vendredi 18 avril 2008
Kuma, Kora et Kola à Aimé Césaire
Aimé Césaire

Aimé Césaire était un Nègre fondamental, comme il aimait à se définir, lui-même, qui a eu des rapports presque filiaux avec la Guinée depuis 1958. Il a ainsi chanté toutes les villes, les éléments cosmiques, naturels et surnaturels, les actions, les pensées et les penseurs politiques et culturels de ce "plus essentiel pays restitué à ma gourmandise". En pensant à ma Guinée natale en tant qu'exilé, j'entends Aimé Césaire en train de souffrir dans l'accouchement de ces vers de son Cahier d'un retour au pays natal : "La terre où tout est libre et fraternel ma terre... Je viendrai à ce pays mien et lui dirai : "Embrassez-moi sans crainte... Et si je ne sais que parler, c'est pour vous que je parlerai." Tel est le destin de nombre de transfuges dans le monde et notamment des Africains.

Ce valeureux fils de l'Afrique, qui avait conscience de son appartenance à la Guinée et dont il était l'un des plus grands défenseurs dès 1958 n'a pas cessé de regarder l'évolution de ce pays du fond des yeux. Je crois même qu'il aurait dit : "Quand je pense à ce qui est fait à... l'Afrique, je saigne du coeur". Pour Césaire, l'Afrique commençait par des pays qui avaient osé rompre les chaînes de la colonisation d'abord (...) 

Dans le sillage de ce maître à penser, beaucoup de jeunes de ma générations, dans leur exil, ont choisi de prendre à bras le corps les exigences du vieux KUMA TIGUI africain en faisant de sa grande parole un acte de foi : "Ma bouche sera la bouche des malheurs qui n'ont point de bouche, Ma voix, la liberté de celles qui s'affaissent au cachot du désespoir".

Mais c'est en face des évènements qui monstrueusement bouleversent le monde, tels que le racisme, que la puissance d'analyse et d'indignation de l'homme Césaire reste originale et exemplaire. On parle d'ailleurs de l'homme universel à ce sujet. Ne dit-il pas : "...Nous sommes des noirs et nous voulons avoir aussi notre place dans les trains que vous exaltez : le train de la liberté, le train de l'égalité, le train de la fraternité..." Ce devait être le slogan, en mars et avril 1959 à Rome, du 2è Congrès des écrivains et artistes noirs. Aimé Césaire était la voix la plus éloquente en cette période de décolonisation pour la libération des peuples.


Djély K. Samoura
Aujourd'hui, en tant qu'Africain, ayant porté en permanence Césaire en moi, je souffre de son départ ! Oui, "Le ciel bâille d'absence noire", avait-il écrit dans "les armes miraculeuses".

Toutefois, il nous a livré d'autres secrets qui nous permettent aujourd'hui et pour demain, de traquer la langue maléfique de la nuit et du racisme.

Lisez et relisez donc, cette Déclaration des Africains de Suisse et de France voisine contre le racisme pour comprendre que le plus bel hommage à Aimé Césaire était de crier, dans son sillage : Non à l'Ombre ! que voici.

Djély Karifa Samoura pour www.guineeactu.com

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Vos commentaires
BAH, samedi 19 avril 2008
Je comprends l`émotion de SAMOURA en de telles circonstances. Mais faut pas trop pousser en ce qui concerne les sentiments de AIME CESAIRE vis-à-vis de la Guinée de 1958 donc celle de TOURE SEKOU. Très tôt, le chantre de la négritude a perçu le personnage réel du 1er président guinéen. Celui-ci n`a jamais réussi à accéder à la sphère intellectuelle et politico-philosophique des CESAIRE ET SENGHOR. J`ai beaucoup de sympathie pour DON SAMOURAI W...et cela date de plus de 30 ans et c`était à BOUAKE.

Dernière mise à jour 25/06/2011 13:53:55
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