dimanche 26 juillet 2009
Interview de Jacques Kourouma (Rediffusion)
Jacques Kourouma

Quelques mois après les douloureux événements de Janvier et février 2007, Jacques Kourouma avait accordé cette interview à guinea-forum.org que nous rediffusons aujourd’hui. Certains de ses propos, au regard de ce qui s’est produit dans notre pays, semblent relever d’une prophétie. Voici l’intégralité de cet entretien.

 

Guinea-forum : Bonjour MonsieurKourouma

 

Jacques Kourouma : Bonjour !

Nous sommes heureux de vous recevoir

 

Moi, également !

 

Pouvez-vous vous présentez aux millions de lecteurs de guinea-forum ?

 

Pour commencer, je voudrais faire une mise au point. Les propos qui vont être les miens dans cet échange sont sincères et les pense profondément. Ils ne sont nullement dressés contre la personne des gens dont je vais dénoncer les actions. Il s’agit d’un débat d’idées, d’une vision réaliste, de comment je veux voir mon pays dirigé et géré. Ce n’est ni violent, ni brutal, même si les mots ont cette résonance parce que quand on parle des assassins de la République et de nos enfants, il faut les appeler tels et les peintres avec les mots qui les décrivent le mieux. Si ceci est compris, je réponds volontiers à vos questions, sans tabou, en toute liberté, mais avec conviction et la force de ma détermination à vouloir placer mon pays sur l’orbite de la liberté vivante et agissante.

 Parler de soi est souvent un exercice difficile, mais je vais essayer de satisfaire votre curiosité.

Je suis né à Lola. Je suis le dernier des huit enfants de ma défunte mère et le quatrième de ses garçons. Je suis père de 4 enfants dont deux garçons et deux filles. Permettez-moi, en ce moment précis, de rendre encore un hommage à ma mère qui a fait de moi ce que je suis. Elle m’a donné la force de dire devant le plus puissant et le plus fort, en face du plus faible et du plus humble, la vérité ; avec un ami ou un adversaire de pouvoir lui parler de mes profondes pensées et d’affirmer ma conviction sans peur, ni fanfaronnade, toujours dans le respect de chacun dans ce  qu’il est ou pense être. D’elle, je détiens le courage qui accompagne mes actions et prises de position, l’amour sincère et franc dans la réalisation de mes rapports avec mes prochains. Elle m’a poussé à m’affirmer en me procurant les outils nécessaires pour me réaliser. Ce fut l’école où j’ai récolté quelques outils de compréhension de la vie, c’est-à-dire des diplômes que je m’abstiens d’énumérer.

Après avoir étalé un parchemin qu’est-ce qu’il faut garder à l’esprit, me dis-je souvent ? Le diplôme n’est qu’une clef pour s’ouvrir la vie. La compétence s’acquiert dans l’activité et se prouve dans ses résultats. Il n’y pas un diplôme qui fait d’un homme ou d’une femme un ministre. La notion de ministre est liée à l’appartenance à une équipe ou un groupe politique dont les membres partagent et cultivent la même philosophie, les mêmes convictions et un idéal pour un pays et un Etat.

Donc le diplôme n’a de valeur que de l’utilité qu’il produit chez le détenteur ou qu’il offre à la société.

 

Pourquoi avez-vous l’air de banaliser le diplôme ?

 

Je ne fais que replacer les choses dans leur contexte et juste valeur pour éclairer nos compatriotes. Comme jusqu’à présent ce sont des médiocres qui nous ont gouvernés, le diplôme est devenu une sorte de parapluie protecteur. Il semble être une mesure valorisante. C’est du superflu à mes yeux. Les grands hommes n’ont pas souvent été de grands diplômés. Ce n’est pas pour autant que je lui dénie toute valeur. Ce serait prétentieux de ma part ! Il est nécessaire dans l’approche, l’analyse et la compréhension des mécanismes de l’administration, de l’enseignement, de la création et de la recherche, de l’emploi ou travail, bref, il est utile dans l’approche global d’un monde en construction permanente. Mais il ne doit pas constituer la seule mesure qui saurait déterminer la capacité et le génie d’un homme ou d’une femme. Les Guinéens, en particulier et l’africain, en général, ont cette propension à l’exhibition de titres. Or, malgré ces titres bardant les frontons, nos pays sont toujours en retard, sous développés.

A quoi servent-ils ces prestigieux ou élogieux titres ?

Tout cela pour dire que tant que nos gouvernants ne créent pas l’espace nécessaire à l’expression du génie de leurs citoyens, le diplôme demeurera un simple papier. Tant que la Guinée ne donnera pas la possibilité à son intelligentsia de rendre utile sa capacité créatrice, de la valoriser par et dans le travail producteur de biens et de richesses, de léguer son expérience et son savoir aux générations successives montantes, le diplôme ne sera qu’un moyen alimentaire. Tant que ses intellectuels ne seront pas associés à la construction de l’Etat, tous leurs savoirs et connaissances seront un gâchis criminel dont la seule responsabilité incombera au pouvoir politique qui les aura refusés. C’est cela la vérité. C’est aussi la réalité.

 

Vous êtes connu par des milliers de Guinéens à travers vos écrits francs qui  engagent. Qu’est-ce qui vous pousse à avoir une telle pugnacité, une telle ferveur patriotique ?

 

Dans la vie, quand on aime une chose, on en devient le gardien. En amour, on le nomme la jalousie, dans le cas de la patrie, cela s’appelle le patriotisme. Je suis un patriote convaincu que seule la démocratie fait avancer un pays. Cependant trois faits dimensionnent mon engagement et portent mon combat. Il s’agit de ma séquestration au camp Boiro, de mes longs séjours ivoirien et européen.

Au camp Boiro, j’ai découvert le pouvoir politique guinéen dans sa nudité et sa cruauté sans dire dans sa criminalité. Pendant longtemps, Sékou Touré s’est joué des Guinéens à travers un discours politicien et une idéologie, artifice habilleur de ses crimes contre notre pays. Au Camp Boiro, je l’ai compris, alors, j’ai appris à lire l’histoire à l’endroit. L’Etat guinéen s’est bâti sur un socle de mensonges et de meurtres au nom d’une fierté imbécile. J’ai écrit : « Tous coupables… » En effet, en analysant notre histoire, je m’aperçois que les victimes et les bourreaux peuvent, en bien de nombreux points, être placés sur le même plan. C’est dans notre pays que l’on rencontre des pères de famille qui abandonnent subitement et brutalement leur ami lorsqu’il est faussement accusé de complot par le pouvoir. Le plus souvent, au lieu de le défendre, ils l’enfoncent et se précipitent, peu de temps après son arrestation, sur son épouse, ses biens et guettent son poste. Ils deviennent méconnaissables par les enfants qui l’appelaient, hier, « Tonton » et par leur maman qui les nommait affectueusement « mon mari ou mon chéri …» Ils deviennent étranges et étrangers. Cruelle métamorphose !

Dans les cellules du sinistre camp, j’ai écouté parfois la confession de ces ignobles créatures. Elles voulaient se repentir, mais c’était trop tard, car vivaient, quelque part, des veuves et leurs enfants, orphelins précoces, menant parfois une vie végétative. Cela était sur leur conscience. L’ironie du sort avait fait de sorte qu’ils occupaient la place des amis qu’ils avaient trahis dans les lugubres et assassines cellules du PDG sanguinaire. Après avoir écouté la kyrielle de récits cadavériques, je me suis résolu à lutter pour éviter que de tels crimes ne continuent à se produire ou ne se reproduisent.

 

En Côte d’Ivoire, j’ai compris que le patriotisme, n’est pas un mot dépourvu de toute charge sémantique et affective. C’est un état d’esprit et une prise de conscience C de l’appartenance à un espace géographique qui conserve des histoires individuelles et collectives pour en faire le creuset d’un sentiment national. Ce sont aussi la contribution et la participation actives à l’édification de la Nation et de l’Etat de tous les citoyens, chacun selon ses possibilités, son intelligence, ses moyens à des niveaux divers et variés. Nous n’avons jamais eu ce sentiment habité les Guinéens.

Houphouët Boigny m’a instruit d’une vérité. Le « Vieux » avait réussi à faire de la Côte d’Ivoire, un pays moins loti que le nôtre, un Eldorado. Cette expérience, bien qu’à l’époque, j’étais petit, m’a forgé à aimer ma Guinée natale par dessus tout. Houphouët m’a inculqué que le dialogue est une arme capitale dans les rapports que tissent l’Homme avec son semblable et les Etats entre eux. Cela a été pour moi, telle une vocation, à vouloir semer et prospérer deux choses sur la terre de nos ancêtres :

1)                 la tolérance qui passe par l’acceptation de la différence de l’autre pour converger vers une unité dans la solidarité mutuelle ;

2)                 la résolution de tout différent par et avec le dialogue. La démarche apaise toute tension ou brutalité. Tout cela en s’appuyant sur l’intelligence humaine individuelle et/ou collective dont les ressorts les plus solides trouvent les racines dans nos traditions ancestrales. Ce mélange et cette symbiose participent de la construction d’un Etat fort en constante mutation.

Alors, quand Lansana Conté se cabre tel un âne en refusant le dialogue sous prétexte qu’il est militaire, je me révolte et le déclare ennemi de mon pays et son peuple. Voilà pourquoi, je combats son système avilissant et meurtrier. La Côte d’Ivoire d’Houphouët Boigny m’a donné les armes du dépassement de soi pour une ouverture vers l’autre, non pas au travers d’une fierté imbécile, mais d’un patriotisme sans fard qui incorpore les valeurs des traditions au service de la patrie à moderniser.

Il y a la France où je me suis fait au contact de la démocratie, de la liberté dans la parole et dans la créativité par le travail au mérite.

Ces facteurs, que je veux voir être une réalité vivante dans mon pays, motivent et orientent tout mon combat contre les systèmes et non les acteurs qui sont, à mes yeux, perfectibles s’ils sont placés dans les conditions et cadres qui leur permettent de se libérer positivement. J’ai été long, ne m’en voulez pas. Il s’agit de la Guinée !

 
Quel diagnostic faites-vous de la situation guinéenne avant, pendant et après les tueries de janvier et février 2007 ?

 

 Le diagnostic de la situation guinéenne avant et pendant le carnage est connu de toutes et tous. C’est l’après qu’il faut construire, préserver et surveiller comme le lait sur le feu. Notre pays a besoin d’une veille démocratique permanente. Ce que vivent nos populations depuis l’indépendance ne doit plus ni se maintenir, ni se reproduire. Cela doit être le phare de toute action politique, l’essence de tout programme de société qui serait proposé à la Guinée.

Quand j’observe que depuis l’accession à la souveraineté nationale, ce sont des médiocres et minables Hommes, groupes familiaux ou claniques qui l’ont gouvernée, ma colère est sans borne. Je m’emploie et me battrai, ma vie entière avec tout mon génie, ma force, mon intelligence et mes relations pour déraciner les systèmes compradores, sanguinaires et mafieux dont les symboles sont le PDG et son zombi, le PUP. J’ai une foi inébranlable dans le triomphe du combat final. Le système de Lansana Conté qui est le prolongement du PDG doit être enterré avec la brutalité qui a accompagné son règne. Ses animateurs n’ont eu un quelconque souci pour le devenir heureux de nos populations. Maintenant, il faut à la Guinée de vrais patriotes. Ce qui m’amène à l’après tuerie de Lansana Conté.

Des récents carnages, j’ai retenu six faits fondamentaux :

            La puissance et la force volcaniques  d’un peuple lorsqu’il décide d’écrire sa propre histoire ;

            La virtualité des frontières ethniques dont beaucoup en font un fonds de commerce à leur action politique ou gouvernementale ou encore pour leur promotion  personnelle ;

            L’engagement et la mobilisation de la jeunesse guinéenne ;

            La solidarité des Guinéens expatriés, ce n’était pas un fait nouveau, mais l’ampleur mérite de l’évoquer ;

            Le défaitisme de l’armée guinéenne ;

            Le point d’ocre reste éminemment la haute prise de conscience des Guinéens et Guinéennes.

Il y a la soif du peuple à vouloir s’abreuver à la source du bonheur,  faire vivre ses enfants d’espoir qui se transforme positivement en réalité et se renouvelle suivant les générations en s’adaptant à l’évolution du pays et du monde.

Nos plus de 500 morts, même si les assassins et commanditaires tentent d’amoindrir l’étendue de leur crime, un seul Guinéen tué est un meurtre à punir ; une goutte de sang versé d’un Guinéen est un crime à réprimer avec vigueur. Tout Guinéen où qu’il se trouve, de quel que statut qu’il soit doit se battre pour que la justice se fasse. C’est pourquoi nous n’aurons aucune excuse en laissant asseoir le gouvernement crépusculaire de monsieur Lansana Kouyaté. J’entends dire « Donnons du temps à ce gouvernement, Soutenons-le… » A ceux-là, je réponds : quel temps les systèmes politiques qui ont gouverné le pays nous ont-ils accordé en terme de bonheur, de bien-être pour que nous les redevions un temps ?

Peuple de Guinée, le gouvernement Kouyaté est servant du système Conté, le meurtrier de nos enfants, l’affameur de nos populations. Lansana Kouyaté est un PM de sous main parce que tant que l’animal de nuisance, Conté sera là, rien ne changera. Ses postures, ses déclarations d’apparence lénifiantes ne sont que de la poudre aux yeux. Ne nous trompons pas encore !

 

Vous avez un jugement sévère ?

 

Ce n’est pas le sentimentalisme qui fait la politique. Il faut être pragmatique et donc réaliste. Je veux illustrer mes propos. Dans nos traditions, lorsqu’un fils ou une fille rentre d’un voyage, il prend les nouvelles des parents et connaissances. Les jours qui suivent, il ou elle rend visite aux familles et alliés. Le plus souvent, ces visites commencent par ceux ou celles qui ont été frappés par un malheur puis les autres après. Ceci est vrai en politique. Quand il y a des calamités naturelles, des catastrophes ou des conflits sociaux en un endroit de son territoire, le politique lucide et responsable se déplace pour aller exprimer sa compassion (vraie ou fausse) aux victimes. On n’a pas besoin d’être diplomate pour avoir cette présence d’esprit. C’est du bon sens ancré dans nos traditions. Mais qu’a fait le PM du système Conté ?

Au lieu de visiter les villes meurtries de nos provinces et adresser un message d’espoir à leurs populations, il a pris l’avion pour venir en France, en cette période électorale où les institutions françaises fonctionnent au ralenti. Mieux, il déclare être venu pour dire « Merci à Diouf de la francophonie ». Certains me répliqueront, peut-être, mais il était venu négocier. Négocier quoi ?

Je leur rappelle qu’après les assises des 16 et 17 mars 2006 qui avaient réuni les partis politiques et les forces vives, l’UE et ses partenaires avaient desserré l’étau financier imposé à la Guinée dans l’optique de la préparation et de l’organisation des législatives. L’argent était disponible. N’aurait-il pas été plus simple pour le PM de mandater certains de ses collaborateurs ?

Actuellement, le taux de change a chuté, ce qui est une bonne chose. Cependant les prix ne suivent pas la baisse. La masse monétaire semble diminuée sans la faire suivre de mesures d’accompagnement qui permettraient un équilibre entre l’offre et la demande. Les prix à la consommation restent au niveau qu’ils avaient avant la grève. La souffrance des Guinéens demeure intacte. Et le PM ministre ne se serait pas gêné de bitumer la voie qui conduit chez lui comme le faisaient les précédents ministres. Pendant ce temps, les travailleurs guinéens ont du mal à circuler pour se rendre au travail. Où sont les indices du changement ?

 

Selon vous, quels sont les défis qui attendent le nouveau Premier Ministre ?

J.K. : Aucun défi attend le PM parce qu’il ne se positionne pas comme un responsable prêt à soulever les obstacles qui enserrent notre évolution positive. Le vol continue, Lansana Conté poursuit allègrement la jouissance de notre patrimoine, la corruption est toujours là, l’administration encore gérée par les mêmes prédateurs, la justice dans la tuerie de nos enfants se fait dans le discours et non des actes, les clans ne sont pas inquiétés, mieux, il les fréquente, les remet petit à petit en selle (Mamadou Sylla, par exemple), sa promiscuité douteuse avec le milieu d’affaire libanais…, etc. Aucun signe probant ne semble poindre à l’horizon du ciel guinéen.

Les marchés de gré à gré qu’il octroie, les transactions qu’il opère avec Mamadou Sylla, l’homme dont la libération avait déclenché la grève, les compromis vaseux avec Lansana Conté qu’il légitime plus que jamais sont de nature à me faire dire que le PM paraît se satisfaire de la permanence du mal guinéen. Les défis ne devraient-ils pas justement être d’apporter les remèdes à ces fléaux ? S’il y a un défi, c’est au peuple de Guinée de le relever. Celui-ci est de faire partir le système Lansana Conté.
 

 Quelle est la chance de réussite du nouveau gouvernement ?

 

Un adage de chez moi prône cette idée : « A la démarche matinale du poussin, l’on peut se prononcer sur sa survie ou non »

Au regard de ce qui précède, peut-on parler de réussite ?

Lansana Conté et son système étant encore aux affaires, je le répète, aucun pouvoir ou aucune personnalité ne peut remettre le pays en route. Cette réalité doit être comprise par tous les Guinéens et nous mobiliser pour les chasser. La chance de réussite viendrait si monsieur Kouyaté accepte de concevoir que c’est le peuple de Guinée qui l’a placé là et non le contraire. S’il s’appuie sur lui et opère les changements nécessaires et obligatoires. Or, le PM ministre ne peut appliquer que la politique du système Lansana Conté parce que son maintien dépend de la volonté de ce dernier. Sincèrement, je ne crois pas au chant de la sirène du changement avec le PM.

 

Vous êtes alarmiste ?

 

Non, j’ai toujours dit que j’ai pactisé avec mes compatriotes. Je leur dois la vérité. Le PM ministre est sorti de nulle part. Il ne peut poser un quelconque acte si Lansana Conté ne l’accepte pas. Soyons attentifs aux faits. Il a mis un mois pour former son gouvernement. Aujourd’hui le pays n’est pas administré parce que les représentants de l’Etat ont été chassés par les populations des villes de nos provinces (30/33 préfectures) qui restent livrées à elles-mêmes. Dans quel pays nous trouvons-nous ? Et la nomination de ces cadres tarde à venir. Pourquoi ? Le PM a-t-il vraiment la main libre ? Quelle est sa marge de manœuvre dans l’exercice de ses prérogatives ? Je ne le crois pas, mais il déclare avoir la liberté que lui confère le poste. Non, je ne suis pas alarmiste, je ne suis que réaliste et pragmatique.

 

Alors que pensez-vous de la situation politique en Guinée par rapport au rôle des partis politiques traditionnels ?

 

L’humanité est en grande mutation aujourd’hui. Sur le plan politique, des idées novatrices sont nées, l’action politique n’est plus la même que celle d’hier. Tous les pays connaissent le vent du renouvellement de la classe politique. Il y a des nouveaux acteurs politiques qui émergent avec de nouvelles pensées et de nouvel idéal qui cadrent avec le monde en globalisation. Cela est désormais irréversible. Nos aînés de la politique guinéenne ont à intégrer cette marche et préparer le relais. En attendant, je les rends hommage et plus particulièrement à ceux qui ont enlevé à leur action politique les oripeaux ethniques, régionalistes, car c’est en rassemblant tous les Guinéens que le pays s’élèvera pour rendre à ses enfants la dignité humaine.

Mais attention ! L’agitation des relayeurs suscite des précautions. Les jeunes cadres guinéens qui aspirent à une activité politique ont intérêt à rompre avec les anciennes pratiques. Or, nombreux sont ceux qui voient midi seulement à leur porte. Attitude dangereuse ! La jeunesse guinéenne peut réussir en transcendant les artifices posés, ici et là, au nom d’une philosophie ethnocentrique. La gestion politique du pays dépendra désormais de l’ouverture des volets restés fermés sur l’ethnie.

Les partis traditionnels vont voir les leaders disparaître si ceux-là n’acceptent pas le passage du témoin parce qu’avec le renouvellement des classes politiques à travers le monde, ils n’auront plus les relations qui les cautionnaient dans le statut de leader. Alors pourquoi ne pas anticiper de façon clairvoyante une retraite honorable que l’histoire enregistrera. Ce retrait ne serait pas synonyme d’abandon. Il s’agit d’une nouvelle avant-garde parce que la force de l’âge ne répond plus, l’énergie nécessaire pour mener les activités s’essouffle, parce que les neurones ne sont plus actifs…, etc. La politique se faisant avec un corps et un esprit vifs et actifs, le changement de leader s’impose par la force de ces choses. Ceci concerne les Hommes.

En ce qui concerne les idées ou idéologie même, là aussi, la vision des choses, l’appréhension et la compréhension des faits ainsi que leur analyse, imposent de nouveaux éclairages qui ne sont plus ceux des anciennes écoles. Le monde change, la politique avec et ses animateurs suivent cette mutation.

 

Pensez-vous que l’armée, qui fait partie intégrante et très importante de la misère du pays sera un jour la source du remède au malheur qui frappe le pays ? En d’autres termes, pensez-vous qu’il existe encore des patriotes au sein de l’armée prêts à défendre le pays après les débâcles et les tueries de Janvier et février 2007 ?
 

L’armée guinéenne est traversée par le courant qui va emporter le système Lansana Conté. Certes, elle s’est fourvoyée en ne se mettant pas du côté de son peuple, au moment où il fallait. J’ose croire qu’elle a su tirer les leçons de ce défaitisme historique et qu’elle a entendu le message des Guinéens. Désormais, elle est dans l’obligation de réparer sa lourde faute, je pense qu’elle s’y mettra pour enfin se réconcilier avec leurs frères et sœurs de Guinée. J’ai cette confiance encore en elle.  J’invite en cette occasion, toutes les forces armées  de toutes les casernes à laver l’affront des derniers événements et à restaurer la confiance entre elles et leurs compatriotes. Elle en a les moyens et la capacité.

Oui, nos forces armées recèlent de nombreux patriotes qui vont le prouver. Apprêtons-nous à les soutenir quand ils interviendront, car ils seront nos libérateurs.

 

La question ethnique est le fusible dangereux de la Guinée. Quel conseil donnez-vous d’abord aux hommes du pouvoir et ensuite au citoyen ordinaire pour éviter que le fusible ne saute ?

 

 Avant de donner un conseil, il faut être convaincu de la réalité de ce fait social. Il est lié à l’existence même de la société humaine. Lorsque tout se passe bien ; c’est-à-dire quand ceux qui dirigent créent les conditions productrices de biens, l’ethnocentrisme est marginalisé. Il s’affirme au plus fort lorsqu’il y a une crise. En ce moment, il y a plusieurs niveaux. Au sein d’une nation telle que la nôtre, chaque individu se replie sur son entité originelle et voit en l’autre une menace. Et les médiocres et incompétents au pouvoir récupèrent cette posture pour construire une idéologie d’opposition, comme cela se passe chez nous aujourd’hui. L’ethnocentrisme devient le paravent derrière lequel ils s’abritent pour cacher leur incurie. Ils utilisent les groupes sociaux, non pas pour les rendre heureux, mais pour satisfaire leurs égoïstes privilèges. Malheureusement, une partie du peuple (surtout les intellectuels) s’adaptent au jeu pour expliquer la misère à ceux de leur micro culture. Dans les Nations où ce clivage est dépassé, ce sont les étrangers qui deviennent la cible expliquant la situation de crise. En France, on indexe les immigrés, ailleurs, c’est pareil.

La question ethnique est un fait social qui n’est pas propre à la Guinée. Seule une politique crédible, courageuse peut l’éradiquer dans le pays. Sinon, intrinsèquement pris, le Guinéen n’a aucun problème ethnique  qui l’oppose à son compatriote appartenant à un autre groupe social. Les racines de ce mal sont dans la tête des « très vénérables et illuminés» intellectuels et Hommes politiques.

Voyez-vous quand je suis à Beyla, je m’y sens comme à Lola. Lorsque je me retrouve à Télimélé, je me sens profondément fils de cette ville. A Gaoual et Boffa, c’est pareil. Personne ne m’a jamais dit que je n’étais pas chez moi dans ces villes où j’ai séjourné. Fort de cette expérience vécue et à partir de l’analyse des derniers douloureux événements, je peux dire surtout aux intellectuels et aux politiciens de cesser de faire de la question ethnique le fonds de commerce pour se promouvoir ou se maintenir au pouvoir.

Au citoyen guinéen, j’aimerais lui dire que s’il est confronté avec acuité à ce fait social ; c’est parce que nous n’avons jamais eu des gouvernants capables. Le jour où de vrais patriotes prendront le pouvoir, ces frontières factices s’effaceront naturellement d’elles-mêmes. L’ethnocentrisme disparaîtra quand la Guinée se relèvera, et inspirera ses enfants du goût de grandes œuvres par la mise en activité de leur génie créateur. En attendant, soyons tolérants les uns envers les autres. C’est ainsi que l’unité nationale se construira sur fond d’une véritable solidarité entre les générations, entre les régions et villes, entre les plus forts et les plus faibles, ceux qui ont été à l’école et ceux qui n’ont pas emprunté ce chemin. Tout cela n’est possible que dans un Etat qui garantit la sécurité aux citoyens. C’est possible dans un Etat digne d’une vraie autorité acceptée et partagée par tous. Voilà pourquoi j’exhorte toujours les Guinéens à se dépasser et à s’ouvrir à l’autre et au monde.

Chers compatriotes, donnons-nous la main pour former l’unité qui produira le changement que nous voulons. Notre peuple a trop souffert  pour ne pas sacrifier le sentiment ethnique au profit de l’unité nationale en nous dotant de la conscience supra-nationale.

 

Pensez-vous que les sites internets guinéens sont-ils engagés dans le combat pour le changement ?

 

Avec modestie, j’affirmerais que les sites guinéens ont apporté du nouveau au paysage médiatique de notre pays : le pluralisme de l’information. Ils ont joué un rôle éminemment important dans l’évolution du cours de notre histoire. Les détracteurs disent qu’on raconte de n’importe quoi sur l’internet. Ceux-là qui l’affirment ne savent pas que nous trouvons nos informations à partir des dossiers qui existent, des sources réelles et sur des faits avérés. Peut-être ne veulent-ils pas que les Guinéens en soient informés ? Il s’agit pour moi des apôtres de la désinformation qui souhaiteraient encore maintenir le peuple sous la coupe du mensonge gouvernemental.

Ceci dit, certains sites sont plus à l’avant garde du combat quand d’autres se rapprochent plus du cercle du pouvoir et se font l’écho du gouvernement. D’autres encore s’ingénient à s’attacher au sensationnel que de mener le combat contre le système avilissant qui sévit dans notre pays. Cette variété est ce que la presse doit être réellement demain en Guinée.

Cependant nous avons l’obligation de rester extrêmement vigilants pour éviter la corruption dont quelques uns ont été accusés. Il faut le dire, comme vous m’en donner l’occasion, les appuis du métier d’informateur doivent être la véracité des informations, la crédibilité de leurs contenus. L’enjeu est important pour notre pays pour que les sites soient ludiques comme certains animateurs le font. Nos informations ont besoin d’être vérifiées et surtout d’être pédagogiques pour aider nos populations à connaître leurs droits et devoirs et savoir les valeurs républicaines.

 

Que faut-il aux sites Internets pour accompagner le changement tant attendu ?

 

De l’audace chez les animateurs, du sérieux, de l’impartialité et surtout un engagement qui ne frôle pas la démagogie dont certains, malheureusement se rendent coupables. Etre à l’écoute des faits et les diffuser étayés dans la clarté et l’objectivité en ayant toujours présent à l’esprit que le combat est contre le système Lansana Conté.

 

Récemment, vous avez exprimé votre déception par rapport à ce que vous avez vu et écouté lors de la visite du nouveau Premier Ministre à Paris ?

 

C’était plus qu’une déception, mais plutôt de l’indignation mêlée de colère.

 Pouvez-vous expliciter ?

 En introduisant cet échange, j’ai fait une mise au point que je vais continuer à respecter, même si je suis critique dans la description de ce qui s’était passé.

J’ai découvert des jeunes, certainement de bonne foi, se muer en petits griots, d’autres se rabaissant à travers des incantations inutiles et futiles.

Lorsque le modérateur a introduit la présence du PM en ces termes : «Vous avez voulu du changement, vous l’avez obtenu. Vous avez réclamé un PM, vous l’avez devant vous… » Je me suis dis bon Dieu : parle-t-il du peuple de Guinée qui vient de s’affirmer de la manière la plus héroïque ou s’agit-il d’une autre population ? Encore l’on pourrait comprendre qu’il s’agissait d’un discours circonstanciel et donc ce vernissage langagier et politique passait, mais quand, la bataille pour la prise de parole s’est affichée, j’ai été scandalisé. Je ne comprenais pas pourquoi une telle course pour parler devant le PM ? Ainsi la conduite du débat fut minable, catastrophique. Ce qui devait être un moment d’échanges francs et sincères entre le PM et la communauté guinéenne fut une théâtralisation nauséabonde de petites combines sans lendemain, ni intérêt. Plus tard, j’appris que certains étaient condamnés à ne pas prendre la parole ce jour. Quelle honteuse censure qui n’a honoré ni les auteurs, ni la communauté guinéenne entière ? Simplement, la Guinée a raté une occasion de présenter ses exigences au PM au travers de ses fils et filles vivant en France et en Europe. Aussi, le discrédit l’a-t-il couverte auprès du PM et sa délégation. Quel dommage !

Les combinaisons ont été tellement mal ficelées que les auteurs auraient frôlé le pugilat après. Et ce n’est pas tout. Les commentaires élogieux ont été ahurissants alors qu’il n’y avait pas matière à pavoiser de satisfaction. Non, vraiment ce fut ridicule ! Cependant, il faut reconnaître le mérite aux organisateurs qui avaient pourtant dépensé assez d’énergie pour la réussite de cette rencontre. Ils sont parvenus à mobiliser la majorité de la communauté même si un grand nombre est venu pour mettre le visage sur le nom du PM. Je peux dire alors que cette forte mobilisation a été un peu de l’ordre de la curiosité.

 
Les Guinéens vivant en dehors des frontières du pays contribuent largement à la survie économique de ceux restés au pays, mais ils sont perçus par les hommes du pouvoir comme des ennemis. Selon vous, existe-t-il un espoir de voir ces deux types de Guinéens cohabiter sans la connotation : diaspora = Ennemi. ?

 

Je peux me tromper dans ma réponse, mais ce relent du PDG dans le discours politique est dépassé. Sékou Touré s’en est servi, ça fonctionné. Lansana Conté s’en est approprié et ça aussi fonctionné. Mais désormais l’écrasante majorité des Guinéens souhaitent le retour de ses enfants. Le peuple de Guinée réclame ses valeureux fils et filles expatriés aux affaires. Les derniers événements ont renforcé cette immense attente. En effet, l’histoire qu’écrit le peuple de Guinée s’enregistre sur de nouvelles pages. Nos compatriotes ont compris que cette stratégie ne sert qu’aux médiocres au pouvoir. Elle a si bien fonctionné jusqu’à maintenant parce que le Guinéen n’a jamais été libre, il n’a jamais mangé ce qu’il désire et à sa faim, ne s’est jamais soigné comme il se doit, il n’a jamais dormi d’un sommeil tranquille et profond, surtout pour les pères et mères de famille. Les soucis les réveillent dès le petit matin, envahis par la question de survie. Toutes ces choses ont exposé le citoyen Guinéen au chant de sirène des politiques au pouvoir. Le jour où ces tares n’existeront plus, ce vocable disparaîtra avec ses effets pervers. En attendant la naissance d’un Etat de droit, chacun doit apporter sa pierre à la construction de l’unité nationale, gage du développement durable et du progrès dans un pays.   

 
A votre avis pourquoi, le PM refuse de nommer des Guinéens talentueux qui sont très nombreux en dehors du pays, pour qu’ils apportent leur contribution à l’effort de développement ?

 

En posant la question de la sorte, nous retombons dans l’écueil décrit précédemment. Je ne la formulerais pas en termes de talents parce qu’il y en a tant à l’intérieur qu’à l’extérieur du pays. L’on pourrait plutôt s’interroger sur les critères qui ont prévalu dans le choix des ministres actuels. Je l’ai dit un peu plus haut. Le PM est le choix de Lansana Conté qui n’aime pas ses compatriotes expatriés parce que son école, celle du PDG a formaté son esprit à ne voir en eux que des ennemis. Regardons l’architecture du gouvernement, tous les membres, exception faite de quelques rares éléments, sont des appendices du pouvoir d’une manière ou d’une autre. La main de Lansana Conté semble avoir tracé les lignes et contours, même si son PM s’en défend.

Demain, lorsqu’un Etat responsable sera mis en place, encore une fois, je le répète, les virtuelles barrières dressées entre les Guinéens tomberont et disparaîtront. Cet Etat est en gestation et naîtra bientôt !

 
Pouvez-vous pronostiquer sur la durée de ce nouveau PM que beaucoup de Guinéens pensent qu’il va suivre la même trajectoire que ses prédécesseurs (il y a eu maintenant 7 PM) ?
 
Je ne veux pas faire le prophète ou le diseur de signes ou encore le marabout. La longévité de ce PM dépendra, à mon avis, de sa docilité à satisfaire la boulimie financière de Lansana Conté, de sa famille et de ses clans. Elle dépendra de la posture qu’il adoptera. S’il rampe, il survivra, s’il se tient débout en se dressant contre leurs fantasmes et leurs désirs, ses jours seront courts à la primature. Mais comme, le rêve d’occuper ce poste l’avait hanté, il oeuvrera pour s’y maintenir longtemps. Cependant, les derniers événements ont leur pesanteur sur la folie de Lansana Conté. Il lui faudra un peu plus de temps qui correspondra à l’abaissement rapide ou non de la température de la secousse sociale passée.
Un autre élément demeure le combat que nous menons. Si nous nous montrons plus déterminés, plus combatifs et intrépides, les jours du PM sont comptés et avec lui ceux de son cousin. Et comme je suis un optimiste, il ne durera pas à ce poste.

 

 

L’après Lansana Conté: un mystère pour tous les Guinéens. Comment voyez-vous la Guinée sans Lansana Conté, mort ou prisonnier à la suite d’un coup d’Etat ?

 

Une Guinée renaissante, resplendissante, prometteuse et rassurante, confiante et inspirant à ses millions d’enfants la promesse du bonheur, l’amour de la patrie dans un tissu social unificateur. Cependant, tout ne sera pas rose. Il faudra changer les mentalités, créer et construire un Etat de droits, une administration, bâtir la démocratie pour laquelle nos enfants sont morts prématurément. Il faudra, cette fois-ci, de judicieux choix à la fois des hommes et des politiques à mettre en chantier pour réformer les institutions avec les principes qui dimensionnent une Nation souveraine. Cela est possible. Préparons-nous à vivre pleinement ce moment et à contribuer à l’édification de ce colosse monument qu’est la Guinée. Il n’y a aucun mystère à se faire pour l’après Conté. Les patriotes se préparent à jouer ce rôle et pour apporter au peuple martyr, le bonheur qu’il attend depuis 50 ans.

 
 Le syndrome togolais: Il y a des Guinéens « jamais cela ! » mais vu la dégradation de la démocratie en Afrique où les dictateurs se remplacent par leur fils où on impose des hommes contre la volonté populaire, comment envisagez-vous la Guinée si le scénario togolais se produit ?
 
Ne faisons pas de tout bois, tout feu. La Guinée ; c’est la Guinée et non le Togo. Il n’y aura pas de syndrome togolais. Les derniers événements en témoignent déjà. La communauté internationale, les clans et sous-clans qui foisonnent dans notre pays et les autres forces occultes n’auront ni le temps, ni les moyens pour envisager, un seul instant,  cette possibilité. Après Lansana Conté, ce seront de vrais patriotes qui présideront aux destinées de la patrie. Ma réponse est de conviction.
 
Le fauteuil de PM en Guinée est une chaise très vite éjectable. Certains comparent ce poste à un suicide politique. Pensez-vous que le nouveau PM a les mains libres ou la corde au cou ?

 

J’ai répondu partiellement déjà à cette question. Mais comme elle est posée de nouveau, je reformule autrement ma réponse. Monsieur Kouyaté est venu à la primature après les événements que nous connaissons tous. Il aurait eu les mains libres si dans la constitution, ce poste était consacré. Ce n’est pas le cas. Donc, il est le PM de l’autre Lansana et non celui du peuple. La preuve, il satisfait ses besoins financiers alors que jusqu’à présent, la question des assassinats restent sans réponse. Nous avons attendu un mois pour le voir accoucher son gouvernement. Ce n’est pas surprenant pour celui qui est venu dans des circonstances exceptionnelles ?

Peut-on dire qu’il a la corde au cou ? Je ne partage pas cette vision parce qu’il a la liberté de dire non à ce poste. Je le rappelle, tout de même encore, que le 16 janvier 2007, il était entre Abidjan, Dakar et Conakry avec escale à Paris en démarche pour sa nomination à la primature guinéenne. Ses multiples remerciements plusieurs fois réitérés à l’adresse de son bienfaiteur et de son épouse Henriette en disent long.

 

Enfin, toute chose a une fin. Votre dernier mot pour guinea-forum et ses lecteurs.

 

Un combattant n’a pas de dernier mot, il a le mot de la continuité du combat. J’invite mes chers compatriotes à garder en mémoire partout, en tout temps et en tout lieu, le sacrifice de nos enfants sauvagement abattus par la soldatesque de Lansana Conté. Ils sont morts pour la liberté et la démocratie qui nous ont malheureusement échappées quand la sirène de la CEDAO a sifflé à nos oreilles. Ces valeurs fleuriront en Guinée et pour toujours à jamais. Même si aujourd’hui le PM, qui en est sorti, préfère la ballade chez les vivants et les oublie, nous avons l’impérieuse mission de les venger en chassant Lansana Conté et son système. Ils seront vengés, ce n’est pas une promesse, mais une exigence à imposer à tout acteur politique qui surviendra. Cela passera par une justice qui saura situer les responsabilités dans le respect du droit des accusés et des coupables éventuels.

Poursuivons le combat !

Merci à guinea-forum.

 

Source : guinea-forum, partenaire, de www.guineeactu.com

Mai 2007

 

 

 

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Vos commentaires
Bouba Diallo, samedi 1 août 2009
Me Lamah, ceci n`est pas un texte mais une interview, donc ne nous parle pas de texte bien reflechi écrit.
Me LAMAH Dakar, jeudi 30 juillet 2009
Texte bien reflechi et écrit.
CAMARA KARIFA, jeudi 30 juillet 2009
J`ai un amour fou pour la plume de JACQUE3S KOUROUMA et çà il faut le reconnaitre, il sait manuer la lanque de la molière mais c`est tout.parailleur il n`a pas sa place aux cotés des dignes fils du pays comme LE DOYEN ANSOUMANE DORE ET ADJIDJATOU BARRY BAUD et tant d`autres mais la liste est tellement courte, par concequant je fais allusion aux commentaires de Mr alkhaly sylla,mercredi le 29 juillet 2009.THIERNO MONENEMBO DIALLO fut le 1er pyromane pour mettre nu KOUYATE D`ALORS PREMIER MINISTRE malgré son rang social.Cependant parler la déroute de JACQUES de façon incéssante est inacceptable,les intellectuels guinéens en majorité s`expriment de façon partiale c-à-d derière leur ethinie
Mamady Kaba, jeudi 30 juillet 2009
J`aimais lire Jacques car il faisait des analyses objectives mais depuis Dadis est au pourvoir il s`est transforme en avocat. Il fait plus des analyses objectives mais des analyses subjectives. Il avait la confiance des gens. Il a perdu la confiance c`est dommage pour lui.
I. Kylé Diallo, mercredi 29 juillet 2009
prophétie ou facétie ? Question simple : que faire d`un leader en panne d`opinion ?
Alkhaly Sylla, mercredi 29 juillet 2009
Pourquoi Jacques Kourouma seul doit lire ce texte. Que pensez vous de Sy Savané, Kylé Diallo, Thierno Monenembo(précurseur du contage ethnique), Ibrahima Sory Makanera, Paul Mousssa Diawara et les rédactions de tous les sites qui se sont satisfaits des cent jours au pouvoir du président Moussa Dadis. Est-ce une première fois de poster un article déjà publié ? Moins de passion, chers compatriotes.
Saliou Tabara, mardi 28 juillet 2009
A notre avis, monsieur Kourouma veut s`offrir une virginité après ses sorties incomprehensibles pour fidèles du net. Qu`il fasse, plutôt, amende honorable et les lecteurs apprécieront de la sincérité de la démarche.
Saliou Tabara, mardi 28 juillet 2009
Vaine tenatative pour recouvrer une virginité après des prises de position oh combien opportunistes et incomprehensibles pour tous ceux qui se delectaient en lisant le sieur Kourouma.
benson Camara, lundi 27 juillet 2009
Je suis absolument d`accord pour dire que la personne qui doit relire ce poste est Jacques Kourouma. Il doit.
Chérif DIALLO, lundi 27 juillet 2009
J’ignore quel est le but visé par votre rédaction en publiant cette interview. Est-ce pour redorer le blason de ce cher Kourouma ? Auquel cas vous comprenez bien que c’est peine perdue. Comme toute personne qui suit la trajectoire erratique des pensées de notre ami, la seule envi qui vient à la lecture de ce texte c’est : MAIS QUE DIABLE !! FAITE LUI DONC RELIRE SON TEXTE 20 FOIS. Alors une fois pour toute, si « guineeactu » tient absolument à remettre en selle Jacques Kourouma (pour qui – je le lui ai dit à l’occasion de son premier article lénifiant en vers Dadis et sa junte – j’ai une grande estime) il faut lui tenir le discours suivant : AMANDE TOI OU FAIS LE MORT.
KB, dimanche 26 juillet 2009
Où est la prpphétie? On sent bien ce que vise cette republication au moment où on parle deCNTVotre Jacques cherche encore à s`afficher pour un poste car ila raté la commission ad hoc. où est le Jacques qui dénonce l`ethnocentrisme car on sait sous couvert de qui il cherche un poste. on voit aussi que votre Jacques est cogérant de ce site! Il n`ya aucune prophétie ici mais on voit l`opportunisme qui anime son auteur qui a tout oublié et il n`a pas relire ses propos sur l`armée pour laquelle ilfait la courbette. KB
Th.Hamidou Barry USA, dimanche 26 juillet 2009
Jacque est un sophyste..that`s it!
Boubacar, dimanche 26 juillet 2009
Ah disdonc depuis que dadis est au trône Kolié a changer de costume
Barros Diallo, dimanche 26 juillet 2009
Guineeactu : Je recommande ce texte pour lecture à Jaques Kourouma en personne. Il doit le relire sans mettre des lignes en gras. Il y’a des passages qui sont beaucoup plus importants ce que ces derniers comme celui de la confession des détenus du camp Boiro. Du culte de la personnalité qu’il semble reprocher à Kouyaté et ses soutiens il semble en avoir fait table rase avec Dadis. Ainsi que de la «Cruelle métamorphose»…. De prophétie je n’en vois personnellement aucune, très sincèrement, J’ai des amis qui n’interviennent peut être pas souvent sur le net mais s’ils pouvaient témoigner ils vous diront que nous nous sommes parlé de ce scénario bien avant les évènements de Janvier et Février 2007. Et c’est un scénario dont plusieurs personnes ont déjà traité et tous Guinéen alerte le voyaient venir. Est-ce une autre tentative de mystifier quelqu’ un La personne qui doit absolument relire ce texte c’est Jacques Kourouma. Je le dis très honnêtement, c’est comme s’il s’agit de deux individus différents. Je ne vous reconnais plus Mr Kourouma et c’ est le cœur meurtri que j’ écris ces lignes. Je n’aime polémiquer, m’opposer pour le plaisir du faire, Dieu le sait, et cette invitation me laisse pantois!

Dernière mise à jour 25/06/2011 13:53:55
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