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Dans le cadre de sa mission de médiation qui s’inscrit dans le cadre du dialogue politique et social, l’Envoyé spécial des Nations Unies en Guinée, M. Gérard Latortue a conféré avec la presse dans la matinée du vendredi 4 Avril dernier. Cette prise de contact s’est déroulée au siège de la maison commune abritant le Système des Nations Unies à Conakry. L’objectif de cette rencontre était d’écouter les mass médias sur leur compréhension de la situation guinéenne. Mais d’entrée de jeu, l’Envoyé spécial des Nations Unies, M. Gérard Latortue, ancien Premier ministre d’Haïti, a dit que sa mission consistait à faciliter le dialogue social et politique en Guinée. A ce titre, dira-t-il, « Je dois rencontrer les représentants de tous les secteurs sociaux et politiques. Sur la liste des personnes à rencontrer il y a la présidence de la République, la Primature, l’Assemblée nationale, le Conseil économique et social, la Cour suprême, le conseil national de la communication, le patronat, les syndicats, les partis politiques, l’association des victimes du camp Boiro, les associations de jeunesse, les associations féminines… » Selon lui, la situation guinéenne n’est pas unique en son genre. Il citera l’exemple de son pays, Haïti où il fut Premier ministre. Dans son exposé, Gérard LATORTUE soulignera qu’en Haïti, les choses étaient plus difficiles à résoudre qu’en Guinée. Et là-bas, il a fallu une transition pour mettre les pendules à l’heure. « Quand on a fait appel à moi depuis les Etats où je servais au système des Nations Unies pour occuper la primature, j’ai posé des conditionnalités », a-t-il rappelé. M. Latortue qui est l’auteur d’un ouvrage intitulé « Théorie de transition politique » a indiqué à la presse qu’il avait à l’époque dit à tous les membres de son gouvernement de prendre l’engagement qu’ils n’appartiendraient à aucun autre gouvernement de l’après transition pendant au moins deux ans. L’une des missions assignées à Gérard Latortue était d’organiser des élections libres, transparentes et acceptables par tous. En économie, l’inflation haïtienne avait atteint les 47% et une autre paire de manches consistait à remettre le pays en confiance auprès des partenaires internationaux, c’est-à-dire mener des démarches pour la levée des différents blocus (embargo) qui pesaient sur le pays. Ainsi, en évoquant le cas guinéen, il dira que la première solution de sortie de crise serait de mettre fin à la corruption et surtout d’œuvrer à stopper l’attribution des marchés de gré à gré. Ce qui, selon lui, est une autre source d’approvisionnement de l’Etat. L’émissaire de Banki-Moom trouve impossible la réussite d’un Premier ministre sans un parfait accord avec le président de la République. « Quand j’étais PM dans mon pays, j’ai tous les jours rencontré le chef de l’Etat. Et pourtant, mon poste était bien constitutionnel. Je me dis qu’il ne peut pas y avoir une grande primature pour une petite présidence », a-t-il martelé. Il n’a pas manqué de reconnaître que les accords tripartites du 27 janvier 2007 n’étaient qu’un document politique et qu’ils peuvent avoir la primauté sur la constitution qui ne reconnaît pas le poste de Premier ministre. A la question de savoir lequel des présidents du patronat il a rencontré, il a répondu tous les deux (Youssouf Diallo et Elhadj Mamadou Sylla). A ce niveau, le gouvernement doit régler cette affaire de bicéphalisme qui ternit l’image du pays, a-t-il insisté. Enfin, il ne doute pas de la transparence dans la tenue des prochaines législatives. Tout en mentionnant que les Guinéens feraient bien de patienter jusqu’à 2010 pour avoir des scrutins présidentiels. Aly Badara Condé, Le Démocrate, partenaire de www.guineeactu.com
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