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Chers compatriotes, je viens de lire l'article de M. Ben Daouda Touré dans Guineeactu.com intitulé : « Les Peulhs et les autres : le drame guinéen ». Je constate encore une fois que quand un pouvoir est aux abois, il envoie ses pitbulls faire de la diversion pour se maintenir au lieu de régler les vrais problèmes nés de sa propre mal gouvernance. Avant de faire mes observations une fois de plus sur l'ethnocentrisme, je voudrais dire à M. Touré que bien que je sois né à Boké, une ville plus cosmopolite que Kindia ou Mamou que l'on cite souvent pour leurs brassages ethniques, je connais bien les Peulhs et le Foutah, mieux que ma région de naissance. En effet, j'ai commencé ma scolarité en 1956 à la Mission catholique de Mamou. En janvier 1957, j'étais à Tougué et en avril 1959, à Koin-Missidé où je passai mon certificat d'études primaires. Je parle couramment peulh et ma famille y fut très bien accueillie. Mon oncle Sékou Sampil, ingénieur agronome, fut le directeur des Eaux et Forêts de Labé. Nous habitions en face de l'Hôtel du Tourisme à Pounthioun. Il fut même le directeur de l'Orchestre de Labé. Cela dit, je reconnais que le problème ethnique est le cancer actuel qui gangrène notre société et si nous ne prenons garde, je vois poindre à l'horizon non pas une guerre civile, qu'aucun Guinéen ne souhaite, mais plutôt une balkanisation, pire, une yougoslavisation de notre pays. Il faut donc combattre le régionalisme par la bonne gouvernance et la mise en place d'une véritable citoyenneté. Le Guinéen doit se considérer comme appartenant à une société, une composante de la Guinée et non d'une ethnie et nous avons des outils pour cela tels que la loi. Force doit être donnée à la loi. Respectons la loi comme en Occident et nous verrons que la démocratie n'est pas une invention que des Blancs. Toutefois, j'accuse les pseudo-intellectuels et certains hommes politiques de souffler sur les braises de l'ethnocentrisme. Ils se reconnaîtront. Mais de grâce, M. Touré, les Peulhs ne sont pas tels que vous les décrivez dans votre article et ne sont nullement responsables de la déliquescence de notre Etat. Ils sont, comme beaucoup d'entre nous, de sacrés bosseurs. Visitez Conakry, où je passe deux mois de vacances tous les ans : pendant qu'à Boulbinet les jeunes passent leur temps à « ne rien faire » ou du moins à regarder les matchs de football européen, les jeunes Peulhs et Malinkés travaillent. Sur le plan politique, MM. Sékou Touré, Lansana Conté et leur fils Dadis se sont tous servis de l'ethnocentrisme pour conserver leur « fauteuil »... Je terminerai par dire à M. Ben Daouda Touré de ne pas se tromper d'adversaire. Notre ennemi, c'est Dadis, point final. Les Peulhs sont des Guinéens comme les autres. Ils ont des droits et des devoirs et ont aussi vocation à exercer la magistrature suprême… Merci.
Mohamed Sampil
www.guineeactu.com
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