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Trois anciens ministres du département des Mines et de la géologie ont été interpellés lundi par le CNDD et conduits directement au PM3, dans le cadre de l’opération « mains propres » lancée par la junte. Maints observateurs qualifient ces arrestations de deux poids, deux mesures, étant donné que Ahmed Kanté sur qui pèsent également des soupçons de détournement de deniers publics lui, n’a pas été touché.
La nouvelle portant sur l’interpellation de trois anciens ministres des Mines lundi dernier, a vite fait le tour de la cité. On s’y attendait avec la suppression récente de la Haute Cour de justice, par le CNDD. C’était là un moyen pour la junte de prendre des garde-fous contre les anciens hauts cadres accusés à tort ou à raison de traîner des casseroles et qui seraient amenés à invoquer leur immunité, en cas d’arrestation. Ahmed Tidiane Souaré, Louncény Nabé et Ousmane Sylla qui ont tous géré à un moment donné le département des Mines, ont donc été mis aux arrêts et logés au PM3, en attendant leur procès. Le dossier d’accusation ayant été transmis à la justice, après l’audition des mis en cause, par la Commission des audits. Cette audition qui s’était déroulée au camp Alpha Yaya Diallo, le quartier général de la junte, avait été suivie d’un face à face avec le capitaine Moussa Dadis Camara. Une rencontre qui s’était déroulée sous l’objectif des cameras de télévision. En plus des trois anciens suscités, Ahmed Kanté aussi, un autre ancien ministre des Mines était présent dans le bureau du président de la République. Ces cadres étaient invités à justifier le montant de 26 milliards de francs guinéens, qui aurait disparu des caisses pendant qu’ils étaient aux affaires. Ce montant provient du fameux fonds minier, qui représente la part des 6 millions de dollars que l’ANAIM (agence nationale des infrastructures minières) verse annuellement à l’Etat guinéen. Il s’agit de 250 mille dollars USD. Ces chefs de département des Mines se sont quasi unanimement déchargés sur le président défunt à qui ils ont affirmé avoir versé plusieurs fois des montants puisés de ce fonds minier. Ahmed Tidiane Souaré, a dit que cet argent aurait servi pour des dépenses de ‘’sécurité, de souveraineté et de géopolitique», sur ordre du président défunt. Il ne peut nullement avoir de confrontation entre ces ministres et le défunt président. Ce qui rendra la tâche un peu difficile à la justice. Concernant la détention préventive de Tidiane Souaré, Loncény Nabé et Ousmane Sylla, de nombreux observateurs pointent du doigt le fait que ce soit les trois anciens ministres qui trinquent, alors que Ahmed Kanté qui pourtant a été accusé d’avoir englouti plus de 2 milliards de francs guinéens par les enquêteurs de la Commission d’audit et de surveillance des secteurs stratégiques de l’économie, s’est vu réhabilité et nommé à la tête de la Commission mise en place à la faveur du forum minier.
Le président du CNDD aurait sans doute fait preuve de magnanimité à l’égard de Kanté. C’est du moins ce que pensent les observateurs. Qui ne manquent pas de rappeler que lors de la deuxième réunion du Groupe International de contact sur la Guinée qui s’est déroulée au début de ce mois de mars, à Conakry, Dadis avait dit : « M. Ahmed Kanté a été balayé parce qu’il était honnête ». Le même Dadis n’a pas manqué de déclarer à plusieurs reprises que « s’il n’y a pas de preuves et de faits irréfutables contre quelqu’un, je refuserai les règlements de comptes ». Est-ce dire donc que le dossier Kanté est classé ? Attendons de voir.
Mamadou Dian Baldé L’Indépendant, partenaire de www.guineeactu.com
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