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Le 21 mars, Kankan a été paralysée par des émeutes consécutives à une manif populaire contre la flambée des prix dans les marchés. Le carburant ne se vend que dans les quartiers, à des particuliers. Et à quel prix ! Le pain, le sucre, le lait sont un luxe. Le Koukalaman» (igname chaude) jadis accessible à toutes les bourses est intouchable. A 8h, des manifestants bloquent la rue, marchent sur la ville avec les pancartes «Zéro gouvernement !» «Zéro changement» et autres mots d’ordre hostiles aux autorités administratives. Jets de projectiles, casses et débandade ont ponctué la matinée. Dans ce monde, le Kankanais lamda qui croupit sous le poids de la faim, la poussière et l’obscurité.
Les forces de sécurité ont dispersé les manifestants qui étaient prêts à se faire entendre. Des grenades lacrymogènes n’auront pas manqué. Boutiques, magasins, marchés ont fermé. La ville a été quadrillée par des gendarmes armés de fumigènes.
«Le Gouverneur, le Préfet, le Maire sont corrompus. Nous ne voulons plus d’eux. C’est eux et leurs familles qui bénéficient de toutes les largesses du système en place. Nous, nous ne récoltons que la poussière et les autres galères. Nous ne voulons plus d’eux ” nous dit un Kankanais.
Le Général de brigade, Antoine Kankoudouno, Gouverneur de Kankan, Colonel Mohamed Sanoussi Souaré, le Préfet de Kankan, Mme Dienabou Moussa Diaré, Maire de la commune urbaine sont dans le collimateur. Les manifestants les accusent de penser à tout sauf à l’amélioration des conditions de vie des habitants de la région. «Tout Kankan souhaite le départ de ce trio qui ne pense qu’à son propre intérêt».
Interrogé, le Gouverneur de Kankan accuse un journaliste d’une radio privée de Kankan d’avoir mis le feu aux poudres. Celui-ci a lu la veille un communiqué qui invitait les jeunes de Kankan à organiser une manif de soutien au Guide Mouammar Khadafi.
Le calme est revenu à Kankan. L’on déplore plusieurs blessés et arrestations.
Abou Bakr Le Lynx, partenaire de www.guineeactu.com
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