jeudi 20 mars 2008
Insécurité : La recrudescence du phénomène dans le pays

Il faut le dire, le redire, l’écrire sans cesse, car l’insécurité est devenue aujourd’hui un sujet de préoccupation de tous les citoyens.

Les victimes ne se comptent plus. Les méthodes des bandits aussi changent au gré de leur intelligence et des moyens. Il ne se passe plus un jour sans qu’il y ait des victimes du grand banditisme. Les armes de guerre crépitent presque partout. Les vols, viols et brigandages ne sont plus à compter. Nulle part le citoyen ne semble en sécurité. Les  coupeurs de route, les tueurs à gages, les pratiques maléfiques meublent notre quotidien maintenant. On ne sait plus où donner de la tête. Se barricader chez soi dès la tombée de la nuit, voyager, ou faire sa journée tranquillement, ne semble plus être de notre vie. De Conakry à l’intérieur du pays, tout le monde vit dans la hantise. Des escrocs patentés écument nos villes. Cette situation inédite est en train de chambouler la vie des Guinéens.

A ce rythme, les malfrats tendent à devenir ou redevenir des maîtres de nos villes. C’est à se demander où sont les forces dites de sécurité. L’avènement du changement semble poser plus de problèmes que de solutions à ceux déjà existants. En effet, les citoyens se demandent aujourd’hui qui assure leur sécurité, tant l’indifférence et l’incapacité sont devenues de mise. Le département de la Sécurité qui semble débordé par les tâches administratives, aurait tendance à négliger la sécurité des populations. Or de cette sécurité dépendent d’autres questions de la vie nationale. La paix, la concorde et l’investissement dépendent de la sécurité des populations et de leurs biens. Nous avons pendant longtemps décrié la mal gouvernance, l’indifférence des autorités face à l’impunité et à l’injustice. Mais force est de reconnaître que si le changement, c’était aussi changer ces pratiques, améliorer les conditions de vie des citoyens, hé bien, le rêve semble être de courte durée. Tout le système de sécurité jadis existant est moribond. La brigade anticriminelle, la brigade de répression du front banditisme sont-elles aujourd’hui efficaces au regard de la situation qui prévaut dans le pays ? Les forces de police se plaignent de l’indifférence observée au niveau du ministère de la Justice. Les criminels appréhendés et déférés selon la procédure ne sont jamais gardés et jugés conformément à la loi. Les récidivistes sont légion dans nos villes. Les coups de filets ne sont plus que des canulars pour les citoyens, car les malfrats sont toujours libérés. C’est à peine si on ne les encourage pas à faire pire. Pour maints observateurs, il y a une complicité qui ne dit pas son nom entre les  bandits et ceux qui sont censés les réprimer. Une situation qui n’encourage pas. Ailleurs, on combat le grand banditisme, mais ses racines aussi. En Guinée ni l’un ni l’autre. On s’accommode, c’est tout. La cause ou les causes du grand banditisme ? On s’en fout éperdument. Une dérive aux conséquences lourdes pour le pays.

Oumoul K. Chérif 
L’Indépendant, partenaire de www.guineeactu.com

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Vos commentaires
Ansoumane Doré, dimanche 23 mars 2008
Le problème de l`insécurité qu`analyse ici Chérif devrait apparaître aux yeux des gouvernants comme une des priorités à résoudre dans la société guinéenne d`aujourd`hui.Laisser se développer le banditisme sans l`éradiquer avec énergie, c`est livrer la Guinée complètement à la loi de la jungle. Un pays où règne l`insécurité décourage toute initiative d`entreprise , donc d`investissement de taille.C`est le secteur où le gouvernement de Lansana Kouyaté aurait beaucoup gagné en crédit que la préparation du cinquantenaire de l`indépendance.La situation paraît beaucoup plus qu`inquiétante quand Chérif écrit : "Pour beaucoup d`observateurs, il y a une complicité qui ne dit pas son nom entre les bandits et ceux qui sont censés les réprimer". Il est grand temps d`agir avant que des baronnies mafieuses ne s`installent.

Dernière mise à jour 25/06/2011 13:53:55
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