|
Le président de la transition en Guinée, le général Sékouba Konaté, a fait ses adieux solennels à l'armée, en lui demandant "d'accompagner" dans sa mission le nouveau président élu, le civil Alpha Condé, dans un discours retransmis jeudi par la radio et la télévision nationale.
L'officier a par ailleurs annoncé qu'il devrait prochainement repartir à l'étranger "pour raisons de santé" et se "rendre à l'Union africaine", qui l'a chargé de mettre en place la future "Force africaine en attente".
"Je vous rappelle que l'armée est apolitique. Je vous invite donc à soutenir et à accompagner le nouveau président dans sa mission", a déclaré le général, devant les corps de l'armée, de la gendarmerie et de la police réunis mercredi pour une cérémonie au camp Boiro.
"Nous avons fait ce que nous avions promis: pour la première fois de l'histoire de notre pays, donner la chance et l'opportunité aux Guinéens de choisir librement leur président", a déclaré le général, après 26 ans de régimes militaires.
Sékouba Konaté avait été l'homme-clé de la prise du pouvoir par l'armée fin 2008 à Conakry, après la mort du général-président Lansana Conté (1984-2008). Ministre de la Défense de la junte, il avait été chargé en janvier de diriger le pays par intérim, après la mise à l'écart du chef de la junte, Moussa Dadis Camara, grièvement blessé lors d'une tentative d'assassinat fin 2009.
"Je dois repartir pour continuer à suivre mon traitement médical, pour recouvrer la santé et l'énergie", a par ailleurs déclaré le général Konaté, rentré le 12 décembre à Conakry, après avoir passé plus de deux semaines au Maroc. Il a expliqué qu'il avait dû revenir "plus tôt que prévu pour installer officiellement" le président élu dans ses fonctions.
La date de cette investiture n'a pas encore été officiellement annoncée. Elle pourrait avoir lieu la semaine prochaine.
Au futur président Alpha Condé, Sékouba Konaté a recommandé "d'inscrire dans ses priorités la résolution des problèmes" de l'armée.
Les partenaires de la Guinée - les Etats-Unis, l'Union européenne, etc. - se sont engagés à accompagner cette réforme de l'armée. La Guinée consacrait jusqu'à présent un tiers de ses dépenses pour son armée aux effectifs pléthoriques et très mal formés.
Le général a cependant, de nouveau, insisté sur l'idée que l'armée guinéenne pouvait à présent être "fière" d'elle-même, après avoir été "montrée du doigt à cause de certains actes contraire à sa mission". Une allusion à toutes les exactions commises ces dernières années et au massacre qui avait fait plus de 150 morts à Conakry le 28 septembre 2009, quand il était lui-même ministre de la Défense.
"Nous pouvons relever la tête maintenant et partout. Nous avons montré que l'armée dans sa grande majorité était acquise à la démocratie", a-t-il assuré.
16 décembre 2010
AFP
www.guineeactu.com
|