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Les mêmes victimes, les mêmes bourreaux impunis avec la complicité coupable d’une communauté internationale qui s’en lâche fatiguée d’investir, fatiguée de suivre une Guinée qui bondit de crise en crise. Une communauté internationale en recherche du moindre mal ! Ce moindre mal consistant à sacrifier la justice et la démocratie au profit d’un pouvoir civil quelle que soit son odeur, quelle que soit sa saveur pour ce peuple meurtri et fatigué de se débattre. L’histoire se répète en Guinée à plus d’un titre :
(1958 2010) l’hégémonie malinké qui a pris racine à l’aube des indépendances de la Guinée a donné naissance à la suprématie de cette communauté en Guinée dont le pouvoir de Lansana Conté n’a pu arriver à bout. Rien à faire, cette communauté majoritaire au sein des forces de défense et de sécurité, occupe la quasi-totalité des consulats et ambassades, la majorité des postes clés dans l’administration. Ses ramifications exercent une mainmise sur tout le pouvoir décisionnel.
Le retour du PDG parti Etat
Certains diront que c’est le retour du PDG avec son tristement célèbre Camp Boiro. Ils ont leurs raisons, la campagne électorale nous rappelle toutes les méthodes qu’utilisait le parti état entre 1958 et 1984. La haine, la discrimination, le régionalisme, les menaces, le mensonge, la manipulation, la persécution, tous teintés de connotation ethnique. Que le RPG ne nous a-t-il pas montré à travers ces élections ? La persécution ne vient que de commencer. L’avant-gout a été donné, l’ordre a été donné de (mater les fauteurs de troubles), le nettoyage ethnique a commencé. L’axe Hadalaye-Bambeto-Cosa a été quadrillé, les populations pourchassées jusque dans leurs domiciles. N’est-ce pas cette mafia peule qui finance l’élection de Cellou Dalein Diallo d’après Alpha Condé ? La suite elle est connue, le complot peule refait surface dans le jargon du parti Etat, les leaders seront accusés d’avoir incité à l’insurrection et emprisonnés saus aucune forme de procès, des paisibles populations tuées, blessés, spoliées sans pouvoir se défendre. Des dizaines de milliers d’exilés, encore et encore et encore…
Le maintien de l’oligarchie militaro-affairiste
Les dés sont pipés depuis le début, l’élection d'Alpha Condé était imminente, le consensus est venu des casernes, des têtes mêmes de l’état major de l’armée. Le feuilleton Dadis n’était qu’une des pièces du puzzle. Parait-il que le Général Boundouka Condé avait menacé de s’emparer du pouvoir si Alpha Condé n'était pas élu. L’omniprésence de l’armée dans les décisions clés est perceptible. Sekouba en est la preuve vivante, qui continue à dicter les décisions à toutes les institutions de la République (A ce propos attendons de voir la décision de la cour suprême suite au recours fait par l’alliance Cellou Dalein Président concernant les fraudes massives du RPG). Ceux qui croyaient avoir terminé avec le pouvoir kaki se rendront à l’évidence que c’est l’armée tapie dans l’ombre qui continue et qui continuera de commander à travers ses tentacules.
La population civile, la principale et l’éternelle victime
Le pauvre commerçant qui gagne son pain à la sueur de son front, la pauvre maman qui vend des légumes au marché pour nourrir ses enfants, le jeune écolier, la jeune écolière coupables d’avoir crié « Changement » sont les victimes de ce délit d’initié. Ils reçoivent les balles tirées par les militaires mais ne voient jamais la couleur de l’argent qui provient de leur lutte au prix de leurs vies. Le rééquilibrage ethnico-économique élaboré dans les entrailles du PDG est mis en marche, les peules, les djakankes et quelques soussous sont spoliés, Alpha Condé a annoncé la couleur, il a indexé la mafia peule, il les a menacés, la suite ne va pas tarder.
La lutte pour la démocratie c’est maintenant ou jamais
Aujourd’hui il y a encore de la chance que la démocratie triomphe sur la tyrannie et l’injustice. La mobilisation doit demeurer quel que soit le prix à payer. Il y a eu trop de sacrifices pour abdiquer à mi-chemin. Le peuple doit se lever pour exiger que le droit soit dit, pour que sa volonté et son choix soient respectés. C’est une question de vivre maintenant ou mourir à jamais et lentement.
Merci.
Ibrahima Diallo
www.guineeactu.com
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