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Le camp du Bataillon autonome de la sécurité présidentielle (BASP), communément appelé camp ‘’Koundara’’, situé derrière la RTG2 sur les berges de l’océan atlantique dans le quartier de Boulbinet, porte désormais le nom de camp ‘’ capitaine Joseph Loua alias John Makambo ’’, à la mémoire du garde rapproché de Dadis Camara qui a perdu la vie, en tentant de sauver le président lors de l’incident du 3 décembre.
La tentative d’assassinat du capitaine Moussa Dadis Camara, le jeudi 3 décembre dernier par son ancien aide de camp Aboubacar Toumba Diakité, a en quelque sorte déconcertée la junte.
C’est le moins qu’on puisse affirmer, après cet incident, qui ne serait qu’une des conséquences de l’anarchie qui règne au sein des Forces armées guinéennes.
Pendant que le capitaine Moussa Dadis Camara est en train de se faire soigner dans un hôpital militaire de Rabat, où il a été admis au lendemain de l’attentat qui l’a visé, le Conseil national pour la démocratie et le développement (CNDD), essaie de reprendre la main, avec son président intérimaire, le général Sékouba Konaté.
Celui-ci en bon chef militaire a entamé une tournée de sensibilisation dans les casernes militaires de la capitale et du pays profond, afin de faire changer de langage aux soldats qui jusque là n’en connaissaient cible les populations civiles qui n’ont que trop souffert des exactions des hommes en uniforme.que celui de la violence.
Le général Sékouba Konaté est aussi en train de procéder à une restructuration au sein des garnisons, à travers la nomination de nouveaux chefs militaires, capables d’instaurer la discipline militaire au sein de la troupe.
Dans cette foulée, le Bataillon autonome de la sécurité présidentielle (BASP), n’est pas épargné par le remue-ménage.
Ainsi, le camp Koundara abritant le dit bataillon a changé de nom.
Et a été rebaptisé le camp Joseph Loua alias ‘’ Makambo ‘’, à la mémoire d’un des deux gardes rapprochés du chef de la junte, tombés sous les balles de Toumba Diakité le 3 décembre dernier.
Joseph Loua qui a été également élevé au grade de chef de bataillon à titre posthume se serait interposé entre Dadis et son ancien aide de camp, après que ce dernier ait atteint le président à la nuque.
C’est ainsi qu’il aurait reçu plusieurs balles destinées au capitaine Moussa Dadis Camara, qui lui seront fatales.
Une stèle a été érigée à l’honneur de cet officier devenu un martyr pour le CNDD, au camp qui porte dorénavant son nom.
Le capitaine Joseph Loua qui était chargé des opérations au sein de la garde rapprochée de Dadis était âgé de 41 ans.
Il est né à N’Zérékoré, la capitale de la Guinée forestière et a bénéficié de stage dans certaines académies militaires en France, notamment à Paris et Montpellier.
Il doit son sobriquet de ‘’ Makambo ‘’ à des collègues originaires de la République démocratique du Congo (RDC), qu’il aurait rencontrés au cours de son séjour dans l’Hexagone.
Vu que Joseph était une sorte de trublion, ayant un goût pour la musique congolaise, ceux-ci vont le surnommer ‘’MAKAMBO’’, du ‘’ nom d’un célèbre musicien du Congo-Kinshasha’’, qui était à la page dans les années 90.
Le défunt a été élevé par une de ses tantes (la grande soeur de sa maman) ayant perdu très tôt sa mère biologique, rappelle un de ses proches.
‘’Makambo’’ comptait parmi le cercle de militaires fidèles au capitaine Moussa Dadis Camara, et il l’a prouvé le 3 décembre en se jetant sur Toumba qui était sur le point de porter le coup fatal au président.
Il laisse derrière lui une veuve et 4 enfants, dont trois filles.
L’aînée de ses enfants, âgée de 18 ans fait partie des Amazones formées à l’image de celles du Guide libyen, pour assurer la protection rapprochée du capitaine Dadis.
Des obsèques nationales seraient prévues semblent-t-il pour honorer la dépouille de Joseph ‘’ Makambo ‘’, une fois que Dadis sera de retour au bercail, selon des sources militaires.
Un retour qui n’a pas encore été annoncé par la junte, dont une délégation s’est rendue discrètement la semaine dernière au chevet du président de la République.
Cette délégation composée du ministre des Affaires étrangères, Alexandre Cécé Loua et son homologue de la Construction et de la l’habitat, Boubacar Barry était allée s’enquérir de l’état de santé de Dadis Camara, à en croire nos sources.
Camara Moro Amara Le Démocrate, partenaire de www.guineeactu.com
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