mardi 29 janvier 2008
Kouyaté est il condamné à partir ?
Lansana Kouyaté

Le Premier ministre Lansana Kouyaté est sorti affaibli du bras de fer qui l’oppose au Président Lansana Conté, et dont la première victime fut Justin Junior Morel, ancien ministre des Nouvelles Technologies de l’Information et de la Communication (NTIC), qui s’est vu évincé, sans autre forme de procès. A l’allure ont vont les choses dans l’entourage présidentiel, impliquant certains dirigeants de partis politiques de l’opposition, l’ on pourrait affirmer aujourd’hui, sans risque de se tromper, que les jours du PM sont comptés.

La tenue du Conseil ordinaire des ministres mercredi dernier est perçue par une grande partie de l’opinion comme un signe de dénouement de la crise qui sévit au sommet de l’Etat. En effet, en acceptant de s’asseoir à la même table que le nouveau ministre des Nouvelles Technologies de l’Information et de la Communication (NTIC), Issa Condé, Lansana Kouyaté a non seulement légitimé cette nomination, mais aussi et surtout fait preuve d’impuissance face au rouleau compresseur que constitue le Président de la République. Celui-ci a donc réussi un grand coup dans ce bras de fer qui continue de faire couler beaucoup d’encre et de salive, et qui a failli replonger le pays dans l’abîme. Car les syndicats avaient lancé un avis de grève générale illimitée pour le 10 janvier, vu la détérioration du climat entre la Présidence et la Primature, et dont les conséquences ne pouvaient que déboucher sur un  blocage dans le fonctionnement des affaires de l’Etat. Il a fallu d’âpres négociations pour parvenir à un accord entre l’Intercentrale CNTG-USTG, élargie à l’ONSLG et à l’UDTG, le Conseil national du patronat guinéen (CNPG), les Institutions Républicaines et les confessions religieuses, afin que les populations ne revivent pas les scénarios catastrophes de janvier et février 2007. Les  différentes parties ont promis d’œuvrer  sans délai avec le gouvernement à l’amendement du décret de restructuration No 041 du 05 décembre 2007, de rendre plus opérationnelle la structure de veille constituée par les autorités religieuses, et de procéder entre autres à l’enquête sur les tueries et les exactions commises lors des événements de juin 2006 et de janvier et février 2007.

Après donc cette tempête politique qui n’a, hélas, pas causé de dégâts, le gouvernement de Lansana Kouyaté s’est remis à la tâche, sans avoir réussi à rapporter le décret de limogeage du porte-parole du gouvernement dont le renvoi a ému une partie de l’opinion étant donné qu’il n’a fait qu’exécuter des ordres émanant du PM, en niant l’authenticité du discours du président de la République, à l’occasion du nouvel an. Le fait de n’avoir pas jeté l’éponge a conforté les détracteurs de Lansana Kouyaté dans l’idée que le Premier ministre est prêt à subir toutes les humiliations pour sauver son strapontin. Ceux qui pensent qu’un limogeage du PM pourrait provoquer des soulèvements se trompent aujourd’hui lourdement. C’est en tout cas l’avis de la plupart des  jeunes gens vivant dans les quartiers chauds de Conakry, à savoir Bambeto, Koloma et Cosa. Ceux là mêmes qui ont été à l’avant-garde des événements de janvier et février 2007.

Déjà, les rapports entre l’Inter centrale qui était censée servir de garde-fou au PM se sont refroidis au fur et à mesure que le temps passe. Et Rabiatou Sera Diallo et ses camarades l’ont fait savoir dans une lettre ouverte adressée à Lansana Kouyaté le 3 juillet 2007.

Une lettre dans laquelle les syndicats ont rappelé ces propos tenus par le PM, lors d’une visite qu’il avait effectuée à la Bourse du Travail : « Je suis votre fruit …je ne ferai rien sans consulter le syndicat et  je travaillerai avec l’Inter centrale.» Et qui selon eux n’ont jamais été respectés. Comme l’a dit Démosthène, « Songez bien que les paroles qui ne sont suivies d’aucun effet, sont comptées pour rien.»

Depuis sa nomination Lansana Kouyaté multiplie les couacs. C’est ainsi qu’il a recyclé des cadres de l’administration du territoire, qui se sont illustrés par leur mauvaise gestion quand ils étaient auparavant aux affaires. Sans oublier l’insécurité grandissante dans nos villes et villages, que les services de sécurité mal équipés et insuffisants en nombre, ont du mal à endiguer. Tous ces aspects ne jouent pas en faveur de Lansana Kouyaté. Les partis politiques eux, seraient d’ailleurs pour un départ du Premier ministre, qui les avait ignorés lors de la composition de son gouvernement en mars  2007.  C’est ainsi qu’ils multiplient les réunions pour préparer un plan de sortie de crise, qu’ils soumettront au Président de la République très prochainement. La rencontre qui s’est déroulée récemment à l’institut de Gorée, à laquelle avaient pris part plusieurs organisations de la société civile, s’inscrit aussi dans cette optique. De toutes les façons le dernier mot reviendra au Chef de l’Etat, qui jugera de l’opportunité de garder son PM ou de le remercier. 

Dian Baldé

Source : Journal le Démocrate, Conakry, partenaire de guineeactu.com

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Vos commentaires
MODYBHOYE, mercredi 30 janvier 2008
LE PAYS IMPORTE PEUT [DEVENIR EX PREMIER MINISTRE OU MINISTRE DU FUTUR GOUVERN ET MENT / EX PREMIER DES MISERRABLES,J M G tu dois etres en paix aumoins ;car tu es a l,abris des insomniessssssssssssss [je veut dire decrets ]

Dernière mise à jour 25/06/2011 13:53:55
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