lundi 9 novembre 2009
Justice : A quand une réelle séparation des pouvoirs en Guinée ?
Siba Loalamou

La récente visite du chef de l’Etat au ministère de la Justice continue de faire couler beaucoup d’encre et de salive dans le pays. Le capitaine Moussa Dadis Camara s’y était rendu le lundi 26 octobre pour s’enquérir du très sensible dossier des présumés narcotrafiquants. Il n’en a pas fallu davantage pour faire dire à certains, non sans raison, que la séparation des pouvoirs est encore loin d’être une réalité tangible en Guinée.

Dans un Etat de droit digne de ce nom, le principe de séparation des pouvoirs est sacré. Le pouvoir législatif adopte et vote les lois de façon démocratique. Le pouvoir exécutif veille à l’exécution et à l’application correcte desdites lois, dans l’intérêt supérieur de la nation tout entière. Quant au pouvoir judiciaire, il joue librement le rôle d’arbitre impartial en cas de litiges. Mais le triste constat est que, de 1958 à nos jours, la séparation de ces trois pouvoirs n’aura été que théorique en Guinée. Sous la première République, le Responsable suprême de la révolution, feu Ahmed Sékou Touré, avec la bénédiction des caciques de son régime, avait fini par se donner les pouvoirs illimités dans la gestion quotidienne des affaires publiques. Le Législatif, l’Exécutif et le Judicaire se sont concentrés entre les mains d’un seul homme, avec les conséquences dramatiques que tout le monde connaît. Pendant 26 ans, les Guinéens se sont vu imposer un système autoritaire. Ceux qui ont osé ramer à contre-courant de la Révolution globale et multiforme ont été contraints à l’exil ou jetés en prison. Sous la deuxième République, le chef de l’Etat, feu Général Lansana Conté, ne ratait aucune occasion pour rappeler à ses concitoyens, par des propos ou des actes, que la séparation des pouvoirs est toujours restée le cadet de ses soucis. En décembre 2006 par exemple, en pleine journée, il a surpris plus d’un observateur en se rendant personnellement à la Maison centrale de Coronthie pour faire libérer deux de ses proches qui avaient maille à partir avec la justice. « La justice, c’est moi », avait-il lancé par la suite, à la grosse déception des partisans d’une véritable séparation des pouvoirs en Guinée, comme c’est le cas dans bon nombre de pays africains. Avec l’avènement du CNDD au pouvoir, beaucoup ont pensé, naïvement peut-être, que les choses allaient positivement changer dans le secteur stratégique de la justice. Mais hélas, la situation qui prévaut actuellement dans le pays pousse plutôt au scepticisme. Plus d’une fois, la famille judiciaire a eu à « croiser le fer » avec la junte au pouvoir depuis le 23 décembre 2008. La récente visite du chef de l’Etat au ministère de la Justice et à la cour d’Appel de Conakry pour s’intéresser particulièrement au dossier des présumés narcotrafiquants a eu le don de faire sortir les Avocats de leur gond pour dénoncer, sans ambages, ce qu’ils considèrent certainement comme une ingérence de l’Exécutif dans les affaires judicaires. Et de là penser que la séparation des pouvoirs est loin d’être effective en Guinée, il y a un pas que certains observateurs avisés n’hésiteront pas à franchir avec empressement.


Mamy Dioubaté
L’Indépendant, partenaire de www.guineeactu.com

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Vos commentaires
Gandhi, mercredi 11 novembre 2009
Le développement n`existe pas en Guinée, et pourtant tout le monde le souhaite. La séparation des pouvoirs n`existe pas en Guinée, et pourtant elle est hautement souhaitable, parce que cela signifie concrètement par exemple, que lorsque un Guinéen, quel qu`il soit, est victime de spoliation, il a la possibilité de se plaindre en justice, et d`espérer pouvoir se voir reconnaitre des droits. Lorsque cela n`existe pas, cela signifie que le chef décide, ne se trompe jamais et a toujours raison, et celui qui ose le mettre en doute, s`expose à des représailles, pouvant aller jusqu`à l`élimination physique. Je ne vois pas en quoi l`Occident est concerné, lorsqu`on est exproprié par bulldozer, d`un terrain qu`on a légalement acheté (c`est à dire autoisé par l`État, celui que certains semblent respecter), de se voir indemniser par ce même État qui exproprie. En quoi est-ce un problème de blanc ? Chirac disait que l`Afrique n`est pas prête pour la démocratie, j`ai l`impression qu`il a encore beaucoup de supporters, et le pire c`est que ceux-ci se trouvent être des Africains. La démocratie à l`occidentale n`est ni un modèle pour l`Afrique, car il faut bien l`adapter à nos réalités locales, mais celles-ci ne doivent pas impliquer pour autant, la négation complète de l`être humain. Quant à dire que le peuple a d`autres problèmes que ces considérations juridiques, c`est non seulement ne pas prendre en compte son intelligence (le peuple ne veut pas seulement que du pain et des jeux), mais c`est aussi être complice des dictatures existantes ou à venir, que de croire pouvoir parler à sa place.
Me LAMAH Dakar, mercredi 11 novembre 2009
Le peuple a un autre problème que les considérations juridiques et constitutionnelles du pouvoir politique celui du renforcement de l`unité nationale et la paix pour une sortie heureuse de crise en guinée car les guinéens ne sont pas sans savoir que le pays est aux abords de l`affrontement ethnique que nous le souhaitons pas. Alors, préoccupons nous d`abord de la reconstruction de cette paix et du dialogue national entre frères guinéens.
Sanoussi, mardi 10 novembre 2009
Laséparation des pouvoirs(Exécutif,Législatif et Judiciaire)est,en général,le TALON d`ACHILLE des regimes déficitaires en DEMOCRATIE,et en particulier des régimes africains.Pour la Guinée,le législatif et le judiciaire ont toujours été la chasse gardée du Chef de l`Etat.Et le paradoxe est que la population semble s`accomoder avec cet état de fait.Ce n`est pas Da10 qui viendra changer cette situation,surtout avec son Ministre de la Justice avec son visage de pédé ou de femme en mal de féminité.
Louis, mardi 10 novembre 2009
C`est m`a toujours impressionner de voir les africains argumenter leurs échecs en prenant des exemples sur les pays occidentaux: la séparation des pouvoir est peut être venue de l`occident, mais pourrez mieux l`appliquer aujourd`hui si vous le voulez. Vous etes pas obliger d`attendre que ca se passe mieux en France pour changer les choses chez vous! Un exemple: la Guinée est à 80% u pays musulman. Mais les guinéens pratiquent un islam modéré, qui à rien à voir avec l`islam des pays du golf. Ce n`est pas parce que Sarkozy se mêle des problèmes du judiciaire que le président guinéen doit le faire! Si vous voulez vous en sortir, il va falloir veiller à la bonne application de vos lois, au respect de votre constitution, même en période de crise. Cela pourrai faire de vous des élève qui ont dépassé le maitre.
IBRAHIMA, lundi 9 novembre 2009
L`indépendance de la justice a certes fait défaut en Guinée. Cette réalité est d`autant plus vraie que tous les régimes qui se sont succédés ont taillé sur mesure cette composante essentiel et incontournable pour un réel développement socioéconomique de notre pays. Ces régimes ont mis dans leurs bottes cette institution. L’illustration de ce fait est l’impunité et la loi du plus fort qui sévissent dans ce pays. Ce n`est pas pour autant, qu`il faudrait baisser les bras dans notre volonté de faire changer cette réalité amer de notre histoire (et de notre présent). L’avenu du CNDD a fait espérer plus d’un et les guinéens ont cru naïvement que ces nouveaux locataires de la présidence allait faire évoluer les choses dans le domaine judiciaire. Mais les jugements populaires à la DADIS Show ont montré à quel point nos dirigeants ont mis au rabais le rôle de la justice. Des personnes respectables ont été accusées sans aucune instruction judiciaire et parfois sans réel motifs au moment ou des personnes coupables se promènent sans être inquiéter. De l’autre bout, ceux qui devaient être les garants de la justice sont corrompus jusqu’aux os et sont experts dans le trafique d’influence. Il est temps que le peuple réclame justice à nos justiciers et que nos coupables soient traduits devant la justice et répondent de leurs actes. Pour se faire, nos dirigeants doivent arrêter de fourrer leurs nez dans les affaires de la justice, et au peuple d’exiger une justice impartiale applicable à tous les fils du pays. Vive la justice juste pour que vive une guinée de paix et de prospérité…
Cissé Oumar de Bma, lundi 9 novembre 2009
De qui se moque-t-on? Les avocats auraient-ils subitement changé en se préoccupant de la vérité? En effet, dans tous les pays du monde, leur seul souci est de gagner une affaire et donc du POGNON avec ceux qui en possèdent!
TOURE, lundi 9 novembre 2009
Monsieur dioubaté l`independance de la justice est le souhait de tous les citoyens du monde mais c`est bien un utopie seule quelques pays peuvent se taegu& de cette avancé tous le monde sait la france qu vous idolatre tant il n`y a pas dindependance de la justice tout le monde connait l`immition de Sarkozy dans l`évolution de cette institution ; Alor je demande que vous me citiez un ou deux pays en Afrique où l`independance de la justice est établie je ne suis pas la pour defendre qui que soit mais quand vous éecrivez des article de ce jenre il faut bien éclerer les internaute car cette immition du pouvoir dans les affaires juridiques n`est pas l`appanage des autorité guinéennes.
sangare, lundi 9 novembre 2009
En guinée il n`y a jamais eu sépration entre l`Exécutif et le Judiciaire. Le Législatif n`a fait que de la figuration dans le paysage politigue guinéen. L`Ancien Président Lansana Conté n`a t-il pas extrait en personne son ami Mamadou Sylla de la prison centrale de la sûreté, alors que ce dernier était poursuivi pour abus de biens sociaux. En Guinée dans les Préfectures le Juge d`Instance obeit aux ordres du Préfets. Donc pas étonnant qu`en cette période d`exception le Capitaine s`invite chez les magistrats pour parler des dossiers sensible.
sangare, lundi 9 novembre 2009
En guinée il n`y a jamais eu sépration entre l`Exécutif et le Judiciaire. Le Législatif n`a fait que de la figuration dans le paysage politigue guinéen. L`Ancien Président Lansana Conté n`a t-il pas extrait en personne son ami Mamadou Sylla de la prison centrale de la sûreté, alors que ce dernier était poursuivi pour abus de biens sociaux. En Guinée dans les Préfectures le Juge d`Instance obeit aux ordres du Préfets. Donc pas étonnant qu`en cette période d`exception le Capitaine s`invite chez les magistrats pour parler des dossiers sensible.

Dernière mise à jour 25/06/2011 13:53:55
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