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JE PENSAIS QUE LES ACTUELLES AUTORITES AVAIENT COMPRIS ET PRIS LA MESURE DE LA DATE DU
22 JANVIER 2007.
Apparemment, non…
Si devait, demain, être organisé un examen sanctionné par un diplôme «DU PLUS PATRIOTE DES GUINEENS» je tenterais d’être le premier et meilleur candidat avec même la mention «Exceptionnel»…Je revendique ces titre, diplôme et conviction… même si d’autres candidats patriotes guinéens se comptent par millions.
Depuis ce jeudi 4 Septembre 1970 où j’ai foulé le sol ivoirien après dix huit (18) jours d’une mémorable odyssée via Bamako, je ne passe pas un jour sans une pensée pour quêter le meilleur destin pour mon pays. Je ne passe pas un jour sans me tourmenter de ce qui, depuis si longtemps, scotche littéralement la Guinée dans le marécage du non-développement.
Je serai le dernier à jouer les «Cassandre», les pyromanes, les incendiaires, pousses-au-crime, incitateurs à une haine raciale ou ethnique (De toutes les façons je suis loin d’en avoir le pouvoir étant de père peulh et de mère d’ascendance soussou…et marié à une Bambara du Mali) susceptibles de jeter la Guinée dans un chaos sans nom…
Dieu m’est tout aussi témoin que je serai toujours parmi les premiers à dénoncer avec la dernière énergie toute dérive, tout régime arbitraire, dictatorial, toute oppression qui tomberait comme une chape sur mon pays. Je le fais déjà depuis 1970 avec mes moyens et à mon niveau…
Ce 17 Juin 2009 le ministre français des affaires étrangères Bernard Kouchner a déclaré qu’il était impératif que le C. N. D. D. respectât le calendrier et le chronogramme annoncés aux guinéens pour une transition la plus courte et apaisée possible…
Demande est donc SOLENNELLEMENT faite à tous les guinéens qui en ont la possibilité - internet, le «bouche-à-oreille», se le faire commenter le cas échéant - de lire ces lignes. Parmi les ciblés, le premier lecteur espéré est … «Dadis» Camara en personne, l’actuel Président de la République; puis ce seront le Comité National pour la Démocratie & le Développement (C. N. D. D.), les membres de l’actuel Gouvernement, l’Armée, les différents acteurs de la vie politique de Guinée et, de façon impérative, les SYNDICATS…
SURTOUT LES SYNDICATS!
…En 1958 - j’avais à peine une dizaine d’années - pris dans le tourbillon du fameux VOTE pour l’indépendance de mon pays, j’avoue avoir voté (oui, mon bulletin avait à l’époque été pris en compte dans mon village sans scrupule aucun) sans trop savoir dans quelle équipe jouait le N° «2 Octobre», encore moins la réelle signification du mot «Indépendance». L’unique chose que j’avais comprise était LIBERTE. Mais Liberté pour quoi? Liberté suite à quoi? Liberté en vertu de quel précédent? Liberté vis-à-vis de quelles privations?...
Comme des millions de guinéens j’ai adhéré à une cause…pour me mordre les doigts sept ans plus tard (1965) et décider, cinq ans après (1970), de m’éloigner (momentanément) du Premier Régime devenu dictatorial qu’on ne présente plus. Je laissais derrière moi, la mort dans l’âme, une Guinée engluée dans les hurlements et la pire des démagogies, sous la nasse et la chape d’une oppression (teintée de relents miliciens & militaires) alors sans précédent.
Quatorze ans après le début de mon exil, le premier président du pays meurt et un Colonel de 50 ans alors prend le pouvoir à la tête d’une junte militaire. Au-delà d’une liesse sans nom, mon emportement n’avait alors d’égale que cette ambition (pour avoir été témoin des vertus du «miracle ivoirien» en termes de développement alors même que ce pays frère et voisin disposait de cent voire mille fois moins de potentialités que nous !!!!!!!) cette ambition donc de remettre les pendules socio économiques à l’heure à défaut de reprendre la pole position de la sous-région.
Après vingt quatre ans de gabegie, errements, tâtonnements économiques (alors qu’on aurait par exemple pu tenter, oui tenter, de remettre sur le métier la «Feuille de route» avant l’heure - L’avenir de la Guinée - que nous avait mâchée un certain Gouverneur Roland Pré entre 1946-49 !) reculs sans commune mesure, tous actes des pires fossoyeurs de la planète, le second président vient à son tour de mourir, laissant derrière lui le pays le plus ruiné du Monde. Ici aussi après la période d’indicible joie, les lendemains désenchantés sont à l’aune des espoirs levés alors. Le sentiment de couac sans précédent de la deuxième république est d’autant plus cuisant et humiliant que Lansana Conté n’ignorait rien, absolument rien, de l’héritage qui lui tombe dessus…
…Et puis arrive tel Zorro un certain Moussa «Dadis» Camara!
J’aurais dû me méfier: «jamais deux sans trois», nous dit l’adage…
Autant donc une partie de l’Armée nous avait à tout jamais dégoûtés des hommes en uniforme, autant une autre partie de cette même armée nous réconciliait avec ces femmes et hommes nimbés des mots SERMENT, HONNEUR et RESPECT…
De nouveau emporté par l’enthousiasme et l’allégresse à la perspective d’un radical CHANGEMENT (Le peuple ne l’appelle-t-il pas de tous ses vœux, ses fibres et…son sang versé depuis de nombreuses années?), je suis resté sourd à tout appel à la prudence, à la mesure et à une retenue que m’auraient dictées les deux malheureuses expériences passées. J’avoue avoir spontanément (les premières images de l’apparition de «Dadis» sur le petit écran…) adhéré aux premiers mots de l’homme. J’ai été acquis dès les premières phrases de l’officier…Mon sixième sens m’avait dicté de croire l’homme qui a reçu une éducation à l’«ancienne» de ses parents (probité morale, respect de la parole donnée, éducation sans reproche, valeurs ancestrales cultivées…le tout dans une certaine modernité).
J’ai donc pris au mot et donné mon chèque en blanc à ce nouveau sauveur de la Guinée. Je (et des millions d’autres guinéens avec moi) reviens de si loin que j’aurai gobé la première proposition de réhabilitation de notre pays.
TOUT, POURVU QU’ENFIN ON EN SORTE!
…Et la triste révélation d’un homme qui tente à nouveau de naviguer à vue, avec toutes les approximations du monde nous saute aux visages. Un homme qui vilipende, voue aux gémonies, exècre puis condamne tous les fossoyeurs de la Guinée avant de…les ramener dans son giron, d’en coopter la plupart, d’en absoudre et même, pour certains, demander leur précieux concours pour redresser la désastreuse situation du pays…à l’origine de laquelle ils ont été sans conteste. Mauvais rêve, mauvais scénario ou cauchemar?
«Dadis» n’a absolument rien compris au dessin (et au dessein) guinéen.
«Dadis» semble n’avoir tiré aucune, mais alors aucune leçon des développements de la situation de la Guinée de ces dernières années.
«Dadis» prouve à suffisance qu’il s’est entouré de la pire espèce de prédateurs, charognards, chacals et hyènes de la planète.
«Dadis» a complètement perdu de vue qu’il est, et de loin, le premier ambassadeur de la République de Guinée. Qu’il a donc le devoir de véhiculer une image la plus respectueuse et respectée de son pays sur le devant de la scène nationale mais surtout internationale fut-ce pour la période transitoire.
«Dadis» fait surtout preuve d’une cécité et d’un autisme fatals face aux événements de Janvier-Février 2007 pour ne pas remonter plus haut dans les annales de la récente histoire de notre pays.
…ET MAL VA LUI EN PRENDRE !
En effet, comme jadis Sékou Touré, comme il n’y a pas si longtemps encore Lansana Conté, entouré d’une impressionnante garde prétorienne, enrobé d’une unité dite d’élite mais surtout confortablement installé dans la Muraille de Guinée qu’est son CAMP, l’homme est convaincu de pouvoir tout, absolument tout diriger et régenter ou gouverner tel un suzerain.
Il a c’est vrai pour lui la FORCE c'est-à-dire des fusils, des mitraillettes, des bazookas, des chars, des hélicoptères, des RPG, des lance-rockets, des femmes et des hommes formés et entraînés à dégainer à la moindre protestation d’une population qui n’a comme à chaque fois que ses mains vides et ses yeux pour se lamenter et pleurer.
Il se croit INEXPUGNABLE et INEXTINGUIBLE. Avec la force de frappe et l’armada qui l’entourent, il est à priori invincible. Et tel un roitelet, il est sûr de régner - à son tour - ad vitam aeternam sur la Guinée (c’est vrai qu’il a pour lui la jeunesse et donc le demi-siècle prochain devant lui…).
Et comme l’avaient en leur temps fait Sékou Touré puis Lansana Conté, on sent de plus en plus cette impression, on a de plus en plus ce sentiment d’un pouvoir qui, par petits paliers successifs, par petites touches, de manière parfois brutale, parfois non, glisse doucement mais inexorablement vers un durcissement et tout refus de contradiction ou de dialogue pour finalement se murer dans des attitudes faites de menaces sous jacentes (insécurité savamment entretenue), de non-dits lourds de sens pour la sécurité du citoyen, bref une chose qui a nom OPPRESSION. Toute tentative de discussion, de dialogue, d’échange pour mieux s’éclairer mutuellement se heurte à un mur d’incompréhension. Pour couronner le tout le pouvoir en place ne tolère plus la moindre manifestation à caractère légal…
Je viens de lire sur le net que la capitale est bouclée depuis ce matin du 8 Septembre 2009 après que certains mass-médias eussent été muselés ces dernières semaines …
Pour mémoire on se souvient qu’après avoir été muselé sous Sékou Touré (Syndicat unique), instrumentalisé sous Conté (émiettement des dits), les syndicats ont quand même fini par se retrouver en Janvier 2007. Et il faut sincèrement espérer que cette retrouvaille-là ait fait prendre conscience aux syndicats la cruciale, vitale et imparable importance de leurs mouvements.
Mais malgré ces chaudes alertes successives le pouvoir ne semble pas percevoir et encore moins prendre la mesure de l’importance du MOUVEMENT SYNDICAL. Il semble d’ailleurs que les syndicats eux-mêmes aient été dépassés par la mobilisation suscitée, qui est allée au-delà de leurs espoirs les plus optimistes. C’était pourtant un baromètre des limites de l’exaspération et du ras-le-bol général.
«Dadis» omet donc une chose. L’homme oublie un point important. Face à toute oppression, face à toute forme de dictature, face à toute forme d’usage abusif de la force, il y a une arme absolue. Devant toute forme d’injustice (et à plus forte raison le spectacle que nous donne une junte qui présente à présent tous les indices d’un régime prêt à s’arc bouter, s’accrocher au pouvoir) il y a en effet l’ARME FATALE…
Et cette Arme Fatale c’est la fameuse G. T. I.
Qu’est-ce que la G. T. I.? Tout simplement la Grève Totale Illimitée. Comme celle entamée le 10 Janvier 2007 de triste mémoire. Et étendue au secteur minier dont nous connaissons tous l’extrême côté vital pour l’économie guinéenne mais en même temps son côté «vache-à-lait» des prédateurs de l’Etat.
Le raisonnement part du concept qu’en général les idées géniales n’ont d’égal que leur côté simple voire enfantin.
Si les autorités guinéennes se targuent d’exercer un pouvoir et se reposer sur un fortin constitué d’argent, de croissance et de prospérité c’est que des femmes et des hommes - voire des enfants - se lèvent aux aurores, qui depuis Dabompa, qui depuis kissössö, qui encore depuis Enco5, Wassa-wassa, etc., cherchent à tâtons de quoi s’asperger le visage, s’habiller dans le noir, s’éreinter à trouver un Magbama pour rejoindre Khaloum par 40°c afin d’y apporter leur savoir-faire, leurs muscles, doigtés, adresses, qualifications, expertises et compétences aux fins de recevoir en retour - droit inaliénable - un revenu, un salaire, une rétribution, une rémunération. Cette remarque demeure évidemment valable pour tous les travailleurs guinéens et sur toute l’étendue du territoire…
Ce sont donc ces efforts-là, cet amoncellement de petites tâches, petits gestes quotidiens qui convergent vers un résultat ayant pour nom croissance (P. I. B. ou P. N. B.)…Pour que donc un dirigeant, un président, un Ministre, etc.., surtout un membre des forces de défense puisse tirer le moindre bénéfice pécuniaire de ce labeur encore faut-il que ces femmes et ces hommes fassent en amont le travail nécessaire. Rien d’autre ne produit donc de richesse ou de croissance que le TRAVAIL.
Si donc personne ne travaille, ne produit, on laisse au lecteur le soin d’imaginer la suite…C’est ici l’occasion de pointer les grands trusts miniers, l’Occident et de nombreux partenaires au développement qui ne se sont SOUDAIN rendus compte du terrible drame qui se jouait en Guinée depuis des décades que le jour où, d’une part, les syndicats miniers ont semblé avoir entendu certains appels et se joignirent à la grève et, d’autre part, quand « Bruxelles » (L’U.E.) a aussi exaucé le peuple en suspendant tout simplement le fameux F.E.D. N°9 d’u montant de 117 millions d’euros à cette époque…
Pour faire donc plier, sans aucune violence, sans rien dégrader, en ne s’en prenant à aucun bien ni aune personne physique ou morale, en se gardant simplement de se rendre sur les lieux du travail, c’est la meilleure et unique parade contre toute forme de dictature, d’oppression, d’injustice ou dérive.
Que TOUS LES Syndicats (tous secteurs confondus), les Partis Politiques, la Société Civile, bref les Forces Vives jouent le jeu du CHRONOGRAMME de la Transition…jusqu’au 31 Janvier 2010. Cette nouvelle mais ultime date buttoir est et doit être respectée par toutes les parties pour qu’on organise des élections les plus transparentes, crédibles et justes qui soient. Qu’aucune entité ne cède à une quelconque forme de provocation. Que tout le monde s’en tienne au nouveau calendrier et au nouveau chronogramme déjà fixés par tous.
Si, à la suite notamment de
nouvelles manœuvres dilatoires,
tentatives d’intimidations, propos et actes de nature à provoquer un quelconque nouveau report des dites élections,
ou surtout en cas de présentation de DADIS, un membre quelconque du C. N. D. D. ou de l’actuel Gouvernement,
Eh bien, qu’à ce moment là les syndicats unis déposent un préavis de G. T. I. pour le Lundi 8 Février 2010 à partir de 8 heures précises.
En toute légalité cela va de soi. Et c’est là la grande force et le côté imparable du mouvement. Au risque de se répéter, c’est l’ARME FATALE.
Au titre de dégâts collatéraux, on ne mesurera jamais assez le manque-à-gagner, les nombreux déficits issus de tels débrayages. Mais c’est le prix à payer devant l’obstination de certains dirigeants qui ne pensent qu’à eux d’abord avant de verser dans des dictatures qui n’ont plus ni justification, ni droit de cité, ni cour aujourd’hui.
La Guinée a perdu un temps précieux qui aurait été mis à profit pour son développement. Notre pays a eu le malheur d’avoir été gouverné par des personnes incompétentes, non visionnaires, complètement étrangères aux canons de la Bonne Gouvernance, antipatriotiques et seulement éprises de thésauriser des intérêts personnels acquis malhonnêtement de surcroît (et utilisés au plus mauvais escient qui soit).
La Guinée mérite mieux que le triste sort qui lui est jusqu’à présent fait par DEUX PRESIDENTS ET DEMIE…Pardonnez-moi d’être aussi terre à terre, mais si «Dadis» pouvait ouvrir ma boîte crânienne, il aurait automatiquement poussé toute l’armée guinéenne dans les casernes et encouragé la Grande Muette à des travaux d’intérêt national qui accompagnent la Guinée dans ses efforts de développement. Cela le grandirait comme jamais.
Il faut que quelqu’un dise la vérité à «Dadis», ce que bien de personnes n’avaient pas pu ou voulu dire, à leurs époques, respectivement à Sékou Touré et Lansana Conté. Nous savons tous où nous ont menés ces démagogies ou omissions voulues ou pas, tues ou pas. « Dadis» et le CNDD doivent donc se conformer, lui à sa parole d’officier, le CNDD à la notion de TRANSITION et la défense de l’image de marque d’un Gouvernement soucieux de donner des gages de bonne foi…
IL EST DOMMAGE ET REGRETTABLE DE DEVOIR EN VENIR DE NOUVEAU A CETTE DOULOUREUSE EXTREMITE...!
Va-t-il falloir verser le sang de milliers de guinéens (ça commence hélas déjà !), risquer la dévastation de nombreux biens - privés et publiques – mais surtout déplorer la perte de ce que l’homme a de plus cher, la VIE (et d’innombrables familles éplorées) pour faire entendre raison à une poignée de femmes et d’hommes seulement soulevés par leurs intérêts personnels ?
Va-t-il falloir par ailleurs de nouveau et pour la nième fois subir le courroux et les réprimandes des bayeurs de fonds avec leurs cortèges d’humiliation? «Dadis» et le C.N.D.D. détiennent les réponses à ces questions…
Mieux vaut pourtant prévenir que guérir! Par ailleurs tout le monde aura compris l’usage d’un pseudo pour des raisons de sécurité et la longueur du texte afin d’argumenter au mieux sur le sujet…
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