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Son Excellence Monsieur Jean Graebling, Ambassadeur de France en Guinée salue l’avènement d’une ère nouvelle en Guinée, à travers l’élection du professeur Alpha Condé et rassure quant à la redynamisation de la coopération entre Conakry et Paris. Entretien…
L’Indépendant : Excellence Monsieur l’ambassadeur, nous voudrions savoir si vos attentes sont comblées avec le retour de la Guinée dans le giron des pays du continent qui aspirent à une vraie démocratie ?
Jean Graebling : Bien entendu, nous attendons depuis bien longtemps que la Guinée retourne dans un ordre constitutionnel et nous sommes tout à fait satisfaits que la transition ait pu arriver à son terme par l’élection d’un président.
Vu la tension qui a prévalu dans la période de l’entre-deux-tours, étiez-vous confiant que la Guinée allait retrouver une période postélectorale apaisée ?
Nous étions confiants et nous avons toujours eu confiance en la sagesse de la Guinée, dans la maturité des électeurs. Il est vrai qu’il y a eu quelques dysfonctionnements, quelques hésitations entre les deux tours dus à de nombreuses raisons sur lesquelles il n’est peut-être pas nécessaire de revenir. L’essentiel est que le processus ait pu être mené à terme. Et nous étions toujours persuadés qu’il allait être mené à terme.
L’avènement d’un président démocratiquement élu a permis de relancer la coopération entre Conakry et Paris dans une nouvelle dynamique. Pouvez-vous nous décliner les différents axes de cette coopération ?
Vous avez tout à fait raison, cette élection a créé un nouveau sentiment de solidarité avec la Guinée qui doit se traduire par une redynamisation de notre coopération. Non seulement de la France mais de la communauté internationale dans son ensemble. Si ce que nous appelons en France, la prime à la démocratie, dont nous estimons que la Guinée doit pouvoir tirer les bénéfices.
Quels sont les volets prioritaires de vos domaines d’intervention en Guinée ?
Alors, les domaines prioritaires de cette redynamisation sont les volets prioritaires des autorités guinéennes. Ce sont les volets définis par le président Alpha Condé, la coopération française et la coopération internationale répondent à des souhaits guinéens. Et nous essayons de satisfaire dans la mesure du possible ces souhaits. Alors pour être précis, une mission importante française était là la semaine dernière pour étudier les différents volets de cette coopération qui s’articulent – je vais être très rapide – autour de quatre axes principaux, l’un étant le domaine défense et sécurité. Vous savez c’est la réforme du secteur de la sécurité. L’autre, la gouvernance financière puisqu’il concerne le recouvrement des revenus, le contrôle des dépenses, un volet qui regroupe les axes prioritaires définis par le professeur Alpha Condé, c’est-à-dire eau, électricité, agriculture et un quatrième volet qui est le domaine de la santé.
Des milliers d’étudiants se pressent aux portes de votre chancellerie dans l’espoir d’obtenir une inscription dans les universités françaises : Pouvez-vous nous dévoiler le nombre de visas accordés annuellement à ces postulants ?
Là, je suis obligé encore une fois de repréciser ce qu’est Campus France, si vous le permettez. Campus France est un organisme au service des étudiants, qui les oriente, qui les conseille et qui les dirige vers les universités françaises. Les étudiants qui effectivement se sont pressés très nombreux aux portes de Campus récemment sont les étudiants qui étaient en train de faire leur préinscription aux universités françaises. C’est lorsqu’ils recevront leurs avis de ces universités françaises, après avoir passé un entretien à Campus France, ils feront (ou ne feront pas) leur demande de visa. C’est-à-dire qu’il n’y a pas de rapport direct entre une inscription à l’université et le visa. Et c’est très important de souligner ça ! Parce que beaucoup trop d’étudiants, de candidats, ou de faux candidats aux universités françaises imaginent que c’est un moyen pour avoir un visa. C’est faux !
Certains observateurs pensent que le concept d’immigration choisie consiste à capter le flux d’Africains qualifié. Partagez-vous cet avis ?
C’est un avis qu’on entend et c’est un avis qui est erroné. Ce n’est pas notre politique et c’est même l’inverse. C’est ce qui explique la sélection accrue que nous faisons sur les candidats que nous retenons pour faire les études en France. Comme je vous l’ai dit – et je vous le répète et le répète avec force – les études en France ne sont pas un moyen d’obtenir un titre de séjour ou un visa pour la France. Les étudiants qui vont à l’ambassade avec cette idée font une erreur ; parce que ce n’est pas ça notre politique. Notre souhait est de former des Guinéens et les élites guinéennes pour qu’elles puissent revenir et travailler au service du pays. C’est ça le but et ce n’est certainement pas de les détourner de leur pays.
Nous allons terminer en parlant des médias. Qu’avez-vous prévu dans le cadre de l’assistance à la presse guinéenne de façon générale ?
Alors, de façon générale, je crois que, notamment du côté français, nous avions été particulièrement actifs avec le lancement de la Maison de la presse dont vous avez bénéficié et que vous avez vu fonctionner lors des élections. Il s’agit maintenant de continuer cet effort, c’est-à-dire de pérenniser cette activité, de continuer à ce que la Maison de la presse soit un centre pour vous les journalistes et cela va être l’axe essentiel de notre effort. Nous continuerons également à mener des actions en direction de l’institut de journalisme.
Propos recueillis par Dian Baldé & Alpha Ibrahima L’Indépendant, partenaire de www.guineactu.com
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