 |
Les remous sociaux de janvier/février 2007 s’inscrivent dans l’ordre des revendications légitimes d’un peuple qui aura manifesté son ras-le-bol par rapport à la précarité de ses conditions d’existence. Les syndicalistes n’en auront été que d’opportunistes artificiers ayant mis le feu aux poudres. La mal gouvernance, voilà tout le mal reproché à ceux qui, depuis la première République, auront eu le privilège de gouverner notre pays. Le retard accusé dans le développement économique est d’autant plus imputable à ces hommes, que toute cette pauvreté que vivent les Guinéens est la conséquence de leur mauvaise gestion des ressources dont ils avaient la charge. La première République aura été celle de tous les tâtonnements, y compris ceux ayant conduit à un choix politique controversé dont les conséquences auront trop coûté à un peuple qui aspirait plutôt à des conditions de vie meilleures. La doctrine hybride, « mi-chinois mi-russe », fondée sur un panafricanisme passionné, à laquelle 26 années seront vainement consacrées, fera perdre le temps à des citoyens laborieux dont toutes les rencontres (marchés, baptêmes, prières) étaient transformées en assemblées générales improvisées, pour véhiculer les messages du Guide suprême. Tout le système aura été voué au culte de la personnalité du « messie », à l’exaltation de cette pauvreté préférée à l’opulence, à la résignation populaire devant ce sort imposé par un système politique envoûtant, géré par des sbires commis au service d’un pouvoir fondé sur l’exclusion et la terreur. La deuxième République aura été celle de l’ouverture, certes, mais qu’un retour aux sources du passé - inspiré par le souci de ne pas se laisser envahir par les exilés rentrés au bercail avec des esprits pervers - fera dévier du chemin. Le mal c’est le passé qui nous a divisés, pour mieux pérenniser ce système de gouvernance qui tire ses forces de l’exclusion de tous ceux qui peuvent nuire à l’absolutisme du pouvoir dont il est l’émanation. Nous souffrons de ce passé, parce que certains d’entre nous continuent de le louer, de le magnifier, moins pour ranimer les ardeurs du Guinéen vers l’unité, que pour jouer les fantômes de la Cité morte. D’autres se refusant de se soumettre au supplice du repentir, continuent d’amuser la galerie, à travers des prises de position spectaculaires. C’est la passion de mourir dans un honneur trop ridicule qui les y contraint. Nous les comprenons. La trajectoire a été suivie, parce que le peuple l’aura voulu. Toutes ces ressources dont regorge le pays, n’auront pu permettre de sortir de cette pauvreté imposée par la mal gouvernance. Aujourd’hui, plus qu’hier, les lamentations fusent. Les remous sociaux passés, n’auront pu aboutir au changement dans les conditions de vie. Le gouvernement de transition n’aura pas été à la hauteur, malgré toutes les prérogatives qui lui sont données. Nous avons l’impression que les équipes gouvernementales qui se sont succédées sont toutes responsables de cette situation que nous vivons. A part quelques individualités ayant donné la preuve de leurs aptitudes, comme pour dire qu’il suffirait de volonté pour tout changer, nous osons dire que les hauts cadres guinéens associés à la gestion des affaires de l’Etat auront abusé de la confiance de leur mandant et trahi les espoirs du peuple. Pauvre pays ! Thierno Dayèdio Barry L’Indépendant, partenaire de www.guineeactucom
|
 |