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La junte militaire et son gouvernement ont donc exécuté à la perfection, la seule chose qu’ils sachent faire : utiliser les armes de guerre contre de pacifiques citoyens. Ce « travail », leur unique travail, ils le réussissent d’autant plus facilement que leurs « adversaires », c’est-à-dire leurs propres concitoyens, sont totalement désarmés. Hier, ils (Sékouba KONATE, Moussa Dadis CAMARA, Moussa KEITA, Korka DIALLO et d’autres…) ont accompli leur « Devoir » à l’égard de la Nation. Résultat : 150 à 200 morts, presque déchiquetés par les kalachnikovs. Voilà pour « l’héroïsme » du CNDD, et de ce qu’on nomme « armée guinéenne » à Conakry.
Alors pourquoi avoir sorti les armes de guerre contre une population pacifique désarmée ? Etait-il indispensable de massacrer tant d’humbles citoyens pacifiques ?
Le chef de la junte venait de faire une sortie à Labé que ses amis ont qualifiée de triomphale. Lui-même se dit populaire, au point de prétendre être réclamé par son « peuple » qui l’attendrait comme des croyants attendant leur messie. Il puise dans les caisses publiques comme il l’entend. Quelques jours avant les massacres du stade 28 septembre, il avait ordonné à son cousin, Papa Koly KOUROUMA, de lui livrer 50 milliards de francs guinéens, sans justification avouable. Ce qui fut fait. Il signe des décrets ici et là, nomme et révoque qui il veut. Il s’est doté d’une administration militarisée, à connotation discutable. Il s’est même fabriqué son peuple d’applaudisseurs ambulants. Une vingtaine de bus les transportent à tout endroit où il a besoin d’être applaudi. Ce fut le cas à Labé. Ce sera vraisemblablement le cas ailleurs, dans les jours et mois à venir. Bref, le CNDD et Moussa Dadis CAMARA ont droit de vie et de mort sur les Guinéens et sur les maigres ressources du pays. D’où cette question :
Pourquoi donc avoir décidé de massacrer une population innocente, pacifique, désarmée et sur laquelle le CNDD et son gouvernement exercent un « droit de propriété » absolu ?
Lundi 28 septembre, au stade du même nom, il n’y a pas eu dérapage. Pas non plus d’actions d’éléments militaires incontrôlés, contrairement à ce qu’affirment, d’un air goguenard, avec arrogance et mépris, le capitaine Dadis et son « général » ami, Sékouba KONATE. Les massacres étaient préparés et prévus de longue date. On peut dire aujourd’hui, sans risque de se tromper, que les 50 milliards de francs guinéens étaient destinés en partie, à rémunérer les militaires tueurs. Ils ont rempli la mission qui leur a été fixée par le CNDD et le gouvernement KOMARA Recrutés par le capitaine Moussa Dadis CAMARA et Sékouba KONATE, ils sont transportés par camions sur les lieux de massacres. Ils sont équipés de moyens de communication leur indiquant dans quelle direction les manifestants pourchassés se dirigeaient. Toutes les actions de massacres ont été coordonnées vraisemblablement par le « général » Sékouba KONATE en personne. Et les militaires massacreurs n’ont pas spontanément décidé de dissimuler les cadavres déchiquetés afin de rendre impossible le chiffrage du nombre de victime. L’ordre est venu des maîtres de cérémonie macabre que sont le « général » Sékouba KONATE, le capitaine Moussa Dadis CAMARA, Korka DIALLO et le commandant Moussa KEITA.
Alors pourquoi ?
Ni Dadis, ni Sékouba KONATE ne sont naïfs, le CNDD non plus. En planifiant et exécutant les tueries du Stade 28 septembre, le CNDD, plus particulièrement Dadis, Sékouba KONATE, Korka DIALLO et Moussa KEITA ont un objectif qu’il serait grave de croire abandonné par eux : terroriser le pays afin d’éradiquer toute tentative de contestation de leur « pouvoir ». D’où des actes de barbaries qu’ils ont ordonnés contre des femmes. Exemple : un journaliste de Conakry m’a rapporté par téléphone que des militaires ont écartelé une femme pour lui enfoncer une baïonnette dans le vagin. Apparemment, d’autres actes de barbaries de cette nature ont été perpétrés toute la journée à Conakry par l’armée, avec le consentement presque explicite de Moussa Dadis et Sékouba KONATE. Car, selon eux, les traitements barbares infligés à une population désarmée permettraient d’obtenir d’eux, une docilité durable.
Depuis le 23 Décembre 2008, au prétexte de lutter contre le trafic de drogue, le CNDD a plutôt renvoyé les trafiquants notoirement connus et de ce fait, encombrants, pour faire place nette à d’autres plus discrets, mais aussi plus généreux en dollars, euros et CFA. Les trois principaux chefs de la junte (Sékouba KONATE, Moussa Dadis CAMARA, Moussa KEITA…) ont fait d’importantes acquisitions immobilières au Maroc, au Sénégal, en France et au Canada. Des comptes copieusement alimentés leur ont été également ouverts dans ces pays. Il n’y a pas si longtemps, Sékouba KONATE a réalisé une opération immobilière juteuse à Saint-Gratien dans une banlieue de la région parisienne. L’ensemble de ces acquisitions ne peut se faire que par des captations. Or, capter impunément les biens Nationaux n’est possible que si on détient le pouvoir de violenter ses propres compatriotes. Ce qui explique que les militaires du CNDD, notamment Sékouba KONATE, Korka DIALLO, Moussa Dadis CAMARA, Moussa KEITA et d’autres sont déterminés à mettre le pays à feu et à sang.
Mais, les militaires ne sont pas les seuls coupables. M. Issa Ben Yacine DIALLO, en tant que conseiller en tout de Dadis, s’est beaucoup agité ces dernières semaines. Brandissant tantôt son « carnet d’adresses », tantôt des « fonctions »tout à fait creuses qu’il aurait occupées dans les démembrements de l’O.N.U. à Genève, a pu influencer des militaires incultes et barbares comme les Dadis, Korka DIALLO, Sékouba KONATE et d’autres. Dans une « interview » qu’il a fait publier dans Guinéenews, il parle d’autorité que seul le CNDD devrait avoir sur la Transition. Il cite d’abord, pêle-mêle, les ouvrages qu’il aurait écrits et des cours qu’il aurait donnés dans telle ou telle université. Mais, selon moi, il confond autorité et pouvoir. C’est tout de même embêtant pour quelqu’un qui conseille Dadis. L’autorité, c’est celle que les Autres vous reconnaissent librement. Elle correspond à la reconnaissance libre du fait que votre probité intellectuelle est inattaquable, vous êtes une référence en ce qui concerne les valeurs collectives dans lesquelles la société se reconnaît, vous pouvez contribuer au progrès intellectuelle et éthique de vos contemporains, vous avez une capacité reconnue de percevoir ce qui est bien pour la collectivité. Donc on peut vous écouter, suivre ce que vous préconisez, parce que cela va toujours dans le sens du bien commun. De tout cela, le CNDD est dépourvu. La personne ou l’institution qui a une autorité n’a pas besoin de violenter. Il lui suffit de montrer le bien-fondé de ce qu’il dit ou fait, pour qu’on adhère à sa démarche. Tandis que le pouvoir lui, exprime une force, parfois violente et presque toujours violente dans nos contrées. Le CNDD a un pouvoir capté, mais pas d’autorité. Il me semble que les conseils de M. Issa Ben Yacine DIALLO ne peuvent en aucune manière « civiliser » des clans d’assassins comme les Sékouba KONATE, Moussa Dadis. En un certain sens, ils sont « excusables », car leur conseiller ne peut pas leur recommander ce que lui-même ne sait pas ou maîtrise mal.
Question :
Doit-on considérer que M. Issa Ben Yacine DIALLO a été un bon « conseiller » de Dadis ?
Les massacres du Lundi 28 Septembre comme point de départ.
Sur un mode ironique et arrogant, Moussa Dadis CAMARA et Sékouba KONATE ont cherché à s’absoudre de toute responsabilité des tueries qu’ils ont planifiées et fait exécuter. L’un prend l’hélicoptère pour aller se promener à l’intérieur du pays. L’autre joue au visiteur de malades dans les hôpitaux de Conakry. Et pour leur apothéose, ils proclament deux jours de « deuils » pour effacer, leurs crimes.
Face à une telle arrogance, un tel mépris quelle attitude adopter ?
De mon point de vue, puisqu’ils (Moussa Dadis, Sékouba KONATE, Korka DIALLO, Moussa KEITA et d’autres…) ont choisi de briser la vie de centaines de Guinéens, ces « sacrifices » ne devraient pas rester impunis. Car, ces militaires sont des récidivistes. Ce sont exactement les mêmes qui avaient exécuté les massacres au pont du 8 Novembre en Janvier et Février 2007. Autrement dit, MM. Sékouba KONATE, Korka DIALLO, Moussa KEITA et Moussa Dadis CAMARA sont convaincus qu’ils sont dans leur bon droit. Et qu’il suffit qu’ils fassent tuer des centaines de nos compatriotes, pour que tout le monde vienne leur prêter allégeance. Pour eux, le pouvoir est au bout des lances roquettes achetées avec le fruit du travail de la collectivité nationale.
Nous n’avons pas le choix. La confrontation directe est la seule voie. Toute reculade de notre part se traduira immédiatement par d’autres massacres. Ceux qui sont morts, ne doivent pas avoir été assassinés pour rien. La junte, notamment Moussa Dadis CAMARA, Sékouba KONATE, le commandant Moussa KEITA, Korka DIALLO et d’autres peuvent être arrêtés et mis hors d’état de nuire.
Dans l’immédiat que faire ?
1°. Le gouvernement et les membres de la junte militaire ne doivent pas pouvoir circuler librement dans notre pays, comme s’ils avaient conduit une action honorable. Ils doivent être en danger, partout.
2°. L’ensemble des Forces Vives doit former un gouvernement de transition. Et donc déloger des ministères tous les ministres nommés par la junte. Il y a domination parce que parfois, le dominé accepte lui-même sa domination. La junte est ILLEGITIME et ILLEGAL. Il n’y a objectivement aucune raison de tolérer le gouverneur de Conakry nommé par Sékouba KONATE. A Madagascar, c’est la rue qui a chassé un gouvernement devenu illégitime. Au Mali, c’est la rue qui avait chassé Moussa TRAORE.
Ma conclusion provisoire sera une sorte de repentance.
J’ai moi-même souvent fait référence à une Fraction de l’armée que j’avais cru Républicaine. De jeunes internautes, à juste titre, m’avaient souvent tancé en disant qu’il n’y a pas d’armée républicaine chez nous. Je dois malheureusement constater qu’ils avaient raison. L’armée guinéenne s’est toujours comportée à l’égard de ses propres compatriotes comme le ferait une armée coloniale d’occupation, parfois pire. Car une armée d’occupation n’a recourt aux exactions que pendant la période d’occupation. Dès l’occupation effective réalisée, elle revient à des valeurs républicaines. Et le drame de notre pays, c’est que l’armée dans sa totalité, pense que c’est un acte de bravoure que de maltraiter sa propre population en lui infligeant les exactions les plus barbares. Il ne se trouve pas un seul militaire pour s’y opposer.
L’armée, en Guinée, est une aberration économique et un obstacle à tout progrès du pays. Mis à part les massacres à répétition, à quoi sert une armée chez nous ?
Mamadou Billo SY SAVANE
www.guineeactu.com
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