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Le Km 36, on le sait, est à l’entrée de la capitale guinéenne. Mais aujourd’hui, il constitue, malheureusement, un poste de contrôle où les hommes en uniforme semblent avoir choisi de se remplir les poches en érigeant le racket en un mode de vie. Au grand dam des chauffeurs et de leurs passagers. Il y a quelques mois, les tracasseries policières et les différentes formes de racket avaient pris des proportions particulièrement inquiétantes à Conakry. Les agents de la circulation routière, dans leur écrasante majorité, avaient fini par donner l’impression qu’ils travaillaient pour eux-mêmes. Pendant de longues années, les cartes grises et les permis de conduire ont été superbement ignorés au profit des billets de banque. Il aura fallu que les syndicats des transporteurs montent au créneau pour que les maîtres racketteurs mettent de l’eau dans leur vin. Les autorités en charge de la Sécurité routière ont dû prendre à temps des dispositions pratiques pour faire l’économie d’une grève aux conséquences incalculables pour le pays. Les nombreux barrages de racket ont été démantelés, les uns après les autres, sur les différents axes routiers du pays. Mais s’il y a aujourd’hui un lieu où le racket continue de battre son plein, c’est bien le point de contrôle du Km 36. Les usagers de la route sont de plus en plus soumis à des tracasseries de toutes sortes à cet endroit stratégique sur l’axe Conakry - Coyah. Le dimanche 24 février, l’on a été témoin d’une scène qui en dit long sur le calvaire des chauffeurs et des passagers au Km 36. Ce jour-là, il était environ 20 heures. La circulation était particulièrement dense dans les deux sens. Tout visiteur étranger se croirait là dans un grand marché de nuit. Le vrombissement des véhicules se mêlait continuellement à des cris et autres interpellations. Des vendeuses et des marchands ambulants rivalisaient de stratégies pour proposer leurs articles aux éventuels clients. Mais aussi curieux que cela puisse paraître, c’est l’endroit que les hommes en uniforme (gendarmes, policiers, douaniers) ont trouvé idéal pour se livrer systématiquement au racket des pauvres chauffeurs et de leurs passagers, qui ne demandent pourtant qu’à circuler en toute liberté, en partance ou en provenance du pays profond. A la vue d’un véhicule de transport en commun, un homme en uniforme s’est aussitôt détaché pour demander aux passagers d’exhiber leur carte d’identité nationale. Quoi de plus normal qu’un agent assermenté demande une pièce d’identification à un passager à un poste de contrôle des personnes et des marchandises. Mais de là à se transformer opportunément en racketteur, il y a un pas que tout agent devrait absolument éviter de franchir. L’homme en uniforme ne s’est pas empêché ce jour-là d’extorquer littéralement de l’argent à tous les passagers qui ont eu le tort de se déplacer sans aucune pièce d’identité. L’argent ainsi extorqué, au lieu d’aller dans les caisses de l‘Etat, s’est retrouvé dans la poche de l’agent. Quant au chauffeur, il a également dû mettre la main à la poche pour faire « plaisir » à un autre agent qui était venu se planter devant le véhicule. Tous les usagers de la route nationale Conakry - Coyah s’accordent à reconnaître que le Km 36 tend de plus en plus à devenir un véritable cauchemar pour eux. Il serait souhaitable que des dispositions soient prises pour mettre fin à ces comportements qui contribuent à ternir davantage l’image de notre pays. Mamy Dioubaté L’indépendant, partenaire de www.guineeactu.com
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