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Alors que le suspense est de plus en plus intenable avec la publication partielle des résultats provisoires de la présidentielle, le président de la transition, lui, s’en va au Maroc pour des soins médicaux, selon une source officielle. Il laisse derrière lui un pays sous haute tension ethnique.
Entre les peuls et les malinkés c’est désormais le "Je t’aime, moi non plus" et ce depuis les supposées intoxications des militants de l’Arc-en-ciel par, dit-on, les partisans de Cellou Dalein Diallo. Conséquences : chasse au faciès à Kouroussa, Siguiri et Kankan. Les peuls indésirables rejoignent aux forceps leurs racines en Moyenne Guinée. Il n'y a point eu de représailles. Depuis, les deux communautés sont en chiens de faïence. Le scrutin du dimanche dernier s’est enfin tenu. Les résultats commencent à tomber. Et contrairement aux pourcentages du premier tour, les photos que renvoient le deuxième tour ne semblent pas pour le moment satisfaire un camp dont les accusations contre une autre communauté ayant massivement voté pour l’un des deux finalistes font actuellement rage. En d’autre terme, entre soussou, malinkés et peuls, ce n’est plus les atomes crochus. La tension est bien palpable. El tigre en est conscient. De ce fait, a-t-il donné des consignes pour désamorcer complètement la crise (les déplacés de la Haute Guinée, les intoxiqués de l’Arc-en-ciel, etc.) avant son probable retour ? Il est malade, nous dit-on et doit se faire suivre au Maroc par des spécialistes. Pour combien de temps encore ? Qu’est-ce qui pourrait advenir à son pays lors de son absence ? Combien de temps durera la tension entre communautés ? Comment sera fait l’après élection avec les premières contestations enregistrées ? Que d’incertitudes et de suspens qui pourraient manifestement éloigner Sékouba Konaté de son pays. Vu ses tentatives d’abandon du pouvoir faute d’issue négociée entre acteurs politiques. Mais aussi de grandes décisions de sa part pour calmer les ardeurs et les rancoeurs entre communautés d’un même destin.
Pour ainsi dissuader ceux qui pensent déjà que le président Konaté se dérobe avec ce voyage mal placé, Tibou Kamara est quant à lui apparu à la télévision nationale pour rassurer de l’urgence du rendez-vous au Maroc. Fait bien inédit et étrange qui pousse à se poser nombreuses questions sur l’opportunité du voyage présidentiel. Pour certains, il n’y a pas de péril en la demeure, donc El tigre peut aller où il veut avec les fermes consignes données à qui de droit. Pour d’autres, à l’analyse des rencontres au pas de course avec la hiérarchie militaires et les conseils et orientations donnés, il y a de l’eau dans les gaz. Soit ! Ce qui est sûr, les Guinéens sont blasés de l’attentisme et de la longue souffrance physique et morale qui leur sont imposés. Une nouvelle ère doit enfin souffler. Avec, bien entendu, une démocratie véritable. C’est déjà assez !
Thierno Fodé SOW
www.guineeactu.com
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