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Après avoir délimité les frontières des Etats africains d’aujourd’hui, la France vient d’accoucher un Kouchner qui veut être désormais le garde frontière de la Guinée. En cela, il préconise d’empêcher le retour de son Président, hospitalisé depuis trois semaines au Maroc.
Humanitaire trouble, agité et troublant, le transfuge du Parti socialiste a perdu sûrement la tête si bien que sa mémoire deviendrait oublieuse ou amnésique pour traiter la crise guinéenne avec la précipitation dans le mensonge. Or les conclusions hâtives des faits sociaux dans l’histoire des sociétés humaines ont très souvent causé plus de torts aux populations que de solutions réelles et positives.
L’agitation puérile de l’urgentiste françafricain, Bernard Kouchner ne peut nous étonner. Il suit une logique qui consiste à asseoir un pouvoir félon en Guinée.
A défaut, il veut plonger la Guinée dans la guerre civile et tribale ? Le voilà qui tente de reproduire le funeste et macabre rôle qu’il a joué au Kosovo, en Serbie et à ailleurs. C’est pourquoi il n’est pas inutile de lui rappeler sa propre histoire.
Quelle est celle-là ?
Après 1789, la Révolution Française mangea ses géniteurs : Robespierre, Danton et les autres sous le couvert du mensonge. Sous la guillotine, la plupart des révolutionnaires virent leur tête s’envoler parce que les acteurs politiques et publics de l’époque convinrent d’apporter des réponses mensongères et hâtives, donc précipitées aux questions cruciales qui se posèrent dans la société française. Cette course de vitesse permit, plus tard, à Napoléon de se saisir de la gouvernance de la France. Nous savons la suite.
Tout récemment, avec la précipitation enrobée dans un tissu de mensonges, Bush chargea Saddam Hussein. Autrefois brillantes culture et civilisation, Etat démocratique de la région persique, l’Irak est aujourd’hui en ruine. Le lobby américain a pompé et continue à pomper son or noir au milieu d’un peuple vivant dans et de mort.
C’est bien ce schéma que Kouchner veut renouveler en Guinée, après l’échec de l’assassinat du Président patriote, le Capitaine Dadis, dont il ne serait pas exagéré de supposer sa complicité ?
Les Guinéens patriotes doivent dénoncer la manipulation grossière et grave du « Docteur-la-mort » qui a allumé les foyers de guerre dans les Balkans. Cela est encore tout frais dans la mémoire des peuples. Il y a aussi le génocide Rwandais à ne pas oublier !
Refusons, Guinéens l’appel à la guerre civile de Kouchner dont la prise de position trop partiale en ces moments cache très mal le souhait de rentabiliser la mise de la françafrique sur la Guinée via sa dite opposition politique. Il faut le dire : dès 1958, la France foccardienne a investi dans le soutien aux opposants politiques guinéens contre Sékou Touré en escomptant tirer le maximum de profits, une fois que ceux-ci accèderont au pouvoir. Mais voilà que la prise de pouvoir par de jeunes patriotes éloigne la réalisation de cette stratégie. Donc, il faut accabler les nouvelles autorités guinéennes. Telle est la signification de la scandaleuse prise de position de la « France de Kouchner.»
Disons à Kouchner et ses semblables qu’ils méconnaissent la Guinée. Que notre pays reste et demeurera celui de Samory Touré, Alpha Yaya Diallo, N’Zébéla Togba, Dinah Salifou…de Sékou Touré, Lansana Conté et maintenant de Dadis Camara. Rappelons-le lui que le 28 septembre 1958 est gravé dans la mémoire collective et dans la conscience de la majorité des Guinéens qui tiennent leur dignité humaine.
Alors résistons et déclarons-lui qu’il n’aura pas de transfuge parmi les dignes fils et filles de Guinée. Pour cela, rejetons avec fermeté la lâcheté de tous ceux qui prônent la guerre civile dans notre pays en essayant machiavéliquement d’opposer ses ethnies comme le laisse aussi transparaître le rapport de la commission internationale de l’ONU.
Paris 23 décembre 2009
Jacques Kourouma
www.guineeactu.com
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