Que le premier homme doté de raison trouve quelque chose à redire : Carnage électoral parle m’en, mascarade électorale parlez m’en encore pendant au moins 10 ans ! Souviens-toi un jour de démocratie crucifiée sur le Golgotha de l’ethnie peuhle, de coup d’état ethno-démocratique mâtiné d’élections truquées pour imposer de force Alpha Condé président en Guinée. De pogrom peuhl parlons-en encore haut et fort puisque c’est bien ce que JMD, Sékouba Konaté et l’armée guinéenne ont planifié et exécuté. N’ayons pas peur des mots, et comme c’est fait, parlons encore lugubrement de la mort, d’horreur absolue, de femmes violées dont le seul crime est d’être peuhles, d’enfants peuhls que leur innocence n’a pas sauvés, d’hommes et de femmes décimés, de Peuhls massacrés pour mettre Alpha Condé au pouvoir contre la volonté de la majorité du peuple. Que le premier homme me jette donc la première pierre. Quand je dis homme, je dis vrai homme, pas homme-animal ou animal-homme (au faciès d’homme), pas le semblant d’homme.
De même qu’on reste illégitime quand on nait impur, de même un pouvoir bâtard ne deviendra jamais légitime même avec tout l’or du monde. Quoi qu’ils nous diront, ce pouvoir d’Alpha Condé, parce qu’usurpé, restera illégitime jusqu’à son terme. Rien à y faire.
Par ici sur cette terre, en Guinée, « la conscience humaine (a) supporté un fardeau d'une si lourde horreur, qu'elle ne peut plus s'en décharger que dans le tombeau » : L’horreur s’est accouplée à la mascarade ethno-électorale et « le mauvais au pire » pour nous imposer de force Alpha Condé au pouvoir pour au moins 10 ans. Il en sortira purge financière et ethnique, haine, exclusion, division, marginalisation de l’ethnie peuhle, expropriation des commerçants peuhls, au mieux condescendance et mépris de l’intellectuel nègre déraciné se prenant plus blanc que blanc, culte stalinien du chef, falsification de l’histoire, procès d’intention, délit de faciès, formatage des cerveaux. Après le règne de Sékou Touré, une autre nuit noire du peuhl a commencé. Sauf que cette fois il ne la traversera pas seul…
On croyait pouvoir tourner la page de la corruption, de la dictature, de l’oppression, de la violence avec cette satanée élection présidentielle en Guinée. Non ! On se ressert la même chose qu’il y a 52 ans : La boulimie du pouvoir pour le pouvoir qui justifie le crime, le mensonge institutionnalisé, l’armée cannibale, « l’Etat Sauvage ». Comment les horreurs font-elles pour se reproduire» en Guinée ? Et « le ventre est encore fécond, d'où a surgi la bête immonde ».
Bien mal nous prit, au fait, de penser qu’on allait laver nos péchés cinquantenaires parce qu’on s’était soi-disant confessé pour enfin commencer une nouvelle vie.
Car on commet la pire des hérésies.
A regarder le passé jusqu’à cet instant de notre histoire commune et voir ces sauvages agir, augure de ce qui nous attend probablement sous ce nouveau règne fils du feu et du sang. On croirait que l’horreur et la fatalité se sont définitivement donné rendez-vous en Guinée pour ne jamais la quitter.
Pouah ! De Sékou Touré à Konaté, via Lansana Conté, Dadis Camara, que de chefs d’Etat t’auront enfantée, Guinée, en un demi-siècle d’indépendance ! Ô mon Dieu pourquoi est-ce aux plus cyniques d’entre nous que tu donnes le pouvoir ? Faut-il croire que le Dieu de la Guinée est méchant ?
Née d’une féroce dictature, sevrée de fierté et restée misérable toute son existence, dirigée tour à tour par des bourreaux plus cyniques les uns que les autres, la Guinée est un éternel recommencement, un would be, la tête de mule de l’histoire, une sorte de Sisyphe soulevant éternellement son rocher.
Maintenant que le mal, le vice, le cynisme, l’ethnocentrisme, la force peuvent triompher sur le droit et que la mascarade électorale est l’art d’accéder au pouvoir, ne me parlez plus de démocratie, de droits de l’homme, de justice. Et maintenant qu’ils peuvent m’abattre parce que je suis peuhl, me marginaliser avec leur méchante gouaille parce qu’ils ont le pouvoir usurpé. « A présent que Konaté et l’armée guinéenne et Jean Marie Doré ont tué mes frères et sœurs, mes parents, détruit ma maison et tous mes biens, ne me dites plus que de la Guinée qu’elle est une famille et que la Guinée gagnera, qu’elle est une et indivisible et tous ces blablas – hypocrisie typiquement guinéenne. La vie n’a plus aucun sens pour moi. Vivre ou mourir, ça m’est égal parce qu’ils ont fait de moi un kamikaze, une bombe humaine errante. Je n’ai pas d’autre choix. Etc. Etc.» La rage et la colère à chaque mot prononcé de la jeune-fille maintenant qu’elle parlait. Je n’arrivais pas à calmer K… unique survivante de la famille Diallo, feue mes voisins. Pouvait-elle ressentir autre chose après le meurtre de sa famille par l’armée guinéenne? Qu’aurais-je fait à sa place ?
Pauvre Gui t’es décidemment pas encore née.
Oury Baldé, France
Etudiant
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