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Après avoir tenu des propos alarmants sur le fait qu’il se réclame des dictateurs Sékou Touré et Lansana Conté, il nous fait faire un bond en arrière de manière insoupçonnée.
Si l’objectif des membres du CNDD est la réconciliation, qu’ils sachent que nous ne pouvons parler de réconciliation, sans que justice soit faite. Pour les familles et les enfants des victimes du camp Boiro, nous exigeons dans l’ordre :
· la Vérité ;
· la Justice ;
· la Réhabilitation des victimes du régime despotique et sanguinaire de Sékou Touré ;
· enfin, la Réconciliation.
Nous disons Réconciliation et non Pardon, car ceux qui pouvaient pardonner, sont tous morts !
Aucune autre voie n’est possible.
De plus, depuis peu de temps, nous assistons à un bouleversement total au niveau de la structure militaire, sans une analyse des conséquences de ce changement sur l’avenir de notre pays.
Comment peut-on rester sans se préoccuper de la création dans différentes régions du pays, de zones militaires autonomes ? J’insiste sur le fait qu’il s’agisse d’une autonomie.
L’objectif étant de satisfaire des amis ou des copains. C’est une dérive dangereuse, un procédé inacceptable.
En Guinée, il y a toujours eu un seul groupe autonome au sein de l’armée : c’est celui du Bataillon Autonome des Troupes Aéroportées (BATA), qui devait être au départ stationné à Dabola (centre géographique de la Guinée), afin de pouvoir, en cas de nécessité, intervenir dans les quatre coins de la Guinée. Mais faute d’équipements (aéroport militaire, caserne…), finalement, ce bataillon s’est installé à Labé.
Néanmoins, malgré cette autonomie relative, le BATA est rattachée à l’Etat major de l’armée de terre. La spécificité de ce Bataillon réside dans sa capacité de faire coordonner, en cas d’opérations, les éléments de l’armée de l’air, de terre et parfois même, la marine nationale.
Tous les autres Bataillons relevaient soit de l’Etat major de l’Armée de terre, soit de l’armée de l’air, soit de la marine nationale. Il y a des Corps spéciaux (exemple le Corps spécial de sécurité présidentiel), des régiments, mais pas de bataillons autonomes à profusion.
Au dessus de ces Etats-Majors particuliers, il y a l’Etat Major Interarmes qui coordonne et qui décide en dernier ressort.
Créer des Bataillons autonomes à chaque coin de rue, entraîne de fait, un problème de Commandement, donc d’organisation, sans oublier que la plupart de ces promus ont pour point commun : être du BATA et de la Région Forestière (ce n’est pas parce que Dadis est forestier qu’il peut faire ce qui est interdit aux autres groupes ethniques) !
L’Histoire bégaye -t- elle en Guinée ?
En effet, les civils donc la grande majorité des Guinéens se sentent, après tout, indifférents à ces problèmes militaro-militaires.
Cette approche est dangereuse pour le pays, car notre avenir en dépend, et depuis que Conté est passé par là, chaque militaire se croit investi du pouvoir de diriger notre pays.
Rappelez-vous la pagaille qu’il y a eu lors de la manifestation militaro-corporatiste des fameux bulletins rouges ?
D’autre part, Dadis veut lutter contre les vols et l’impunité, nous dit-il. Dans ce cas, il est normal que les accusés passent devant un tribunal pour s’expliquer.
Hélas ! Le groupe Dadis a choisi d’interroger des présumés coupables en leur demandant des comptes. Quelles sont les compétences de ces juges ? La justice demande du temps et, quand on imagine la culture juridique de ceux qui prétendent être magistrats, nous ne pouvons qu’être inquiets.
Il est vrai que les personnes convoquées par le CNDD sont fortement soupçonnées de pillage de l’Economie. A preuve, il suffit de regarder leur train de vie. Peuvent-ils expliquer aux guinéens, l’origine de leur fortune, de l’achat des villas en Europe et en Amérique du Nord, dans les quartiers les plus riches de ces pays ?
Ainsi, il y a beaucoup d’arguments pour prouver que ces Dames et Messieurs ont vidé les caisses de l’Etat. D’ailleurs, qui est-ce qui disait en 1984 « le jour ou vous verrez un d’entre nous « riche », il faudra vous dire qu’il a volé ». Que Dadis et son équipe voient d’abord comment Conté et son entourage (épouses, enfants, famille) se sont enrichis ?
L’équipe Dadis veut certainement étouffé cette affaire, afin de pouvoir se protéger lui-même, en protégeant les familles des ex-dictateurs Sékou Touré et Conté.
Si M. Dadis s’engage à faire un tel procès, il risque avec ses amis du CNDD, d’être impliqué. Dadis crie partout qu’il est incorruptible. Comme tout être Humain, il a ses faiblesses. Il suffit de voir les nominations, notamment au sein des forces armées. De plus, sa présence à la direction du carburant de l’armée ne pouvait se faire sans l’aval de l’entourage de Conté : il s’agit d’un poste « juteux » (comme le disent les Guinéens), et très certainement, Dadis cherche à empêcher toute recherche de Vérité.
Nous faisons la différence entre l’activisme et l’action. Actuellement M. Dadis fait de l’activisme, alors que les Guinéens attendent de l’action.
M. Dadis fait un discours programme dans lequel, il ne répond pas aux préoccupations des Guinéens :
1. Combien de temps va durer la transition ?
2. Est-ce que la Constitution sera réécrite, pour qu’elle soit démocratique ?
L’argument avancé par certains, que les conditions d’élections libres et transparentes ne sont pas remplies aujourd’hui, est une réalité.
Néanmoins, si la volonté politique existe, en une année, on pourra changer la Constitution pour passer d’une part, à un régime parlementaire « pur » et la liberté de candidature aux élections nationales sans l’aval d’un parti politique, et d’autre part, à l’élection législative.
Il faut se rappeler que le Libéria et la Sierra Léone sont sortis d’une guerre civile mais, ont pu organiser des élections libres et transparentes acceptées par tous ! La situation de la Guinée n’est pas pire !
Nous approuvons, tout de même, l’attitude méfiante de Dadis et son équipe face aux organisations « internationales » notamment, FMI, BM (Banque Mondiale), UA, CDEAO…Ces organisations ont toujours soutenu en Guinée, des régimes dont la légitimité ne repose sur aucune règle constitutionnelle. Rappelez-vous de la dictature Sékoutouréenne, et au temps de Conté, il n’y a jamais eu de Constitution en Guinée.
Le gouvernement Dadis-Komara aura beaucoup de difficultés, dans la mesure où d’une part, du mépris que les militaires ont vis-à-vis des civils et d’autre part, de la brutalité supposée des militaires du point de vue des civils.
J’imagine mal Komara, imposer une attitude à un militaire.
Nous avons été stupéfait de voir la rédaction d’un site guinéen nous expliquer que la présence en surnombre des militaires est normale. Les participants au coup d’Etat doivent être récompensés. Tout est dit : il faut se mettre autour de la table pour que le festin commence !
Le gouvernement Dadis-Komara ressemble plus à une armée mexicaine qu’à une équipe capable d’atténuer la souffrance des Guinéens.
Enfin, dans un monde où l’économie ultra libérale vient de montrer ses limites par la crise financière, qui a entraîné une crise économique sans précédent qu’elle traverse, Dadis nous parle de privatiser EDG, la SEG, SOTELGUI etc.…
Il paraît curieux qu’au moment où même dans les pays occidentaux on nationalise les banques par exemple en Angleterre, les décideurs Guinéens parlent de privatisation : on marche par la tête. Dadis et son groupe commettent les mêmes fautes que le CMRN en 1984, avec la privatisation des entreprises publiques.
L’urgence est de donner aux entreprises nationales des moyens et de mettre à leurs têtes des gens capables, et non des cousins et amis.
Ces propos n’ont pas la prétention d’être une bible. De ces débats que sortiront les solutions les plus réalistes, les plus adaptées à notre pays. Encore, faut-il que nous nous prenions en charge, que nous ayons le courage de la réflexion autonome et le sens de l’intérêt national.
Alpha-Malal BARRY Economiste pour www.guineeactu.com
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