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Mon propos, dans cet article, tranchera avec le ton habituel que j’ai toujours voulu mesuré. Cette fois-ci, je hausserai la voix face à la gravité de ce qu’on peut considérer comme la folie de l’un des nôtres. Je dirais, qui fut des nôtres. L’arrogance de Pivi, l’Adjudant illuminé, doit interpeller plus d’un Guinéen. Je m’en fais, humblement, l’écho, pour contribuer, comme d’autres, à contrer ce monstre dormant qui donne des signes de réveil ! Les événements de mai 2008 ont révélé aux Guinéens une autre face cachée de certains concitoyens. A chaque pas franchi vers la démocratie, se manifestent des éléments anti- démocratiques que la démocratie elle-même devra, pour se concrétiser, extirper de son chemin. Des internautes ont fait allusion à Samuel Kenyon Doe et Idi Amin Dada en parlant de l’Adjudant Pivi. Mais, ils ont omis Jean Bebel Bokassa (premier et dernier empereur de Centrafrique) et plus près de nous Rambo. Ce personnage de cinéma qui, sous prétexte de reconstruire, détruit tout. Le personnage qui s’affiche gaillardement sur un site qui l’a interviewé, je dirai, même si j’ai des réserves sur l’article, merci pour cet acte qui nous a permis de savoir à quel point la Guinée est en danger. Ce n’est pas une chanson ni un épouvantail ! C’est une réalité que nul patriote ne doit négliger. Notre pays est plus que jamais à la croisée des chemins. Conté finissant, les uns se disent, nous devons nous positionner. Pour ce faire, aucun prix n’est élevé. D’autres, les plus nombreux (surtout, depuis l’avènement du premier gouvernement dit de consensus), le considèrent désormais comme un paravent. C’est-à-dire, un obstacle des va-t-en-guerres qui veulent mettre le pays à feu et à sang. Les tactiques et les stratégies se font, se défont ; se succèdent au fil des jours. L’une d’entre elles, c’est la mutinerie des semaines dernières. Je dirais, plutôt, moutonnerie ! Il s’agit bien de cela. Ce terme seul peut traduire la naïveté de tous ceux qui se sont mis derrière cet Adjudant. Il n’y a que des esprits passifs ou naïfs pour suivre les idioties défendues par notre illuminé. Mais, il n’y a aucune crainte à se faire. La Guinée a connu d’autres noms, surnoms et sobriquets. Des Rambo, il y en a eus. La ville de Mamou se souvient d’un certain Panival qui y a semé panique, terreur, désolation avant de pousser à l’exil les plus authentiques filles et fils de la ville. Dommage pour les proches. Mais, où est-il passé ce personnage qui fit la terreur de notre pays ? L’illettrisme, le jeune âge et sûrement le manque d’expériences de ce nouveau Rambo à la guinéenne expliqueraient, en partie, son comportement. Se vanter d’être passé par « les écoles les plus criminelles » comme il dit lui-même, est un signe flagrant d’immaturité. Aucune excuse, aucun mot ni regret pour les morts, les blessés, les pillages et autres crimes commis lors des folles journées de mai. Cependant, notre héros se vante et exhibe gris-gris et amulettes. Croit-il plus à leur pouvoir qu’à celui du peuple de Guinée ? Poussant à l’extrême son outrecuidance, l’illuminé jeune-homme menace, « celui qui m’attaque est perdu » lance-t-il. Cri de guerre ou peur voilée ? Une chose est sûre : le personnage fanfaronne plus qu’il n’y paraît. Il se définit en loyaliste, comme s’il y avait deux camps qui s’affrontent. Il omet de nous dire quel est le camp d’en face. S’agirait-il des généraux dont il revendique le limogeage ? Un autre compatriote se demandait qui a vu une armée sans généraux ? La réponse est connue de tous ! Que notre adjudant montre aux Guinéens le deuxième camp ; le camp adverse qu’il combat. Sûrement, il associe aux généraux, le peuple de Guinée lui-même. Il a tué, blessé et saccagé chez les uns et les autres. Il n’y a pas que chez le Général Baïlo, cet homme respecté par plus d’un soldat et par tout un pays. Il y a eu aussi Matoto et autres quartiers de la capitale et de l’intérieur. Il y a eu le Commandant Korka et le Colonel Sampil. Le premier blessé et laissé pour mort. Le second séquestré des jours durant avec, à la sortie, de fausses exigences de sa nomination au poste de Ministre de la Défense. Quel paradoxe ! Le bourreau qui veut gratifier la victime. Il y a eu surtout, les anonymes, morts ou blessés ; les victimes de vols et de viols ! Tous ceux-là qui ne comptent pas aux yeux de Pivi par ce que ce sont des civils. Pour ce farfelu, celui qui n’est pas soldat, n’est pas guinéen. Par conséquent, sa vie est insignifiante. Quelle arrogance ! Relisez, chers compatriotes son interview ! Le plus grand des déséquilibrés ne penserait mieux! Tout cela restera-t-il impuni ? L’adjudant Pivi se pavenera-t-il au Camp Alpha Yaya et à Conakry avec tous ses morts dont il est désormais l’unique comptable ? Ce serait impensable ! Qui peut croire que Lansana Conté est affaibli à ce point ? Ce serait mal connaître l’énigmatique général guinéen ! A mon sens, tout ce qui reste à notre adjudant, c’est de présenter, s’il n’est pas trop tard, des excuses au peuple de Guinée. Qu’il renonce à jouer à ce jeu macabre dont il ignore, tout au moins, je l’espère, le danger. Qu’il oublie voitures, villas, milliards et sacs de riz pour se repentir auprès du peuple ! Qu’il arrête de fantasmer ! Si les Guinéens veulent la fin de l’ère Conté, ce n’est pas pour entrer dans une autre que leur offrirait un illuminé ! Notre énergumène n’a rien d’autre à faire, si ce n’est retrouver les bancs de l’école. Mais, en a-t-il été éjecté, peut-être, par ses velléités de bagarres, de coups de poings, de crocs-en-jambes, de clés de bras et autres ko ? L’Adjudant Pivi a des comptes à rendre au peuple. Les institutions de la République, le futur gouvernement devront faire en sorte qu’il explique ses motivations ; qu’il dévoile ses commanditaires ! Les intellectuels et cadres de l’intérieur doivent dénoncer le comportement du soldat Pivi. Il est impensable qu’on le laisse faire ! Personne ne peut croire que cet homme se soit levé un beau matin pour dire, allez, soldats, suivez- moi ! Je suis votre chef auto- proclamé qui vous rendra vos milliards ! Il y a bien eu quelque part, un aiguilleur, un donneur d’ordre. Celui-ci serait-il en Guinée ou ailleurs ? Ce qui est évident, qui vit la nuit se cache le jour ! Le Président Conté montrera-t-il une fois de plus qu’il est bien vivant et bien au pouvoir ? Si tel est le cas, le pouvoir de Pivi-Coplan-Rambo est compté ! Je ne crois pas, comme le prétendent certains, qu’il soit une marionnette du Général-Président. Négociations pour négociations, il n’y a pas d’armée sans généraux ; il n’y a pas deux pouvoirs, non plus, au sein d’une seule armée ! Notre adjudant serait-il si bien instruit qu’il ignore qu’au dessus de lui, il y a une hiérarchie ? Qu’au sommet de cette hiérarchie, c’est Conté qui est le Général en Chef ? Que les Guinéens n’ont pas envie de vivre les affres du Libéria des années Doe ? Les crimes de Bokassa et d’Idi Amin ? Que la Guinée, c’est une terre de paix ! En dépit des difficultés du moment et des divisions inhérentes à tout pays, notre peuple forme une entité qui prie, depuis le PDG, pour la paix ! Enfin, l’Adjudant Pivi n’est rien d’autre qu’un instrument de guerre ! Un outil commode fabriqué pour une cause bien définie ! Que celle-ci réussisse ou échoue, il est un homme du passé. Pour ne pas dire en sursis ! Il n’y a aucune chance qu’il bénéficie de son combat ! Que dis-je ? De son arrogance ! Lamarana Petty Diallo, Rédacteur en Chef de kibarou.com
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