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La gestion calamiteuse des affaires publiques pendant la transition fait encore grincer les dents tant et si bien que c’est presque la guerre latente entre Sékouba Konaté et son petit Tibou Kamara contre le nouveau président de la République, Alpha Condé. Et pour cause : environ 2 800 milliards GNF ont disparu des caisses de l’Etat. Cette somme astronomique a ainsi créé des bisbilles entre ces trois personnalités.
Konaté, « bouc émissaire d’une situation de crise »
La semaine dernière, Tibou était l’invité d’Africable. Il s’est tout d’abord mué en défenseur de son mentor Sékouba Konaté, tout en égratignant le pouvoir en place. « Je ne dis pas que l'œuvre de la transition a été parfaite, que tous les acteurs ont été irréprochables mais je dis que l'œuvre qui a été accomplie mérite respect et reconnaissance surtout à ceux à qui, elle a beaucoup plus profité, à savoir le régime qui est actuellement en place. »
A sa suite, Sékouba Konaté, lui, s’est dit plutôt déçu des accusations portées contre lui, avant de tirer la couverture sur lui et en même temps d’incriminer les « différents régimes et gouvernements successifs. » Selon El tigre, comme on l’appelle au pays, aujourd’hui il est mal récompensé mais surtout il «sert de bouc-émissaire à une situation de crise qui n’est pas que la seule conséquence de mon passage à la tête de l’Etat comme on voudrait le faire croire. »
Abus de biens sociaux et complicité tacite
Jusqu’où iront donc les compagnons de Jean-Marie Doré dont les agissements ont illicitement enrichi des hauts commis de l’Etat ? Nous en voulons comme illustrations : Une voiture sortie d’usine, une parcelle assainie à Kagbélen, 500 millions GNF pour chaque ministre de la transition. A cela, il faudrait ajouter la prise effective en charge de tous les anciens ministres par les Finances, car ils deviennent tous ou presque fonctionnaires de l’Etat. Sans compter les indemnités post-stade du 28 septembre.
Cela s’appelle sous certains cieux, abus de biens sociaux. Mais chez nous, ça s’appelle "ma part du gâteau". Deux questions restent cependant posées : Qui a entériné cette politique de bonus initiée par JMD et compagnie ? Peut-on s’attendre à des poursuites judiciaires ? Pour l’heure, les ex-ministres Aboubacar Sylla, leader de l’UFC, et Mouctar Diallo, leader des NFD, ont dit à qui veut les entendre que le fameux bonus a été garanti par Alpha Condé. Et c’est certainement à cause de cette farce que Tibou Kamara a dit : «On ne peut donc pas dire d'un côté que le régime est mal géré, le vouer aux gémonies, et en même temps prendre ceux qui ont été à des postes sensibles, notamment aux postes de gestion, pour les reconduire dans un gouvernement». Qu’on arrête alors de nous distraire et qu’on fasse en sorte qu’on démêle l’écheveau.
L’œil de Guineeactu.com
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