mercredi 2 janvier 2008
L’épineux problème des transports urbains à Conakry

Le spectacle surréaliste d’une longue file de personnes au bord des routes et des arrêts bus justifie la thèse de l’échec des politiques publiques des transports urbains. Se déplacer à l’intérieur d’une commune urbaine de Conakry est un casse-tête pour les habitants de cette agglomération surpeuplée. Depuis la faillite de la Sogetrag (Société guinéenne de transports urbains), la politique de libéralisation totale des transports urbains a conduit à l’anarchie qui inspire le ridicule et cause de la peine aux usagers de la capitale. Le fait le plus curieux qui frappe un visiteur de la capitale guinéenne, c’est bien le problème quotidien de trouver un taxi pour rallier le centre d’affaires de Kaloum ou de Madina.

La fluidité des transports urbains est un volet essentiel du programme d’urgence de Bel-Air que le gouvernement a présenté aux populations aux premières heures du changement avec à la clef la mise en circulation d’une centaine de bus. En effet, la population urbaine majoritairement concentrée en haute banlieue vit quotidiennement les cruels problèmes de déplacement vers les centres d’affaires et les lieux de service. Des passagers serrés les uns contre les autres s’énervent sous la  chaleur humaine.

Le gouvernement ayant annoncé plusieurs fois la mis en circulation d’une centaine de bus n’a toujours pas honoré ses engagements pour faciliter le déplacement des populations démunies, dépourvues des moyens de transport à usage personnel ou collectif. Il est plus facile de trouver un logement à Conakry que de trouver un moyen de transport à moindre coût disponible. Très peu de départements ministériels, à l’exception près de la Banque centrale et des Affaires Etrangères, disposent de véhicules pour assurer le transport des fonctionnaires ; ce qui provoque les retards aux heures de travail dans la fonction publique sans parler des bouchons interminables qui compliquent la circulation. Plus de la moitié des revenus salariaux à Conakry sont engloutis dans les frais de transports des ménages qui effectuent de multiples déplacements pour faire face au quotidien.

Le schéma du système de transport n’a toujours pas réussi son pari. Une fois résolu, le transport urbain soulagera les populations et sera la face visible et palpable (adieu les beaux discours !!!) du changement que les Guinéens ont tant souhaité. C’est un problème urgent et crucial qui devrait attirer l’attention des autorités concernées qui traînent à faire venir les bus commandés. Une épreuve pour le gouvernement de consensus de concrétiser les promesses faites aux populations impatientes de voir un système de transport moderne et accessible à tous.

Kalidou Barry depuis Conakry

 

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Dernière mise à jour 25/06/2011 13:53:55
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