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Depuis l’avènement des jeunes patriotes à la tête de mon pays, la Guinée, tout le monde y va de son humeur ou couleur…politique, selon sa vision, erronée parfois, de l’évolution actuelle, suivant son allergie ou non, au porteur du kaki ou béret rouge.
L’on rencontre un peu de tout, des gens qui racontent également un peu de tout, sauf souvent, le réel vécu du Guinéen de maintenant. L’on protège quelques uns des acteurs politiques, en dépit d’une suspicion forte et lourde de vol du denier public, qui se colle à chacun de leurs pas effectués dans l’Administration guinéenne pendant des décennies.
Ces protecteurs répondent par des fantasques et menacent de porter le feu à la maison Guinée, parce que dans leur raisonnement, ces individus cessent d’être individualité, pour représenter toutes les régions et les populations de leur origine, appartenance, je ne sais, ethnique et/ou religieuse. L’on finit par l’hypothèse de l’extermination de ces entités humaines, et en ce siècle, par les nouvelles autorités. Etrange construction de l’imaginaire !
En voilà une curieuse conception de la démocratie et de la construction de la nation guinéenne !
A partir de ce moment, l’on cisèle des phrases vides, avec à la manière de chanoine pris en faute, et ceci, appuyé de truc brandi comme preuves. Il leur permet, paraît-il, de créer la légende selon laquelle, existerait d’intouchable Guinéen, futur messie de la Guinée, s’il ne l’est déjà.
Encore, si elle s’arrêtait-là, cette bouffonnerie ! Non, les bouffons s’opposent à tout. Et comme une grenade dégoupillée, toujours prête à exploser et à se venger, ils sont aux aguets pour récuser même l’évidence.
N’est-ce pas belle cette position de ceux-là qui prônent les élections transparentes pour une démocratie translucide, bien que les conditions minimum pour des règles de jeu démocratiques, soient loin d’être satisfaites !
Aboubacar Sakho de « L’Observateur » vient d’ouvrir une fenêtre sur le recensement en cours. Surestimation ou sous-évaluation du nombre des électeurs suivant les régions. Et l’on crie toujours : aux élections, aux élections !
Pourquoi ne pas commencer par créer la condition optimum à l’avènement d’une vie politique équitable, qui sera acceptable par la majorité des Guinéens ?
De quoi ont-ils peur, ces crieurs qui rament à contre-courant de la volonté des Guinéens ?
Or, la majorité de mes concitoyens veut, avant toute chose, savoir ce qui s’est passé réellement pour que notre pays, aux immenses potentialités, tombe si pauvrement dans la misère, du fait de ses propres enfants ayant présidé à sa gestion, sans âme humaine.
Les protecteurs ! Les voilà, toutes dents dehors, prêts à mordre, inscrits dans la farce et aussi prêts à enfumer leur contradicteur, pour humaniser leur idole, qui aurait la dimension surhumaine.
Or, à voir de près, le blocage et le freinage de la naissance de la véritable démocratie guinéenne, viennent de leur refus à consentir une petite parcelle à l’intérieur de leur bloc, hermétique et autiste à l’appel du peuple. Je parle bien de l’opposition politique guinéenne !
Cela échappe à nos faiseurs de roitelets. C’est pourquoi, ils pestent et se transforment en viragos exaltés, tirant à la kalachnikov sur ceux qui disent : oui aux élections, mais après le nettoyage. De tel discours leur fait gondoler.
La bouffonnerie leur fait oublier la réalité du bidouillage, érigé en système, dont faisaient partie, bien sûr, leurs grands vizirs. Je crie, à mon tour, que tous les grands de la basse et l’arrière-cour du système au Président défunt, qui a appauvri mon pays, doivent être soumis aux audits. Ce n’est pas par esprit de vengeance, mais pour que, plus jamais, la Guinée ne soit la proie des voleurs, et qu’au mérite, le travailleur guinéen du privé ou du public, soit rémunéré.
Si cette possibilité est offerte à mon concitoyen, je suis fin prêt à aider les protecteurs à béatifier leurs différents idoles ou icônes. Pour l’instant, je refuse l’offrande de mon pays au cirque des élections prématurées, qui n’apporteront rien d’autre que la continuité du calvaire qui dure cinquante ans déjà.
Ce n’est pas en s’esbaudissant sur les talents d’un tel ou d’un autre, que la lumière de la démocratie éclairera la Guinée, qui est couverte du manteau de honte des narcotrafiquants, des prédateurs, de saintes nitouches leaders vénérés et idolâtrés. La Guinée a besoin de patriotes prêts à la sortir de la boueuse marche entamée depuis 1958. Elle ne croit plus à la providence !
Donc, merci protecteurs et créateurs d’Hommes providentiels !
Nous autres, n’avons besoin que de contemporains partageant nos préoccupations, et capables de les résoudre avec nous, dans les conditions que nous déciderons, ensemble, sans l’extraordinaire pensum démocratique que nous impose la Communauté internationale, et qu’avalent, sans discernement, ni distance, ni recul, nos acteurs dits politiques ainsi que les très et trop vives forces.
Mais au fait, que proposent, réellement, ceux-là, en dehors de la réclamation d’élections pour lesquelles, ils ne trouvent pas d’accord sur la préséance du commencement ?
J’invite à décrypter les discours qui se ressemblent tous. Ils sont marqués du sceau d’un vide abyssal. Curieux, n’est-ce pas, pour qui sait la calamiteuse vie guinéenne ?
Malgré cela, nos frétillants protecteurs, de tout bord, donnent des brevets de patriotisme, des garanties, des diplômes d’ingéniosité, tous les jours à leurs idylles politiques. Ainsi en font-ils, les meilleurs génies capables de catapulter, par coup de baguette magique et en une fraction de temps, la Guinée dans le concert des nations développées. Ignorent-ils que l’édification d’une nation est une œuvre collective de très longue haleine ? Qu’elle est le fruit de l’apport des femmes et des hommes qui la composent et s’identifient à elle ?
Ceux qui tiennent ce discours, n’ont-ils pas un curieux rapport au réel guinéen ? Si la situation de mon pays n’était pas gravissime, j’en rirai, mais non, c’est plutôt attristant.
« L’opération élections » exigée, est une opération de transfusion, car elle n’est rien d’autre que le transfert de la gestion que nous rejetons, aux mêmes d’hier, qui se sont mués en politiciens aujourd’hui. Pourtant, ils ne sont ni moins, mais plus, responsables que ceux que nous découvrons actuellement sur le petit écran de la RTG.
Simplement que se poursuivent les audits ! Aussi, tout candidat, à tout type d’élections qu’elles soient, devra-il être audité sur son passé !
Alors, je dis : les meilleurs spectacles ont toujours une fin. La Guinée et ses populations veulent, cette fois, une fin à tous les crimes économiques, culturels et de sang, pour que le soleil de la vérité s’élève désormais à l’horizon de leur terre et brille, de tout son éclat, au firmament du ciel, pour le grand bonheur des générations de maintenant et de celles à venir !
Paris, le 15 mars 2009
Jacques KOUROUMA
pour www.guineeactu.com
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