mercredi 3 février 2010
Komara s’en est allé comme il est venu
Kabinet Komara

La semaine dernière, nous avons assisté à la passation de service entre le Premier ministre sortant Kabinet Komara et son successeur Jean Marie Doré. C’était dans la soirée du mardi 26 janvier, dans la salle des congrès du Palais du peuple, devant une masse compacte de toute la composante de la société guinéenne : gouvernement, partis politiques, syndicats, société civile, partenaires au développement, système des Nations Unies en Guinée, presse nationale et étrangère.

A l’occasion de cette cérémonie, le Premier ministre sortant a prononcé un long discours axé sur les actes posés par son gouvernement. Pour Komara, son passage à la tête de l’Etat pendant plus d’année a connu la mise en œuvre de quelques chantiers que son successeur se doit de poursuivre. C’est pourquoi dans son intervention, Kabinet Komara a tenu à énumérer ces chantiers en cours de réalisation. Il s’agit entre autres de la conduite de la transition devant aboutir à l’organisation d’élections libres et transparentes, la réconciliation nationale, avec tout ce qui s’est passé suite aux massacres du 28 septembre. Des événements qui ont affecté le tissu social, d’où la nécessité d’amener les Guinéens à parler d’une même voix.

Autre chantier à bâtir, est celui du rétablissement des relations bi et multilatérales avec la communauté internationale. Cette reprise des relations avec la communauté des bailleurs de fonds est d’autant nécessaire que la Guinée a sérieusement besoin de l’apport extérieur pour consolider ses avoirs afin de sortir de la crise.

Ainsi, il faudra avoir nécessairement l’appui financier de la communauté internationale pour financer la tenue des prochaines élections qui auront lieu dans six mois, selon l’accord de Ouagadougou.

Komara a fait aussi cas de la création de l’emploi pour les jeunes cadres qualifiés. Car selon des statistiques, la couche juvénile est touchée à plus de 60% par le chômage chronique. Dans le lot, les jeunes diplômés des universités et des écoles professionnelles constituent plus de 70% de ces chômeurs.

La création d’un fonds de développement avec un appui financier de la Banque africaine de développement BAD, doit prévaloir dans cette création d’emploi pour la couche juvénile. Les besoins chiffrés dans ce sens ont été estimés par le Premier sortant à 16 milliards de francs guinéens.

A cela il faut ajouter un important projet de riziculture, avec des partenaires qui comptent s’investir dans l’amélioration de la production du riz.

Une denrée que la Guinée est obligée d’importer à grands frais, ce malgré ses potentialités agricoles, avec des milliers d’hectares de terres cultivables dont la mise en valeur pourrait épargner au pays de dépenser des millions de dollars dans l’achat de riz asiatique, tous les ans.

Komara dans son discours n’a pas manqué de toucher au secteur minier qui génère l’essentiel des ressources dont dépend la Guinée.

Il a ainsi cité en exemple la révision du contrat d’exploitation passé avec la Compagnie des bauxites de Guinée (CBG).

D’après Komara, la CBG versait dans les caisses de l’Etat guinéen une modique somme d’un million de dollars par an, jusque dans un passé récent.

Ce qui d’après lui, représentait plus de 3,8 milliards de dollars USD de pertes durant toutes les 40 ans d’exploitation de notre bauxite par ladite société. Cette recette serait ainsi trop faible aux yeux de la junte qui a exigé une révision des contrats y compris celui signé avec la CBG, afin que toutes les parties y trouvent leurs comptes.

Ce qui fut fait, puisque la société n’a pas opposé un refus face à la mesure qui visait le partage de la chose commune que sont les retombées financière tirées de l’exploitation de la bauxite guinéenne. Après donc la révision, il a été arrêté que désormais la CBG verserait un milliard de dollars par an à l’Etat guinéen. Ainsi d’un million de dollars par an, on passe à un milliard par an. Cela dénote le caractère frauduleux du contrat qui liait la CBG à la Guinée. Est-il nécessaire de rappeler que ces genres de contrats mal négociés et au détriment du peuple de Guinée sont légion en Guinée.

Un autre projet non encore concrétisé et pas des moindres, est la construction d’un barrage, sans frais pour l’Etat guinéen de 100 MW et la réalisation du chemin de fer allant de Conakry à Kankan, soit une distance de plus de 700 Km.

Tous ces projets sont sur papiers et le Premier sortant a exhorté M. Jean-Marie Doré à s’y pencher afin qu’ils voient le jour.

« Depuis ma prise de fonction, je n’ai reçu aucun salaire. Le ministre de l’économie est là, vous pouvez le demander », a fait remarquer Kabinet Komara.

Comme pour prouver son patriotisme à ses compatriotes. Chose qui ne convainc pas de nombreux observateurs, pour qui Komara est parti comme il est venu, c’est-à-dire sans avoir rien posé comme acte susceptible d’être mis à son actif.


Lansana Camara
Le Démocrate, partenaire de www.guineeactu.com

 

Retour     Imprimer cet article.    

Vos commentaires
Laure K., vendredi 5 février 2010
La CBG verserait un milliard de dollars par an ? N`est -ce pas plutôt un milliard de francs guinéens ? Il doit y avoir une erreur....
oumou conde depuis Paris, jeudi 4 février 2010
Cette structure gouvernementale est une honte nationale et n`inspire aucune confiance aux yeux des guinéens! il y a trop de ministères fictifs qui devraient etre julélés pour reduire le train de vie du gouvernement mais paradoxalement la guinée n`est pas encore sorti de l`auberge!ministère des guinéens de l`exterieur n`as pas sa raison d`etre, il fallait simplemnt le rattacher au ministère des affaires etrangères etc...c`est du n`importe quoi ce pays!!!

Dernière mise à jour 25/06/2011 13:53:55
© Tous droits réservés guineeActu.com 2011