samedi 14 juin 2008
L’agneau, le fermier et le boucher
Moussa Bella Barry

De ma place d’observateur, j’ai fait encore mes observations. Je prends la liberté, une fois de plus, de dire mon opinion. Je consens que mes remarques ne revendiquent pas une consistance scientifique. Ce n’est pas non plus une analyse politique, mais plutôt une observation.

Comme observateur, par opposition à l’analyste politique, j’ai la chance de dire mes opinions sans être obligé d’exposer de grands arguments pour justifier mes pronostics. D’ailleurs il est à noter que les pronostics des analystes politiques passent le plus souvent à côté, et des fois très à côté. C’est pourquoi à la vue de l’inconsistance de nombreux facteurs d’influence d’analyses politiques, les analystes politiques se réfèrent le plus souvent au passé.

Alors de ma place d’observateur, j’observe les tentatives de conservation ou d’accès aux privilèges (pour ne pas dire pouvoir) en Guinée-Conakry. Ces acteurs-là nous servent le même plat depuis des années. Mais seulement voilà, ils ne s’aperçoivent pas que la viande de la sauce est mal conservée. Ils ne se rendent pas compte qu’une viande mal conservée a besoin de condiments piquants pour être comestible. Autrement dit les condiments piquants améliorent l’aspect gustatif du repas.

Gouverner c’est aussi lire, réfléchir, écrire et décider. On se demande, si nos gouvernants agissent par advertance en voulant obtenir le tout et son contraire ? Ou bien s’ils agissent consciemment au mépris de toute prudence et équité dans la gestion de la chose publique ?

J’observe presque partout que des premiers ministres, des ministres et de hauts administrateurs dont l’on continue de cautionner les actes abjects, malgré que ces espèces ont détruit ou continuent à piller nos maigres ressources, font de l’antichambre, de l’intimidation, du trafic d’influence, ils corrompent et sont corrompus, ils violent et ainsi de suite.

En tout cas nous voilà ramenés à la case départ. Après un gouvernement dit de consensus, on nous offre maintenant un gouvernement dit de large ouverture. Je pronostique que si la mission de ce gouvernement, n’est que pour la protection des espèces il échouera comme ses prédécesseurs.

Il est bien clair que c’est l’agneau idiot qui choisit son boucher. L’enjeu est tel, qu’il est peu probable que ce gouvernement « dit de large ouverture » puisse travailler librement. L’expression de vécu d’expériences en Guinée nous dit que rien de probant n’émergera de cette doctrine de gouvernement. Car gouverner dans la règle de l’art passe par la refonte de notre administration, par faire des réformes socio-économiques profondes, afin de créer les conditions de bonne gouvernance. Mais ceux-ci équivalent à déboulonner des symboles du régime actuel et de casser bien des intérêts indus. C’est pourquoi l’agneau n’a pas choisi son boucher, mais plutôt un fermier bien disposé à son égard.

A la lumière des destinées réservées aux accords tripartites, aux différentes mutineries pour des sous et du riz …, par la suite de la calamité issue du semblant de cohabitation entre le gouvernement dit de consensus et de l’administration présidentielle, on a le droit de se demander si les aspirants à bord du «gouvernement de large ouverture» se sont entourés de gilets de sauvetage pour ne pas se faire le même sort malheureux que leurs devanciers.

Les je-voudrais-faire-partie du dit gouvernement ont-ils posé des conditions ou des garde-fous pour leur participation ? Car, je reste convaincu que, si rien ne change des conditions actuelles, le naufrage du canot (du pouvoir gouvernemental) n’est qu’une question de temps.

Moussa Bella Barry, Berlin, Allemagne
pour www.guineeactu.com

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Vos commentaires
DIALLO, samedi 14 juin 2008
La réfonte de l`administration en Guinée est difficile.Tous les dirigeants de 1958 à nos jours à l`exception de quelques uns sont des voleurs. C`est l`art de s`enrichir des rihesses du pays qu`ils ont appri. Les politiciens, les intéllos, les militaires sont tous dans un embroglio q`au qu`un citoyen ne comprend.Toutes les associations à l`extérieur, à l`intérieur ne se comprennent pas malgré q`elles aiment toutes la Guinée et disent de sauver celle-ci qui est au bord du gouffre.Chaque guinéen doit s`autocritiquer avant d`accuser les autres pour la Guinée.C`est un pays en danger qui vient de nous et personne ne peut nous l`éviter sauf nous.Nous sommes illusionnés par les diplômés alors que ceux qui n`ont jamais été à l`école ont les plus cultuvés.Chaque jour on apprend!

Dernière mise à jour 25/06/2011 13:53:55
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