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Suite au départ du 19e et dernier convoi des pèlerins guinéens pour la Mecque, le Secrétaire général des Affaires religieuses Dr. Koutoub Moustapha Sano nous a expliqué les raisons du succès de ce tour aller.
L’Indépendant : Le dernier convoi de pèlerins guinéens a quitté Conakry ce 17 novembre. Quelle situation pouvez-vous nous dresser de cette phase allée du Hadj 2009 ?
Dr. Koutoub Moustapha Sano : Par la grâce du Très haut, la situation de gestion de ce hadj 2009 est globalement satisfaisante. Nous n’avons enregistré aucune difficulté majeure. Par la volonté de Dieu, on a pu atteindre les 98% des objectifs que nous nous sommes assignés depuis le début de ce pèlerinage. Cette année, nous avons voulu un pèlerinage réussi, modèle et exemplaire. Cet objectif a été réalisé, tout au moins pour ce départ des pèlerins. Nous avons eu vraiment un début de pèlerinage digne. Le respect de la dignité des pèlerins a été de mise. Ils ont été traités avec respect et considération. Cette fois-ci, les pèlerins n’ont pas connu de bousculades, d’indiscipline, de retard bref de souffrances inutiles. C’est dans une véritable atmosphère de convivialité que les pèlerins ont attendu chacun ici, au Centre islamique de Donka son tour de départ. L’harmonie était telle qu’ils se croyaient chacun dans sa famille. Avec le temps, nous avons transformé le défi que nous nous sommes lancés en de véritable succès. Si par le passé, les pèlerins faisaient 48 heures avant d’effectuer le départ, cette fois, nous avons pu limiter cela à seulement 8 heures d’attente. Juste le temps pour eux de remplir les dernières formalités. Ce qui a fait que le pèlerin, une fois à l’aéroport, n’avait plus qu’à embarquer dans l’avion. Nous avons mis tout en œuvre pour éviter les fraudes, le favoritisme, l’ethnocentrisme. Dieu merci, vous ne rencontrerez aucun pèlerin qui se plaindrait de ces cas. La programmation des pèlerins se faisait en fonction de leur versement. Ce qui revient à dire que tous ceux qui ont dû verser leur argent les premiers, ont été aussi les premiers à être embarqués. Et ceux qui ont attendu la fin pour verser l’argent, ont été les derniers à partir. Tout le long de nos préparatifs, cinq grandes valeurs cardinales ont dicté notre conduite ici au Secrétariat Général aux Affaires Religieuses. A savoir: la discipline, la transparence, la synergie, l’efficacité et l’esprit d’équipe. Nous avons pu faire nôtres ces vertus et les traduire en acte. Par rapport à la discipline par exemple, le régime qu’on s’était imposé a été particulièrement rigoureux. Cela à prévalu sur toute la ligne, de la convocation au départ. Nous avons aussi bénéficié de la jeunesse et du dynamisme de l’équipe qui avait en charge la gestion du Hadj. Il y avait même parmi eux par elle des stagiaires. Car, j’ai toujours cru que c’est en formant les jeunes et en leur donnant l’opportunité de s’exprimer qu’ils deviennent utiles pour la nation. Nous avions exigé que tout se passe dans la plus grande transparence possible. Nous n’avons le droit de cacher quoi que ce soit. Tout devait se passer de façon transparente. Pour l’efficacité, nous avons tenu à ce que le Centre islamique de Donka qui était le centre d’accueil des pèlerins avant leur départ soit propre et véritablement accueillant. La collecte des informations et la confection des passeports ont bénéficié d’une prestation informatique impeccable. La gestion du transport des pèlerins de Donka à l’aéroport jusque dans l’avion n’a souffert d’aucun amateurisme.
Avec ce niveau appréciable des préparatifs, est-ce qu’il est possible de connaître quelques statistiques liées à ce hadj 2009 ?
Selon les estimations que nous avons faites, le nombre de candidats au pèlerinage de cette année est dans l’ordre de 5000 à 5500 pèlerins. Nous avons estimé que ce nombre est suffisant. Avec ce nombre, on s’est proposé que le pèlerin ne doit pas payer son uniforme, son badge, les vaccinations voire la confection du passeport. Toutes ces démarches nous revenaient. Le temps de remplissage des formalités de départ ne devait pas excéder 7 à 8 heures. Ce qui prenait en considération la durée que devait mettre un pèlerin qui venait du pays profond. Nous avons tenu à ce que la salle polyvalente qui servait de salle d’accueil soit propre, climatisée, bien équipée, répondant aux besoins des pèlerins. Grâce à la qualité de l’organisation, je crois que les moments qu’ils ont passés en notre compagnie seront pour eux des instants fort inoubliables et agréables. Sur le plan des données chiffrées, nous avons disposé d’un budget qui nous a permis de réaliser tout ce qu’on avait à faire.
En termes de liquidité, d’argent, le coût de l’organisation de ce hadj 2009 s’élève à combien de Francs Guinéens ?
Nous avons agi en sorte que l’Etat ne soit pas trop dépensier. Nous avons tout simplement demandé à ce que nous soit mis à disposition par l’Etat un budget de fonctionnement. Il a été donc prévu qu’une partie de ce budget soit amputée pour faire face aux préparatifs et l’autre partie devrait être utilisée en Arabie Saoudite. Cette requête auprès de l’Etat a été satisfaite. Et aucune demande de rajout n’a été exprimée.
Au jour d’aujourd’hui, peut-on donc dire que tous les pèlerins inscrits ont pu tous partis ?
Aucun pèlerin régulièrement inscrit n’est, à ce jour resté, à Conakry. Je suis monté en personne à bord de l’avion en compagnie du dernier pèlerin ce soir (mardi 17 novembre 2009, ndlr). Ils sont tous partis de Conakry dans les conditions les meilleures comme on le souhaitait. Aucune fausse note ni anomalie empêchant qui que ce soit d’effectuer le départ pour son pèlerinage à la Mecque n’a été enregistrée. J’étais présent à l’aéroport tous les jours pour assister personnellement avec le délégué général au départ du vol transportant les pèlerins. J’ai donc accompagné tous les 19 convois. Je pense que grâce à Allah, nous sommes en train de laisser des souvenirs à la fois honorables et mémorables dans les annales du hadj dans notre pays. Il y avait une très bonne animation ici au Centre islamique de Donka tous les jours jusqu’au départ du dernier pèlerin. Et je formule le vœu pour qu’ils accomplissent avec succès leur devoir sacré et religieusement conformément aux prescriptions du saint Coran aux lieux saints du pèlerinage. En arrivant aux affaires, j’ai promis au chef de l’Etat, le capitaine Moussa Dadis Camara d’organiser cette année un pèlerinage digne pour nos compatriotes, frères et sœurs en islam. Ce pari, ce challenge a tendance à se matérialiser grâce à Dieu, à l’appui et à la confiance du président Moussa Dadis Camara. Nous avons adopté une gestion moderne, innovante, basée sur les valeurs cardinales que j’ai tantôt évoquées. Après chaque départ d’un convoi, on se retrouvait entre nous pour pouvoir tirer les leçons de cette journée, évaluer ce qui s’est passé et mettre à jour les difficultés rencontrées pour éventuellement prendre par la suite les mesures idoines pour corriger ces insuffisances et imperfections identifiées. L’engagement, la fraîcheur, la volonté de réussir qui prévalaient au sein de l’équipe qui m’entourait est à saluer ici au nom du président de la République, le capitaine Moussa Dadis Camara.
Est-ce que ce sont les mêmes qualités d’organisation qui sont réservées aux pèlerins pendant tout leur séjour en Arabie Saoudite ?
Nous avons mis en place comme à l’aller le même système d’organisation tout en prenant en considération les réalités de l’autre côté. C’est le cas du paiement des pécules des pèlerins à la Mecque. D’ordinaire, on va chercher les pèlerins à leur résidence pour leur payer les pécules. Cette fois-ci, ils n’ont pas besoin de faire cela. Selon le nouveau système qu’on a adopté, les pèlerins entraient en possession d’une partie de leurs pécules depuis les bus qui les transportent pour l’aéroport de Conakry. C’est la même stratégie qui reste valable à leur arrivée à la Mecque. Une fois descendus de l’avion, à l’aéroport, avant d’entrer à leur hôtel, déjà dans le bus, il y a sur place une commission qui paie l’autre moitié. Cela nous a beaucoup facilité le travail. Sinon par le passé, il y avait des pèlerins qui restaient sans percevoir les pécules qui leur revenaient de droit. Parallèlement à cela, cette année, nous avons prévu de mettre à la disposition de chaque groupe de 50 pèlerins, un guide. Certes, nous reconnaissons volontiers que les guides n’ont pas tous le même niveau, la même efficacité. Il y en a parmi eux qui sont au dessus de la moyenne. Ils font des prestations satisfaisantes. Par contre, d’autres n’offrent pas les mêmes qualités de service. Mais dans l’ensemble, nous avons sélectionné des guides de niveau acceptable. Nous avons recruté sur place des guides locaux. C’est-à-dire des étudiants guinéens qui vivent depuis longtemps en Arabie Saoudite là-bas et qui maîtrisent parfaitement bien le terrain. Ces jeunes guides sur place, vont assister leurs collègues venus de Conakry. Parce que la synergie est l’une de nos devises. Nous sommes en contact permanent, pour ne pas dire que tous les jours que Dieu fait je suis informé minutes après minutes de ce qui se passe de l’autre côté en Arabie Saoudite. Bientôt, c’est-à-dire le jeudi à venir, Inch Allah, je les rejoindrais pour continuer à suivre moi-même l’évolution et l’encadrement sur place à la Mecque.
Votre département a-t-il pris des dispositions sanitaires pour prévenir la grippe H1N1 au niveau des pèlerins guinéens à la Mecque ?
En pareille circonstance, notre partenaire direct a toujours été le ministère de la Santé publique. A cause de cette menace, tous les pèlerins, sans exception aucune, ont été obligés de faire 3 vaccinations différentes. Ce qui correspond à l’administration d’une dose de 3 vaccins distincts à chaque pèlerin. Contre la grippe H1N1, je crois bien que jusqu’à présent, il n’y a pas de vaccin approprié mis à jour par des laboratoires. Nous avons tout de même mené des sensibilisations auprès des pèlerins par rapport aux moyens de contagion de ce virus, et, ce qu’il faut pour se protéger contre en cas de manifestation de la maladie pendant le pèlerinage. Quoiqu’il arrive, nous nous transportons tous sur un même endroit que nous convenons tous d’appeler les lieux saints du pèlerinage. J’espère que par la grâce de Dieu, tout se déroulera, à souhait, bien.
Ces jours-ci, des informations parues dans la presse faisaient état d’une immixtion du président Dadis dans le cours du pèlerinage en vous demandant de prendre un certain nombre de candidats à son compte. Qu’en est-t-il exactement?
Cela est exact. Il a été convenu et, ce, sur demande expresse du Président comme cela est devenu d’ailleurs une bonne coutume chez nous depuis Ahmed Sékou Toure, le Président Conté, que certains sages, imams soient envoyés à la Mecque pour qu’ils s’acquittent de ce cinquième pilier de notre religion chaque année. Le président Dadis ne pouvait déroger à cette loi. Sur son instruction donc, ces personnalités et notabilités vont partir.
Interview réalisée par Amara Moro Camara L’Indépendant, partenaire de www.guineeactu.com
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