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L’insécurité persiste à Conakry. Les populations dorment avec un œil ouvert par peur des attaques à main armées. Souvent par des personnes se réclamant de l’armée. On pensait que l’arrivée des militaires allait améliorer la sécurité des personnes et des biens. Il n’en est rien. Au contraire, on assiste à une démission des forces de défense et de sécurité. Même les coupeurs de route ont repris leurs sales besognes.
Le mardi 2 juin, le Capitaine Tiégboro Camara, Secrétaire d’Etat à la Présidence chargé des services spéciaux et de la lutte anti-drogue a invité les maires et chefs de quartier de Conakry à mettre en place des « Comités de Défense » dans tous les quartiers de Conakry. C’est vraiment ridicule.
Qu’est-ce qu’un jeune volontaire désarmé peut-il faire face à des brigands lourdement armés et véhiculés ?
Ceci est une véritable démission des forces de l’ordre face à l’insécurité dans notre Capitale. Récemment, un communiqué du même Tiégboro informait les populations de Conakry de la mise en place de brigades mixtes de patrouilles diurnes et nocturnes. Et voilà qu’on nous parle encore de brigades civiles d’autodéfense.
A quel titre ces jeunes volontaires vont-ils agir et avec quel moyen ?
Plus grave encore, le Capitaine Tiégboro donne feu vert aux chefs de quartier de brûler vifs tous les bandits. Une consigne dangereuse et pleine de risques. C’est un véritable recul des droits humains. On ne peut pas mettre en place la démocratie et l’Etat de droit en se rendant justice et en mettant fin à la vie d’une personne qui n’a pas eu droit un procès équitable (présumée innocente).
Attention Tiégboro, vous exagérez vraiment !
Nous sommes tous soucieux de la sécurité des citoyens et de leurs biens, mais ne donnons pas l’occasion à des gens de faire des règlements de compte. D’accord pour les sanctions sévères, mais passons par la justice.
S’il faut constituer des brigades de surveillance dans les quartiers, pourquoi le budget de l’Etat prend-t-il en charge des milliers de policiers, gendarmes et militaires ?
A quoi servent ces budgétivores qui sont nourris, logés (pour certains) et mieux payés que nos professeurs d’université ?
Seul le CNDD peut répondre à cette question.
L. Haidara
Pour www.guineeactu.com
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