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Ce n’est pas tôt d’en parler, puisque tout laisse à croire que le vieux général subit tant l’âge que le besoin de prendre du repos, après 24 années d’usure d’un pouvoir sans partage. S’il n’anticipait pas son départ de la tête de l’Etat, il se pourrait qu’il s’abstienne, au terme de son second mandat à l’horizon 2010, de se relancer dans la course au pouvoir. Ce qu’il conviendrait de se demander, c’est de savoir si le vieux général a pensé à sa succession, en terme de désignation d’un héritier présomptif ou de tout autre remplaçant potentiel pouvant, le moment venu, lui assurer une certaine quiétude dans son éventuelle retraite. Le pouvoir, en Afrique, étant devenu un patrimoine familial, il y avait de quoi redouter que l’on assiste à l’instauration d’une certaine dynastie en Guinée. Puisque d’aucuns n’excluent pas le fait qu’Ousmane Conté, l’un des enfants du général, officier dans l’armée, ne soit intronisé à la place de son père comme ce fut le cas au Togo et en République démocratique du Congo. Quoi qu’il advienne, la succession du général ne sera pas sans remous. Il y a quelques années, DECAZY, un fidèle dignitaire du régime, ancien député à l’Assemblée Nationale, ancien Ministre de l’Enseignement Supérieur, avait exprimé ses inquiétudes par rapport au fait que le général ne s’est pas désigné de successeur. Cette préoccupation de DECAZY a failli lui coûter quelques ennuis. Compte tenu du fait, qu’à ce moment, parler de succession du Chef de l’Etat était synonyme de complot contre l’Etat. Aujourd’hui encore, la question revient avec plus d’insistance. Le Président Conté va-t-il se désigner un successeur pendant qu’il a encore la lucidité d’en décider ? Au regard de la situation de crise actuelle qui prévaut dans le pays et compte tenu du fait que le paysage politique a subi d’énormes transformations, l’on a comme l’impression que déjà la lutte pour cette succession tant redoutée a commencé. L’entrée en scène de l’ancien PM Cellou Dalein Diallo, un inconditionnel du Président Conté, pour se retrouver dans l’U.F.D.G (Unions des Forces Démocratiques de Guinée) dont la présidence lui a été cédée par le doyen Bâ Mamadou est un signe d’autant plus révélateur de l’éventuel retrait du vieux général du pouvoir, que le nouveau leader du Parti n’aurait jamais pris ses distances avec son protecteur s’il n’avait pas eu l’aval de celui-ci. Mais est-ce suffisant pour se convaincre d’un départ probable de Conté, quand bien même des opportunistes ne tirent leur sécurité et leur subsistance que de la présence du régime en place ? Ce sont ces zélés du pouvoir qui continuent de polluer l’environnement immédiat du Président Conté et qui influencent toutes les décisions à prendre. La guerre des positions se prépare et cela, en dépit des textes de lois qui définissent le principe de la succession, en cas de retrait du chef de l’Etat. Le pays traverse une période de turbulence aux conséquences imprévisibles. Les Guinéens vivent dans l’anxiété. Correspondance exclusive pour www.guineeactu.com
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