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Nombreux sont les observateurs avertis de la scène politique guinéenne qui ont été sidérés d’entendre tout récemment l’ancien Premier ministre de transition, Jean Marie Doré, sortir de sa longue réserve pour se prononcer sur la crise ivoirienne. Pourtant, notre hebdomadaire a été le premier à se rendre au domicile du leader de l’UPG pour une interview sans tabou.
Habillé en tout blanc comme un officier de la Marine ce jour-là, l’honorable Doré nous a gentiment conduit dans sa petite case, mais il a refusé de nous accorder l’interview : « Non, je ne parle pas, je suis observateur » avait-il martelé. Ah oui, Jean Marie Doré ne parle pas à Infoguinée, mais il a enfin parlé, cette fois-ci sur les antennes d’une chaine étrangère, qu’il vilipendait pendant la transition.
Peu importe ce qu’il a dit ou ce qu’il voulait dire, mais d’aucuns pensent que si l’honorable Doré sait parler le latin, il aurait dû organiser une conférence de presse, comme il savait le faire lorsqu’il était dans l’opposition, pour parler du bilan des cent premiers jours d’Alpha Condé au pouvoir et donner son avis sur la question des audits, qui l’éclabousse aujourd’hui.
Tout le monde a appris avec consternation les accusations graves formulées contre son gouvernement de transition, qui est qualifié comme le pire de l’histoire financière du pays. Quant à l’ancien locataire de la Primature, il sait mieux que quiconque qu’il est accusé d’avoir détourné à tort ou à raison une bagatelle de 600 milliards de francs, sans compter la signature des marchés de gré à gré dans le secteur minier.
Le Président Alpha Condé a récemment fait venir une équipe de magistrats de la Cour des Comptes de Paris pour ‘’auditer’’ les marchés publics passés par l’Etat entre 2009 et 2010. Mais les conclusions de ce rapport indiquent que les recettes propres du pays sont de l’ordre de 4 500 milliards de francs par an, mais que les marchés validés par l’Etat, eux, se sont élevés à 3 700 milliards en 2009, contre 9 900 milliards de francs guinéens, en 2010. Aujourd’hui, personne ne comprend le silence du sieur Doré, lui qui était si prompt à réagir dans la presse, au temps de Lansana Conté, chaque fois que celui-ci toussait.
Comme le ridicule ne tue pas, c’est ce leader politique qui aspire sans gêne ni scrupules à diriger les rênes de la future Assemblée nationale. Mais comme le dit l’adage africain, la bouche qui mange ne parle pas, Jean Marie Doré accrédite la thèse selon laquelle il s’est ‘’sucré’’ dans les caisses de l’Etat, à force de ne rien dire. Surtout que des rumeurs courent ces derniers temps selon lesquelles son passeport aurait été confisqué et qu’il serait en résidence surveillée. Alors, accusé levez- vous !
Abdoulaye Bah
Source Infoguinee
www.guineeactu.com
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