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S'il y a une chose que toutes les dictatures aiment réaliser, c'est appauvrir leurs concitoyens afin que l'élite ne songe qu'à sa survie et cela même dans l'indignité et l’humiliation. Quand les activités quotidiennes d’un intellectuel se résument à comment satisfaire ses besoins primaires (comment avoir à manger), alors il est réduit à l’état de primate. La politique devient son dernier souci et les rares qui font de la politique vont la politique du ventre. On fait tout pour avoir accès à la « mangeoire ». C'est pourquoi tous ceux qui devaient se battre pour sauvegarder les intérêts du peuple, sont condamnés à aller vers la table à manger pour la soupe de la dictature: pour survivre sans âme, sans cœur, sans dignité, livrant ainsi le pays à la servitude. La déception à l’encontre du Premier Ministre Lansana Kouyaté semble être à la hauteur de l'espoir qu’avait suscité sa nomination. Aujourd’hui après onze mois à la tête du pays, la question n’est pas de savoir si le « gouverne-et-ment » Kouyaté fait quelque chose! Le « gouverne-et-ment » fait des choses pour lui alors que le peuple doit se débrouiller pour sa survie. Pour un avenir meilleur, il faut une nouvelle force politique en Guinée capable de proposer autre chose, une autre forme de gouvernance et une autre façon de faire la politique qui prend en compte les désirs du peuple, une politique capable de proposer au peuple un autre gouvernement en vue d’insuffler un nouvel esprit basé sur l’éducation, le respect, le non-racisme, la tolérance et l’inclusion dans la diversité. Lansana Kouyaté n’est rien qu’un dictateur en perspective qui n'a de notion de développement durable que sa relation durable avec la paresse et sa boulimie du pouvoir. Après onze mois de pouvoir piètre et fantoche, Lansana Kouyaté ne se rend pas compte du drame qu’il a créé, ce qui entraînera sûrement et irréversiblement la désagrégation accélérée des conditions sociales de coexistence pacifique menaçant l’unité nationale et l’environnement, avec un lot de conséquences écologiques irréversibles. Les Guinéens doivent continuer à mettre la pression sur ces personnages cruels (Lansana Kouyaté et Lansana Conte), pour qu’ils arrêtent le sabotage économique et le suicide du pays. Les Guinéens particulièrement les jeunes, pépinière de la Guinée de demain, devraient se poser les questions les plus sensées, les plus intelligentes et les plus utiles, car au regard de la situation sociale qui se dégrade en Guinée, et qui prend les allures d’un drame inévitable, les jeunes ne devraient plus se contenter de réponses déraisonnables, machinales, schizophréniques ou irrationnelles de la part des « politichiens ». Les jeunes doivent réfléchir méticuleusement pour sauver le pays car il n’existe plus d’État, le pouvoir fantomatique du duo « Kouyaté – Conte » est démissionnaire. Les jeunes doivent prendre conscience de la gérontocratie tant décriée en Guinée. Hier, les jeunes ont accepté de prendre les rues pour affronter la dictature croyant que les vieux pouvaient changer la vie sociale et professionnelle de ces jeunes. Ce que nous observons aujourd'hui en Guinée, les jeunes sont toujours derrière ces vieux inefficaces qui n’ont rien à offrir, si ce n’est que drames après tragédies. La prise de conscience des jeunes demeure le point le plus important de la démarcation des logiques et des obligations ainés-cadets. Les jeunes doivent refuser de s'abreuver tous les jours des incantations anesthésiantes d’un Premier Ministre en perte de repères. Le duo « Kouyaté – Conte » est un vrai diable pour la démocratie, la Guinée, ce beau pays ne sera jamais en paix tant que cette racaille possède entre leurs mains, le destin du pays. En Guinée, la politique est devenue le moyen le plus court pour s'enrichir. Depuis l'indépendance, on n'a jamais vu les hommes et les femmes politiques qui détournent des fonds publics être jugés : c’est la loi de l’impunité absolue. Le pouvoir, en Guinée, incarcère ceux qui commettent de petits délits et les opposants, et il laisse en liberté les « assassins » et les « grands voleurs ». C'est regrettable. Le système de « gouverne- et-ment » de Lansana Kouyaté avec le parrainage de Lansana Conte, avec toutes ses anti-valeurs a complètement détruit la jeunesse et c'est une partie de cette jeunesse élevée dans et par la corruption et le clientélisme qui demain accèdera au pouvoir. Ce n'est malheureusement pas la faute de cette jeunesse qui deviendra demain être responsable du destin national. Elle a été une victime. Le constat est clair : En Guinée sous la houlette du duo « Kouyaté -Conte », le « Présent » n’a pas d’avenir. Face à cette triste réalité, il devient extrêmement et urgemment important de mobiliser les moyens humains, moraux, spirituels, financiers pour éviter que ce pays disparaisse sous les actes suicidaires du Premier Ministre. Pourquoi les Guinéens croient-ils que le « gouverne-et-ment » Kouyaté va-t-il organiser des élections libres, transparentes, et démocratiques ? Combien d’élections ont été organisées en Guinée depuis l’indépendance en 1958 ? Y’a-t-il eu une seule fois des élections libres et démocratiques en Guinée ? Quelle garantie les Guinéens possèdent-ils pour s’assurer que cette fois-ci sera différente des expériences précédentes ? Autant de questions auxquelles il faudrait répondre sans hypocrisie, donc en toute honnêteté. Le Général Lansana Conte ne quittera pas le pouvoir par les urnes, et il n’organisera jamais des élections, en tout cas de son vivant, pour perdre ou pour que son parti, le PUP, perde. Il fera de son mieux pour organiser une élection truquée. Il s'est fait pour fonction : « être président eternel », il a été dans une grande école où il a obtenu le diplôme de « président à vie de la Guinée». Comment voulez-vous qu'il quitte le pourvoir alors que son Premier Ministre est aux aguets pour une revanche? Qu’est ce que Lansana Conte peut faire après avec son diplôme de « président à vie de la Guinée» ? Les Jeunes doivent refuser cette médiocrité à répétition dans laquelle on les a fait tourner depuis un certain nombre d’années. Même si en public les hommes politiques au pouvoir se haïssent, en coulisse ils boivent tous autour de la même tasse. Les problèmes et la misère qui rongent les Guinéens ne les concernent guère. Non, il faut que les jeunes refusent la situation dans laquelle on les fait évoluer. En 1984, c’était Lansana Conte qui avait raté le changement, aujourd’hui c’est Lansana Kouyaté et tout son microcosme politico-intellectuel qui ont raté cette seconde chance de changement après tant de vies humaines sacrifiées, tant de trauma psychologique, tant de douleur et tant de larmes. Demain, l’histoire risque à nouveau de se répéter si elle ne l’est déjà, à moins que les jeunes se lèvent pour barrer la route à ces « casseurs de sucre » sur le dos du peuple de Guinée, affamé. Et il est grand temps, au moment où on veut tromper les Guinéens avec d’autres prochaines échéances électorales dont l’issue ne fera pas de doute, que la société civile, les intellectuels patriotes, les hommes de mosquées et d’églises qui se reconnaissent en Dieu, les opérateurs économiques soucieux de l’avancement du pays, la jeunesse aujourd’hui abandonnée, se lèvent pour peser de tout leurs poids en disant NON au bégaiement de l’histoire pour sauver la Guinée. Si rien n’est fait pour arrêter la folie meurtrière du duo « Kouyaté -Conte », la Guinée ne verra se succéder que des générations élevées dans et par la corruption et le clientélisme. L’espoir suscité par l’arrivée de Kouyaté à la Primature s’est transformé en cauchemar, ayant transformé la feuille de route en « feuille de déroute » la rangeant dans son tiroir. Au lieu d’être une impulsion pour un changement positif, il veut renvoyer le pays sous l’ère du PDG et de la Révolution culturelle. Lansana Kouyaté au lieu d’être un homme de l’avenir s’est plutôt transformé en un symbole du passé avec son ultime rêve, le retour en force du PDG. Au lieu d’être un Premier Ministre d’union, il est devenu l’emblème de la division, de la désunion, du réveil des vieux démons du tribalisme, le symbole de la polémique et de l’usage du faux et des mensonges. Kouyaté a opposé et divisé les Guinéens plus qu’il les a uni tout en chantant que, celui ou celle qui ne veut pas s'aligner derrière lui et son clan, signe sa mort politique, qui va être aussi le début de sa mort physique. À cette impitoyable stratégie de liquidation politique de l'ensemble de la classe politique guinéenne, notamment les opposants, il faut ajouter cette autre stratégie de la paupérisation systématique du peuple, tactique lui permettant de garder sa main mise politique sur le pays. Son ultime ambition est qu'il devienne ou plutôt qu'il demeure le seul maître à bord du très précieux et juteux « navire rempli d'or de bauxite, d’or, de diamants et de pétrole récemment découvert » qu'est la Guinée pour s’autoproclamer empereur à vie afin de léguer son trône à ses héritiers désignés. Le constat politique en Guinée sous Lansana Kouyaté est triste voir dangereux : tous ceux qui militent pour un ordre plus juste, démocratique, transparent et pour une Guinée moderne et prospère pour tous sont considérés par Kouyaté et ses « pitbulls » comme des ennemis du pays. On les insultes, on les menace. C’est, et cela depuis l’indépendance du pays jusqu'à nos jours, grâce à cette politique de marginalisation que la corruption, le népotisme et le clientélisme ont fini par ronger la société Guinéenne jusque dans la moelle osseuse. Désormais dans la société guinéenne, les valeurs sont totalement inversées. Le pouvoir de Lansana Kouyaté n'acceptera pas un débat contradictoire et constructif et cela au mépris total de la volonté populaire. Kouyaté et ses acolytes manquent d'humilité et se prennent pour le centre du monde. Par cette attitude arrogante, Lansana Kouyaté et ses laquais condamnent inévitablement la Guinée à la guerre civile. Pourtant, j’ai un conseil au Premier et à son entourage tous aveuglés par le pouvoir coûte que coûte, à n’importe quel prix, et qui se prennent aujourd'hui pour le centre du monde Je vous rappelle simplement que les hommes passent, la Guinée reste et restera. Au-delà des intérêts égoïstes et partisans, aucun citoyen du pays ne doit perdre de vue cette vérité implacable. Il faut donc instaurer en Guinée une politique qui met en avant les intérêts du pays. Un chef doit avoir la capacité d'avoir à coté de lui des gens qui lui disent les choses telles qu’elles sont sans mentir, y compris des choses difficiles, amères, les choses fortes et parfois désagréables, au lieu d'avoir toujours à coté de lui des gens qui viennent pour le flatter et qui lui disent uniquement les choses sympathiques, mais qui ne font pas avancées les affaires du pays. Ce qui est important, c'est la capacité des hommes et des femmes à dire ce qu'ils pensent et ce, quelles que soient les circonstances, c’est la règle de la démocratie et de la liberté d’opinion. Pour développer un pays, il faut des gens qui travaillent pour l'intérêt général et qui acceptent leur différence. C'est la raison pour laquelle je crois fermement que pour qu'une « Guinée Nouvelle » voie le jour, il faut d'abord « construire » des hommes nouveaux. Tant qu'on ne montrera pas et qu'on n'offrira pas au peuple une autre façon de gouverner, il sera difficile de changer la mentalité des Guinéens et de développer ce pays en organisant une alternance politique par des élections « propres », c'est-à-dire transparentes et sans fraudes. Organiser des élections libres, démocratiques et transparentes en Guinée, sera un long chemin dans un pays qui n’a jamais connu de tradition démocratique. Mais nous n'avons pas le droit de désespérer qu’un jour, les Guinéens seront fiers de voter pour un programme politique et non pour une ethnie ou une région. Mamadou Diallo, MD Membre Fondateur de l’ANDD et Guinea-Forum © Copyright : www.guinea-forum.org/ www.guinea-forum.org (Tous droits réservés)/2008
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