samedi 17 mai 2008
Instinct grégaire et « négrattitude »

La France s’apprête à lancer dans les programmes d’enseignement aux tous jeunes les leçons sur la colonisation et sur l’esclavage avec droit de mémoire mais pas de repentance. En initiant une telle idée, l’on est amené à se demander quel but vise-t-elle ? Déjà, en 2005, elle avait voulu parler des bienfaits de la colonisation mais la Loi Sarkozy avait reçu un tollé et une levée de boucliers tels, tant en Afrique que dans les territoires d’outre-mer, qu’elle a dû la retirer. Mais dans les colonnes d’un journal de la place, un auteur a titré simplement :  « La colonisation, un mal ou une panacée ? »

Et comme tous les adeptes de la négritude doublés de la « négrattitude », cet auteur, aussi, ne sort pas de leur logique, celle de s’aligner sous la coupole coloniale, et on ne s’en étonnerait que dalle de le voir verser dans les mêmes travers et aller plus loin dans son mysticisme et sa dévotion pour toucher les confins de la cagoterie. L’encensement de la colonisation était total et enthousiaste avec des arguments parfois difficilement abattables, si on se laisse fasciner par son verbiage. Tenez quelques extraits de son cri : « Rendez-nous nos dieux, nos idoles, nos croyances et laissez-nous vivre en paix… »

Plus loin, il devient plus clair incisif : « C’est vrai que le citoyen d’une république, même bananière, s’il arrive à se définir et à bégayer en revendiquant ses droits civiques, c’est grâce à cette colonisation qui a mis dans la tête de tout un chacun que tous les hommes sont nés égaux en droit et en devoir. Chez les peuples arriérés, la hiérarchisation de la société humaine est un fait inné de la nature, une sorte de loi de la jungle au service des fétiches et des dieux imaginaires mais sanguinaires. Les sacrifices rituels en vie humaine existent encore de nos jours dans certaines tributs, le cannibalisme aussi. N’eussent été la civilisation et l’évangélisation des tribus indiennes, les sacrifices humains au nom du Roi Soleil auraient droit de coutume de nos jours… »

Croit-il que les sociétés qui ont gravi les degrés de la civilisation humaine l’ont fait du jour au lendemain ? C’est vrai que dans ce domaine l’Afrique est toujours en retard mais cela ne       signifie pas que la déportation des milliers de Noirs vers les Amériques était naturelle, normale, et morale puisque les Noirs étaient faits uniquement pour être esclaves.  Jean-Paul II avait, lui, demandé pardon à l’île de Gorée en baisant la terre comme le faisait Brutus, qui disait que « la terre est la mère commune à l’Humanité »… Pourquoi le Pape baisait-il le sol étranger qu’il foulait ? N’est-ce pas pour demander pardon, au nom de la « civilisation », de l’évangélisation que vante et encense sans borne notre auteur ? D’un certain avis, Jean-Paul II avait bien la tête sur les épaules et est considéré comme l’un des  plus grands papes de l’histoire de la chrétienté.

En déplaçant le débat, il condamne l’indépendance dont les leaders n’ont fait que remplacer les colons en faisant pire, mais cela ne signifierait pas que les présidents africains n’ont fait qu’imiter les colons, en ayant été à leur école ? Qu’ont-ils inventé, dans toutes les dérives ? Pourquoi tout ce que faisaient les nouveaux leaders africains n’intéressait pas du tout leurs maîtres Blancs qui leur ont cédé le fauteuil à regret, mais qui avaient leur mot à dire ? Certaines dérives n’ont-elles pas été dirigées de Extérieur ? Toutes les fortunes détournées en Afrique ne sont-elles pas confiées et gardées en Occident ? Combien de villas et châteaux Bongo possède-il rien qu’en France ? Comment comprendre la versatilité de Nicolas Sarkozy si, au moindre mécontentement de Bongo, il fait remplacer son ministre de la coopération pour l’envoyer paître aux Anciens combattants ? C’est cela la superbe « rupture ».

Les Etats ont des amis et ils ont des intérêts… 

L’esclavagisme :  Il y a plus de 150 ans que la France, exactement le 20 décembre 1848, la France a aboli cette chose mais cette pratique existe jusqu’à nos jours sur le continent dont certains leaders d’opinion s’élèvent pour demander réparation et indemnisation de la traite.

En février 2005, l’on a voulu faire passer la loi Sarkozy, qui mettait en évidence les bienfaits de la colonisation, une loi qui avait provoqué le refus par Aimé Césaire, le maire de  Fort-de-France, de le recevoir.

Comme on le voit, les nègres ne s’entendaient pas sur toutes les gammes. Notre auteur, adepte de la négritude, avait vu la colonisation comme une panacée tandis que le père de la négritude ne voulait pas en entendre parler, cependant il était pour la « départementalisation ».

Mais quelle logique ces penseurs ont-ils ? N’est-ce pas la négrattitude ?

La demande de réparation et d’indemnisation des méfaits de l’esclavage est nulle et sans fondement. La France n’étant pas la pionnière, dans cette affaire. Elle n’est venue que bien après, même si elle leur a par la suite damé le pion. Même dans ce commerce triangulaire, comme on dit, où met-on la responsabilité des rois et empereurs africains qui réduisaient en esclaves leurs sujets pour les vendre ensuite pour des pacotilles ? Le commerce d’esclaves entre rois africains n’est pas encore dit. Et c’est justement dans ce commerce dans ces sociétés primitives que certains historiens, comme Cheikh Antar Diop, ont soutenu pour thèse que la civilisation égyptienne était noire ? L’affirmation de Cheikh Antar Diop nous fait faire remonter l’histoire jusqu’à la haute Antiquité où les Egyptiens de la deuxième dynastie, à ce qu’il paraît, celle de Chéops ( 2600 ans av. J.C) trouvaient déjà aux Noirs de la Nubie, au sud de l’Egypte et au nord du Soudan, de la main-d’œuvre à bon marché pour hisser des blocs de pierre pour élever la pyramide de Gizeh. Et si le royaume du Koush, comme les Egyptiens appelaient la Nubie, prit le dessus sur l’Egypte au VIIIè siècle av. J.C, cela ne doit étonner personne quant à la chute de la civilisation des pharaons. N’est-ce pas de là que les traces et les vestiges de la civilisation méroétique (noire) peuvent donner à dire aux historiens que la civilisation égyptienne était noire, à partir d’une certaine époque ?

Les scientifiques ne viennent-ils pas de démontrer que Tout-An-kamon était de race blanche, pour démonter les affirmations de Cheikh Antar Diop ?  Depuis ou même auparavant, le commerce avec l’Asie se faisait avec la vente des esclaves noirs. Qu’on nous prouve que les Noirs d’Indonésie et d’Inde et mêmes les Aborigènes d’Australie viennent d’ailleurs ! Adam et Eve étaient-ils des Noirs ? En tout cas, la traite des esclaves n’a pas diminué avec l’apparition de l’islam, au VIIè siècle.

C’est donc bien après que les Français, qui se croient responsables de tout, sont venus dans ce commerce triangulaire, au XVIè siècle, et veulent faire voter des lois pour l’enseigner à l’école au nom du droit de mémoire. On imagine bien qu’ils vont enseigner aux tous petits que la France a fait plus de mal au continent africain que n’importe quel autre dans le monde, et que chaque Français se doit d’accorder du respect et des égards aux descendants des esclaves qui vivent sans papiers et qui sont pourchassés et expulsés dans des charters…Pauvres négroïdes, pendant la traite des nègres, ils fuyaient à mort à l’arrivée des Blancs en chantant : « Mon frère, fuis devant le Blanc, c’est un diable, il t’emmène là, d’où tu ne reviens plus… ». Malgré tout, ceux qui tombent dans les filets sont déportés, enchaînés au cou et ferrés aux pieds dans des négriers, ces bateaux qui ressemblaient aux galères, dans des conditions exactement les mêmes qu’on voit les bœufs attachés et embarqués dans les taxis de Conakry.

Actuellement, au XXIè siècle, l’inverse se produit : Au lieu de fuir les Blancs, les Noirs se lancent à l’assaut de leur pays, et l’envahissement est tel que ces derniers se voient obligés de les poursuivre pour les expulser enchaînés et ballonnés dans des charters du retour des nègres. Dans les deux sens, le nègre a braillé !

Une belle histoire, quand même, à enseigner aux tous petits qui, eux, avec leur innocence candide, ne vont pas manquer d’aplomb pour poser des questions comme : « Pourquoi les expulse-t-on, actuellement ? Pourquoi a-t-on aboli l’esclavage ? Combien en avait-on déportés ? Et surtout, depuis quand a commencé l’esclavage ? »

Toutes ces questions restent en l’air !

A la revoyure !

L’Indépendant, partenaire de www.guineeactu.com

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Dernière mise à jour 25/06/2011 13:53:55
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