qui ont fait des centaines de morts.
Oui quand on parle en Europe de démocratie on pourrait aussi parler de « démocrature » ou de « dictocratie » (car en effet la démocratie dans ses actions dans tous les domaines de la vie courante et sur le plan international rejoint parfois la dictature pour la non observation de certains de ses principes fondamentaux)
Rappelons-nous certaines citations parmi des centaines sur ces problèmes:
« La dictature c’est ferme ta gueule, la démocratie c’est cause toujours » (Woody ALLEN, Jean-Louis BARRAULT, Michel COLLUCCI dit COLLUCHE etc… »
« La propagande est aux démocraties ce que la violence est aux dictatures » (Noam CHOMSKY)
« La démocratie s’arrête là où commence la raison d’état » (Charles PASQUA)
II/ Depuis le décès du Président Lansana CONTE et le coup d’état militaire
Déjà en 2003 le Secrétariat Général des Nations Unies, compte tenu de ce qui se passait en Guinée en matière de corruption, de non respect de la démocratie, avait été averti par un haut diplomate Guinéen sur la possibilité d’un coup d’état militaire en cas de vacance du pouvoir en place. La communauté internationale n’a pas bronché. Le Président Lansana CONTE est décédé et un coup d’état militaire vient d’avoir lieu.
Quelle a été ma surprise de voir maintenant la communauté internationale (dont la France, premier bailleur de fonds de la Guinée, et l’Union Européenne) s’insurger subitement contre ce putsch militaire alors que jusqu’à maintenant elle ne bronchait pratiquement pas durant le régime précédent ?
Cela est souligné dans des articles sur internet :
J’ai lu par exemple sur un site guinéen le commentaire suivant qui donne en effet à réfléchir :
« En tous les cas, le putsch a déjà été condamné par la CDEAO, l'Union africaine, les Nations Unies, les Etats-Unis, la France et l'Union européenne. Est-ce une lâcheté de la communauté internationale qui intime l'ordre de respecter la Constitution et la démocratie, alors que cette dernière n'a jamais connu le jour en Guinée ?
En réalité, au moment où Lansana Conté bafouait paisiblement celle-là, en volant les suffrages lors d'élections, violant la Constitution -qu'il a lui même enfantée-, tuant les civils à l'occasion de mouvements populaires à répétition, le mutisme était de rigueur chez les donneurs de leçons »
OUI !
- la communauté internationale(dont la France et l’Union Européenne) savait très bien que la LOI Fondamentale en Guinée n’était pas respectée, que la corruption était devenue une institution, que la Guinée était un des pays les plus riches d’Afrique de l’Ouest en ressources naturelles, que ces richesses étaient pillées par des investisseurs qui s’en mettaient plein les poches avec l’accord des gouvernements guinéens et de la Présidence de la République guinéenne !
OUI !
- la communauté internationale (dont la France et l’Union Européenne) savait aussi très bien que la Guinée restait un des pays dans lequel la population vivait majoritairement dans la misère dans tous les domaines et pourtant elle continuait à donner à la GUINEE des millions de dollars et d’euros au détriment de la population !
Mais où donc sont passés ces millions d’euros et de dollars ? Quelle hypocrisie !
Avec le nouveau pouvoir en place :
Les Guinéens sauront-ils enfin exactement, dans la plus grande transparence, la destination des millions d’euros et de dollars que la Communauté internationale a donné aux gouvernements guinéens successifs ?
- les Guinéens connaîtront-ils enfin les raisons exactes pour lesquelles des investisseurs étrangers peu scrupuleux qui s'en mettent plein les poches pillent les richesses du pays au détriment de la population ?
Je suis sceptique quant aux réponses à ces questions !
Or, le philosophe Français Michel FOUCAULT disait avec justesse : « J’ai toujours regretté que la corruption, qui attire tant de personnes sans scrupules, intéresse si peu les gens honnêtes »
Tous ces problèmes sont à éclaircir en toute transparence par la Communauté internationale et à rendre maintenant publics !
Mon seul espoir est que la Guinée trouve enfin la paix et la sérénité, que la corruption soit définitivement éradiquée, que la Loi fondamentale soit respectée et que la population enfin retrouve la liberté et puisse avoir enfin, avec l’aide internationale et en toute transparence, (contrairement à ce qui se passait avant) les moyens de se nourrir, de se soigner et de profiter des richesses naturelles de la Guinée, richesses qui lui appartient et dont elle doit profiter.
OUI !
Les problèmes de raison d’état entre gouvernements ne doivent plus jamais exister quand on voit un peuple vivre dans la pauvreté : ces millions d’euros et de dollars versés par la communauté internationale doivent être utilisés pour éradiquer la misère d’un peuple et non pour alimenter la corruption !
Que Dieu aide la Guinée et les Guinéens !
Bernard AUGER pour www.guineeactu.com
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