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« Hadja Mame avait été récusé par le camp d’en face sur aucune base. Nous, nous avons récusé Louncény Camara sur la base des faits à savoir notamment les élections du premier tour dans la commune de Ratoma. »
AFRICAGUINEE.COM : Bonjour M Touré ! Votre alliance Cellou Dalein président réclame toujours la nomination d’une personnalité de consensus pour remplacer Louncény Camara à la présidence de la CENI. Faut-il craindre un boycott du scrutin du 24 octobre si cette exigence n’est pas satisfaite ?
Sidya Touré : Bonjour ! Eh bien, pour nous Louncény Camara n’a jamais été élu. D’ailleurs vous savez qu’il y a une pétition qui vient d’être signée.
Les pétitionnaires représentant 13 membres sur 22 ont tenu une conférence de presse pour dire que cette élection n’a pas été régulière et que si cela doit menacer l’existence ou le fonctionnement d’une institution technique comme la CENI il vaut mieux revenir à la la raison.
Je crois que nous sommes tous assis sur un consensus ici. Nous avons les institutions de la transition qui sont là par consensus. Que ce soit le CNT, que ce soit la primature.
Il faut donc qu’on comprenne que dans une institution comme celle-là, qui doit nous conduire aux élections, élections qui doivent nous permettre d’amorcer le développement économique et social de ce pays dans la paix. Il est important d’avoir une personnalité de consensus pour que quand les résultats sont proclamés, tout le monde comprenne que les résultats qui sont donnés sont conformes à son score.
Donc c’est une question extrêmement importante. C’est une question centrale pour la finalité de cette transition qui dure et qui aujourd’hui nous met dans une situation très difficile.
Voilà pourquoi nous avons souhaité avoir une personnalité de consensus. Je crois que c’est une demande qui est régulière qui est entrain d’être examinée.
Lundi dernier 13 membres de la CENI dont Hadja Aminata Mame Camara ont signé une pétition pour réclamer la nomination d’une personnalité neutre à la tête de la CENI. Quelle est votre réaction sur cet acte qui confirme une division au sein de la CENI ?
Oui ! C’est ce que je disais tout de suite. La CENI ne travaille pas depuis cette soi-disant élection de M. Louncény Camara. Ce Monsieur n’a pu produire aucun document.
Que ce soit donc une réalité pour tout le monde, c’est une CENI qui est en panne depuis pratiquement trois semaines. Or, on veut faire les élections le 24.
Il est donc urgent qu’on se penche sur cette question. Et c’est au vu de cela que certains membres de la CENI se sont réunis pour dire attention nous sommes en train d’aller sur une voie sans issue. Nous sommes des Guinéens.
Nous avons une responsabilité et cette responsabilité est de conduire le pays à des élections. Donc ces gens ont demandé à ce qu’une pétition soit signée pour mettre à la tête de la CENI quelqu’un qui ne serait pas contesté.
Hadja Mame avait été récusée par le camp d’en face sur aucune base. Nous, nous avons récusé Louncény Camara sur la base de faits, à savoir notamment les élections du premier tour dans la commune de Ratoma. L’UFDG a écrit une lettre et a porté plainte contre ce Monsieur. On avait donc raison de le récuser.
Après la nomination de Mgr Gomez et de Me Amadou Salifou Kebe, l’alliance du Pr. Alpha Condé a condamné toute tentative d’imposition d’une personne extérieure à la présidence de la CENI et l’église anglicane n’apprécie pas la nomination d’un religieux au niveau de la CENI. Quelle personnalité neutre suggéreriez-vous pour la présidence de la CENI ?
Nous n’avons pas suggéré quelqu’un pour la présidence de la CENI. Nous n’avions pas suggéré. Ce n’était pas notre proposition. C’était celle de la société civile qui tendait à permettre la sortie de crise. Vous savez la CENI n’est pas une institution républicaine. Les membres des institutions républicaines sont élus. La meilleure façon c’est de faire en sorte qu’un consensus soit obtenu.
L’erreur qui avait été commise c’était de dire que Mgr Gomez allait venir compéter avec quelqu’un. C’était inimaginable. Nous n’avons rien contre Mgr Gomez, mais nous n’avons personne à citer. Puisque dès que vous citez une personnalité on va dire que c’est parce qu’elle est proche de vous alors que ce n’est pas le cas.
Aujourd’hui certains observateurs craignent des troubles dans le pays ou un retour de l’armée au pouvoir si la classe politique guinéenne ne débloque pas cette crise qui paralyse le processus électoral. Partagez vous cette crainte ?
Nous craignons d’abord que la situation se détériore. D’ailleurs elle est déjà détériorée sur le plan économique et social. Nos populations vivent dans une situation de précarité inimaginable.
Vous savez que le deuxième tour devait avoir lieu depuis le 04 août, ce n’est pas nous, ce n’est pas notre alliance qui avons voulu qu’il y ait les 24 points à résoudre.
C’est la constitution qui dit qu’on doit organiser le 2e tour 14 jours après la proclamation des résultats définitifs. Ceux qui ont exigé à ce qu’il y ait un nouveau découpage, de nouvelles cartes et qu’on forme les gens, ce sont eux qui ont retardé les élections et qui nous ont amenés là où nous sommes. Donc c’est à eux qu’il faut demander dans quel objectif ils ont fait cela.
Pourquoi a-t-on demandé à ce qu’on ait un délai de trois mois pour les élections ? Il faut éviter qu’on continue cela. Ils n’ont pas pu impliquer le MATAP, maintenant ils veulent mettre la main sur la CENI et croire que les élections peuvent se passer dans ces conditions.
Il faut qu’on aille dans le bon sens. Il faut accepter le consensus et le consensus c’est le choix d’une personnalité neutre à la tête de la CENI, même si cette personne est extérieure à la Guinée, la CENI étant une institution technique.
Pas plus tard qu’hier le président de la transition a reçu les deux candidats en lice pour le second tour et leur a demandé de former un gouvernement d’union nationale quelle que soit l’issue du scrutin. Vous qui êtes pressenti au poste de premier ministre si toutefois c’est l’alliance Cellou Dalein président qui gagnait, seriez-vous prêt à tendre la main au camp adverse ?
Si on a tendu la main c’est parce que l’alliance est d’accord. Pourquoi voulez-vous qu’on exclue des gens ?
Moi je ne vois aucun inconvénient à cela. Plus nous serons nombreux avec des opinions diverses mieux ça sera bon pour ce pays. Il ne faudrait pas que cela soit de simples discours.
Dans votre déclaration rendue publique mercredi vous aviez demandé l’implication du président de la transition le Général Sékouba Konaté pour la gestion de la crise. Selon vous comment doit-il procéder ?
Je ne peux pas vous dire la manière dont il va procéder pour résoudre ce problème. Il est le chef de la transition. Cela est donc normal que quand il y a un blocage, il intervienne. Et cela s’est fait au Mali avec la transition du Général Amadou Toumani Touré.
Nous avons même vu récemment le président Laurent Gbagbo dissoudre la CEI (commission électorale indépendante de la Côte d’ivoire) et le médiateur est venu, ils se sont assis autour d’une table et ont débattus sur la question.
Donc on estime qu’il doit y avoir une solution consensuelle de sortie de crise et il appartient au président de la transition de trouver des solutions.
Nous avons rencontré le ministre d’Etat secrétaire général à la présidence, nous lui avons fait passer le message, nous attendons la suite peut-être même aujourd’hui.
Avec le début de la campagne présidentielle l’une des énigmes reste bien sûr le respect des consignes de vote au sein des alliances. Au niveau de l’UFR, pensez-vous que vos militants vont soutenir votre candidat Cellou Dalein Diallo ?
Je suis président de mon parti depuis plus de dix ans. Mes militants me connaissent et me font confiance. Donc si je fais un choix c’est que je l’ai fait à bon escient.
Ceux qui spéculent sur le fait que cela ne pourrait pas se faire, je pense que s’ils avaient cette assurance il y a longtemps qu’on serait parti aux élections.
Donc nous, nous sommes confiants, nos militants sont derrière nous. Le gouvernement sera composé de Cellou Dalein et de moi-même.
Je serai donc là. Ceux qui me font confiance ont la garantie de la bonne marche de l’Etat. On a mis cette alliance sur des règles qui permettent à l’UFR de participer à l’exécution du programme que nous avons mis en place avec l’UFDG.
Je les encourage donc à me faire confiance et leur dis que ma présence est une garantie que la bonne gouvernance sera au rendez-vous.
Le mot de la fin …
Mon mot de la fin est un souhait que je formule afin que nous sortions de cette transition. On ne sait plus par où donner la tête avec la valeur des devises qui ne cesse de monter.
Le panier de la ménagère qui diminue parce qu’on fabrique de la monnaie qu’on dépense n’importe comment. Il est temps qu’on pense à cette population. La meilleure manière c’est de trouver les solutions de sortie de crise.
Donc on encourage tout le monde à œuvrer pour qu’on sorte de cette situation. Je le dis et je le répète, chacun d’entre nous pris individuellement, que ce soit moi, Cellou ou Kouyaté ne vaut pas la Guinée. La Guinée est notre bien actif. La Guinée est menacée c’est d’abord la Guinée qu’on cherche à sauver.
Source : http://www.africaguinee.com/
www.guineeactu.com
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