Une pratique rétrograde très répandue en Afrique. Les Gouvernements Africains pensent que ce n’est pas une priorité d’éradiquer ce fléau criminel. Ils laissent le combat aux Organisations non gouvernementales qui se limitent aux simples discours dénonciateurs.
C’est vraiment choquant, lorsqu’on sait que cette pratique barbare n’est dirigée que contre des fillettes de bas âge, innocentes et sans défense.
Les promoteurs de cette pratique honteuse utilisent malicieusement le terme circoncision féminine pour tracer des parallèles avec la circoncision masculine; sans savoir que ce terme est biologiquement incorrecte et euphémique. Il est donc Claire, l’excision et l’infibulation sont des lésions corporelles graves et méritent d’être réprimées par des normes pénales sans appel. Ces interventions sont effectuées souvent dans de mauvaises conditions d’hygiène avec des couteaux, des lames de rasoir, voire des morceaux de verres non aseptisés. Portant atteinte à l’intégrité du corps de la femme, elles laissent également de lourdes séquelles psychologiques qui vont de la frigidité à l’anxiété en passant par des troubles comportementaux.
Aujourd’hui, beaucoup de femmes dépensent des fabuleuses sommes d’argent pour faire revivre leurs désirs sexuels enterrés par l’excision et l’infibulation. Cette pratique criminelle de reconfiguration corporelle est liée essentiellement au désir d’assujettir les femmes et de contrôler leur sexualité. En effet, les homes historiquement en sont les initiateurs et ce, sous le prétexte de préserver la fidélité des femmes tout en rendant leurs corps insensibles aux désirs sexuels.
Les conséquences de l’excision des fillettes sont multiples. Intenses douleurs pendant les rapports sexuels et pendant la période menstruelle. La plupart des fillettes excisées sont marquées à vie dans leur chair et dans leur esprit. Nombreuses sont les victimes qui ne savent pas que leurs problèmes physiques et psychiques sont directement liés à l’excision. Elles ne peuvent oublier le traumatisme et la douleur. Beaucoup de petites filles décèdent des suites du choc, de la douleur insoutenable ou d’une hémorragie.
Nombre d’entre elles souffrent toute leur vie de douleurs chroniques, d’infections internes, de stérilité ou de dysfonctionnement rénaux. Chez les femmes ayant subi une infibulation, l’évacuation de l’urine et l’écoulement du flux menstruel ne se font que difficilement. Lors des accouchements, l’excision est à l’origine de graves complications, qui coûtent fréquemment la vie à la mère ou à l’enfant. Les rapports sexuels sont pour beaucoup de femmes – pour les hommes aussi d’ailleurs – une véritable torture.
Le paradoxe est que beaucoup de pays africains condamnent officiellement l’excision génitale féminine mais aucun cas à ce jour, n’a été porté devant les tribunaux. Cependant, l’excision génitale féminine continue d’exister dans ces pays.
Pour lutter contre ce fléau, il faut que la communauté International elle- même, mette en place des normes juridiques adoptées en commun, et des stratégies de défense adéquates et tangibles.
Nouhou Badiar Diallo, New-York, USA
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