dimanche 1 juin 2008
L’Association de défense des consommateurs en eau trouble

La dernière née des organisations sociales en Guinée a des dents de lait longues après près de cinquante ans d’indépendance, de liberté économique et de libéralisme sauvage. Mieux vaut tard que trop tard. Seulement, elle apparaît comme une sardine. Et une sardine dans sa boîte n’a ni tête ni queue.

Avec l’émoussement des actions des syndicats, cette association pourrait bien suppléer la lutte pour l’amélioration des conditions de vie des populations au moment où la Guinée semble ne plus savoir où elle met le pied et la tête. Les syndicats sont divisés en deux groupements diamétralement opposés, deux patronats, un gouvernement sans aucune coordination et un exécutif bicéphale. Quant aux commerçants, ils font la pluie et le beau temps sur le pays sans qu’aucune loi n’existe pour canaliser toutes sortes de dérives dans la flambée des prix, flambée conjoncturelle et structurelle.

Malheureusement, cette nouvelle association de défense des consommateurs n’a pas d’ambition. Certains de ses membres lorgnent déjà les cibles luisantes et friment devant les grandes sociétés et entreprises d’importation, de production et de commercialisation des produits de grande consommation, des futurs souffre-douleurs ou des Jocrisses en perspectives.

Pour dire que cette association ne fait rien pour défendre les consommateurs, on doit se rappeler qu’au moment les plus difficiles de l’interconnexion entre Areeba et Sotelgui, l’association des consommateurs appréciait et approuvait les tarifs pratiqués par les deux téléphonies de la place, elle trouvait que la minute d’appel, qui coûtait 300 Fg Sotelgui-Sotelgui et l’interconnexions Areeba - Sotelgui était à 400/mn était « raisonnable » alors que les consommateurs du téléphone ne se parlaient qu’à la sauvette, à la hâte, ils se bipaient. Les deux téléphonies, elles, ne se sont pas limitées à cette appréciation complaisante, et dans leur élan de libre concurrence, elles ont continué à faire baisser les tarifs et des puces et de la minute de communication. Aux consommateurs d’en juger !

L’autre question qu’on se pose encore est de savoir si cette association a les moyens de sa politique car du pain sur la planche, elle en a à couper. Il faudrait d’abord commencer par réveiller les laboratoires de Matoto cousus de problèmes : Ils n’ont plus de cadres intègres à rémunération suffisante pour les mettre à l’abri des tentations de toutes natures, le manque d’équipements modernes et appropriés pour leur permettre d’analyser les produits,…La prévarication est omniprésente dans ce domaine.

Le service de contrôle des qualités et normes n’existe plus. La baguette de pain s’amincit et s’amenuise de jour en jour ; le kilogramme de viande ne vaut plus 1000 grammes mais est entre 750 et 800 grammes et le prix ne fait que grimper. Il est actuellement à 16000 GNF. Quand on voit ces boucheries exposer leur viande en pleine poussière aux abords des rues en travaux…, les pains et aliments divers ne sont pas à l’abri du manque d’hygiène. Ce qui est dangereux dans cette affaire des produits de contrefaçon, il faut s’arrêter dans le domaine des matériaux de construction : ciment, fer…L’association des entrepreneurs de Guinée avait fait des observations dans leur domaine sans toucher aux vrais problèmes. Les observateurs ont vu les édifices s’écrouler comme des châteaux de cartes en Egypte, en Algérie, au Sénégal et un peu partout en Afrique. Les entrepreneurs sont montrés du doigt sans que ceux-ci n’arrivent à se défendre. La cause n’est pas identifiée tandis que les entrepreneurs et ingénieurs avaient mis en œuvre les éléments de construction dans les normes standards ; ils n’ont fait qu’appliquer exactement les recommandations prescrites par les dosages en fonction de la résistance des pièces de construction. Qu’est-ce qui pouvait être la cause de ces effondrements ? Le ciment de contrefaçon et les fers à béton non appropriés.

Il s’agit de jeter un œil dans l’industrie de fabrication du ciment avec les malversations diverses pour tout comprendre : en effet, pour farder les produits de fabrication en masse, comme le ciment, certaines industries de fabrique mettent en sac 40 à 45 kg de clinker pour 5 à 10 kg de cendres de haut-fourneau. Imaginons qu’un dosage pour une pièce de construction en béton armé indique 350kg/m3. Avec 10M3 de béton du même dosage, il y a un manque de 50 à 100 kg de ciment et si  le fer à béton n’est pas approprié, s’il est cassant par un manque de traitement thermique adéquat, la solidité est problématique, et en plus de ces défauts des matériaux de construction sans norme, l’on enregistre des soustractions frauduleuses en ciment et en fer par des entrepreneurs véreux ou négligents, en cas de poussée extérieure, c’est un château de cartes qui s’écroule, comme on l’a vu avec des constructions en ruines au Caire, à Dakar…A Conakry, on a vu des terrasses s’écrouler dès après le décoffrage parce que le ciment « reconditionné » au port par les manutentionnaires ne contenait aucun élément actif. La balle est dans le camp de ciment de Guinée et de SODEFA. Les entrepreneurs doivent suivre de près les produits qu’ils ont la charge de mettre en œuvre.

A côté de ceux-ci, il y a les pharmacies par terre, le marché Avaria, les ordinateurs, les véhicules dignes d’être admis à la casse, des réfrigérateurs et ordinateurs de première génération…qui ne sont soumis à aucune restriction et à aucun contrôle. La Guinée est devenue un dépotoir des produits périmés et obsolètes. Dans cette situation, c’est l’environnement qui est atteint à moyen terme, et cela ne dit rien à l’association. Qui peut maintenant lui dire quelque chose ? Un cautère sur une jambe de bois !

En plus, la TV nationale avait découvert un stock de poissons pourris dans un frigo. Le montant était considérable. Après deux ou trois numéros sur les antennes, le silence est tombé sur cette affaire et le stock de poissons a pris la direction des marchés. Certains poissons retrouvés sur le marché avaient des yeux pochés, des têtes écrasées, des queues « courtaudées », la chair molle et presque en état de pâte, sans aucune consistance.

Les abattoirs et boucheries sont dans un état de non contrôle remarquable. A un moment donné, nous avions dénoncé cette situation mafieuse dans l’abattoir de Kakimbo. Les vaches en pleine gestation ou à terme étaient abattues sans aucun contrôle et les fœtus sont balancés dans la cuvette de Kakimbo et qui empestaient l’atmosphère. Où étaient les vétérinaires sensés procéder aux vérifications avant abattage ?

Tous les problèmes concernant l’association de défense des consommateurs ne peuvent être cités dans cette pages, seulement, le moins qu’on puisse dire, c’est que le domaine est vaste et difficilement contrôlable par une association qui a les dents de lait et sans une solide structure et sans une vraie marge de manœuvre avec des moyens de coercition.  Même dans la circulation, des remorques et transporteurs de conteneurs  complètement déglingués circulent en toute liberté et en toute autorisation de faire des accidents sans que les services de contrôle automobiles n’arrivent à circonscrire et à limiter certaines défaillances préjudiciables dans la circulation. Si, dernièrement, on a appris qu’un conteneur de sable au lieu de sardine est venu de la Mauritanie jusqu’au port de Conakry, la vigilance doit être éveillée.

Moïse Sidibé 
Le Démocrate, partenaire de www.guineeactu.com  

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Vos commentaires
diallo alpha oumar basse, lundi 2 juin 2008
c`est`une honte pour toutes une nation africain d`avoir des jumel pour savoir ou est le nivaux des bataux. comment le general c et son GOUV peuvent-tils exije aux autre de de vendre moyen cher et que lui son riz n`est jamais vu dans lepays. le president gambienne cultuve moyen que conte mais au moyen lui son riz est vendu dans le pays est ce riz est vendu a 5000CFA LE sac de 25 KG? omardelen@yahoo.com

Dernière mise à jour 25/06/2011 13:53:55
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