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A l’initiative de nombreux Guinéens, s’est tenue ce dimanche 24 octobre à Paris dans le 5e arrondissement une rencontre entre différentes Associations, des partis politiques, des responsables de la société civile et des personnes ressources de la diaspora guinéenne de France. Ceci, en réaction aux différents événements et les tensions qui ont émaillé notre pays cette semaine en cette période électorale.
Parmi les participants on peut citer entre autres, l’écrivain Tierno Monénembo, le journaliste Alpha Sidoux Barry, la leader politique Madame Assiatou Siradiou Diallo, le consultant Sy Savané, Madame Médiar Cissé, Thierno Hassane Diallo, le juriste Nabbie Soumah, Ousmane Baldé, aussi de Mohamed Gassama, Guinéen d’origine et adjoint au maire du 20e arrondissement de Paris, de Mohamed Sampil qui a présidé la séance, ainsi que Madame Sanaba Camara Coné, comme modératrice. Dans l’ensemble, ceux qui ont pris la parole ont dans leurs interventions fustigé et dénoncé le fait que le gouvernement de la transition est partial et prend parti pour l’alliance Arc-en-ciel sans même se’en cacher. Illustration de cela : le limogeage par le Premier ministre Jean Marie Doré en personne samedi soir du docteur Binta Diallo, la directrice de l’hôpital Ignace Deen de Conakry qui a refusé de signer l’acte médical pour cautionner les affabulations d’empoisonnement qu’ont fait circuler Alpha Condé et l’alliance Arc-en-ciel cette semaine à travers le pays.
D’autres intervenants ont vivement dénoncé ceux qui s’en prennent personnellement aux Peuls, pourtant membre et composante à part entière de la Nation guinéenne. Selon eux le responsable de ces faits, les violences, les pertes en vie humaine, les pillages et les viols qui en découlent commis par l’armée et certains partisans surexcités de partis politiques, sont essentiellement sous la responsabilité du chef de la transition le Général Sékouba Konaté. Celui-ci n’a pas su prendre ses responsabilités et se laisse manipuler par Alpha Condé, dont le seul but est de semer le désordre, apeurer les paisibles populations pour les raisons connues. Les manipulations du gouvernement de la transition guinéen pour faire accréditer l’idée de désordre avec le prétexte validé pour s’éterniser encore longtemps au pouvoir.
En ouverture des débats, prenant la parole, Ibrahima Makanéra représentant l’UFR en France a vivement dénoncé l’agression dont a été l’objet samedi Monsieur Bah Oury le vice-président de l’UFDG et a aussi ajouté qu’il faut dénoncer l’enrichissement éhonté de Sékouba et de son entourage, notamment ses gardes du corps impliqués dans les répressions à Conakry, qui ont pour la plupart récemment acquis des demeures en France et en Belgique et mis à l’abri leurs familles en Europe. Aussi Madame Sanaba Camara Coné a abondé dans le même sens pour dire qu’il faudra la mobilisation de la diaspora pour traquer les corrompus et les responsables criminels de l’Etat guinéen planquant biens et familles en France notamment, en dévoilant leurs adresses.
L’anthropologue et juriste Nabbie Soumah a quant à lui dénoncé et déclaré que « Sékouba et l’Arc-en-ciel sont en train d’écrire les pages noires de l’histoire de la Guinée avec leur responsabilités confirmées dans les désordres et les violences actuelles ». Selon lui la culture de l’impunité et la jurisprudence du rebelle congolais Jean Pierre Bemba devra faire réfléchir les tenants du pouvoir actuel en Guinée, car des comptes leur seront demandés par la Nation et la communauté internationale. Il a ajouté que les manipulations ethniques ne passeront pas car les différentes communautés du pays vivent en symbiose et en harmonie depuis des siècles sans aucun problème.
La doyenne Médiar Cissé a quant à elle mit l’accent sur le volet judicaire et la nécessité de traduire les instigateurs de la haine et des violences qui n’est autre que Alpha Condé selon elle, et qui doit répondre de ses actes devant la justice internationale.
Monsieur Fofana de la société civile a pour sa part affirmé clairement que «anti-démocratique qu’ils sont, Alpha Condé et son arc-en-ciel pensent que le seul salut pour eux est de semer la haine entre les guinéens, la peur et les violences pour faire un hold-up électoral et s’imposer par la force»
Enfin, Tierno Monénembo a retracé un peu l’histoire de la Guinée avec la richesse de son brassage éthique des différentes composantes de la Nation. Il a affirmé que cette situation pouvait être évitée pour peu que les autorités de la transition y mettent de la bonne volonté, ce qui dans les faits n’est pas le cas actuellement. Selon lui, la question essentielle est l’instauration urgente et rapide d’un Etat de droit pour permettre les changements nécessaires et abréger les souffrances du peuple guinéen, ce qui mettra fin aux exactions et aux dérapages de l’armée guinéenne, habituée «au réflexe naturel de tirer et de taper sur les paisibles populations».
A la fin de la rencontre, le collectif a apporté un soutien aux personnes tuées et violentées, en particulier au défenseur des droits de l’homme Aliou Barry, le président de l’observatoire guinéen des droits de l’homme, sauvagement agressé ce samedi 23 octobre à Conakry par des éléments de l’armée. Un bureau a été mis en place pour assurer le suivi du collectif et pour suivre l’évolution de la situation en Guinée jusqu’à la tenue de l’élection.
Thierno Rampnoux Diallo, Paris
www.guineeactu.com
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