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L’article de Ben Daouda Touré intitulé : « Les Peulhs et les autres : le drame guinéen » a fait couler beaucoup d’encre et de salive (pas moins de 135 réactions sur Guineeactu.com, un record inégalé). C’est la preuve qu’il a mis le doigt sur un sujet sensible et réel.
Après avoir lu, un jour, l’un des articles de Ben Daouda Touré sur Zaley.com, je me suis dit qu’il faut mettre une camisole de force à ce fou furieux. Mais, comme l’a si bien dit l’un de nos correspondants, c’est de la bouche des fous que sort la vérité.
Tout le monde, en Guinée, dit que les Peulhs (avec « h » pour bien marquer leur spécificité) constituent la plus grande minorité (40% de la population, soit environ 4 millions de personnes). Ils ont l’élite intellectuelle. Ils ont les plus riches commerçants. Si, par-dessus le marché, ils prennent le pouvoir, leur règne va durer mille ans. Donc, il faut les en empêcher. Cela se dit partout. Il n’y a que les Peulhs qui ne veulent pas l’entendre.
La ligne de conduite des cadres peulhs a toujours été de dire que le problème ethnique est trop sérieux et grave et que, par conséquent, il ne faut pas en parler.
Tout comme l’autruche, il faut enfouir la tête sous le sable pour ne pas voir la réalité en face.
Beaucoup de nos correspondants, surtout des Peulhs, sont tombés à bras raccourcis sur l’Administratrice du site Guineeactu.com, Adjidjatou Barry Baud, pour lui reprocher d’avoir publié l’article de Ben Daouda Touré « Les Peulhs et les autres ». C’est moi, Sidoux Barry, Directeur de publication de Guineeactu.com, qui ai autorisé la publication de cet article. Pour crever l’abcès. Ces gens qui parlent de « Radio des mille collines » sont peut-être plus peulh que moi, ont le monopole de la polémique, de l’injure et de l’insolence, mais ne savent pas mieux que moi où sont les intérêts des Peulhs. Qu’ils demandent à ceux qui me connaissent. Ils n’ont pas lu l’article que j’ai écrit, il y a deux ans, sur Kibarou.com, intitulé « La Guinée n’est pas sortie de l’auberge » et qui reste ma ligne directrice.
La ligne éditoriale de Guineeactu.com est médiane, à mi-distance des extrêmes, pour prêcher la modération et l’apaisement.
Comme l’a si bien dit Thierno A. Bah, « aucune ethnie n’a le monopole du pouvoir ». Il n’y a pas non plus de « tour tour ». Et le doyen Lanciné Camara, un sage qui a l’expérience de la vie, a dit : « Un jour, il y aura un Président de la République peulh, pourvu qu’il y accède démocratiquement, par les urnes ». Il ne fait pas de doute qu’il y aura un jour un Président peulh. C’est une évidence que tous les anti-Peulhs doivent intégrer dans leur cervelle.
Les Guinéens aiment à se parer de toutes les vertus. Il y en a une qu’il faut leur reconnaître, c’est qu’il n’y aura jamais de guerre tribale en Guinée. Quand Sékou Touré a appelé au génocide des Peulhs, personne n’a répondu.
Comme l’a toujours prêché Alhassane Barry, un autre sage, chacun doit se construire chez soi. Les Soussous chez eux, les Peulhs chez eux, les Malinkés chez eux, les Forestiers chez eux. Ensuite, ils se rendent tous à la même table. Au Rendez-vous du donner et du recevoir. Pour construire la nation guinéenne, qui admettra une « relative » autonomie de chacune des quatre régions naturelles. Celles-ci partageront ensemble l’Armée, la Monnaie, les Affaires étrangères et l’exploitation des Ressources naturelles (bauxite, fer, or et diamant).
Passons maintenant aux choses urgentes : la Transition en Guinée.
Voici comment la Rédaction de Guineeactu.com voit la Transition. Notre position est claire, nette et sans faux fuyant.
Dadis reste Président de la République et de la Transition. Il est flanqué de deux Vice-Présidents, l’un chargé du Budget de l’Etat et de la Banque centrale, l’autre de l’organisation des élections présidentielle et législatives.
Pas de Premier ministre, un poste qui est la porte ouverte à toutes les corruptions.
La Transition dure douze mois. Elle a une seule mission : élaborer les nouvelles institutions républicaines. La nouvelle Constitution prévoit un Président de la République dont le mandat est unique, non renouvelable, de quatre (4) ans. Cela évite désormais à notre pays tout nouveau « César ».
Dans le Gouvernement de Transition (et non d’union nationale), on admet des militaires. Au terme de la Transition, on raccompagne Dadis dans son village natal où il est assigné à résidence. C’est le maximum de concession qu’on peut lui faire. Il pourra, s’il le souhaite, se présenter à une élection présidentielle ultérieure. Le Gouvernement de Transition procède à une refonte complète de l’armée nationale.
La Guinée prend alors un nouveau départ, rentre dans le concert des nations, appelle ses meilleurs cadres et lance son décollage économique.
Alpha Sidoux Barry Directeur de publication de www.guineeactu.com
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