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On les croyait morts, égarés, sans aucun repère du temps et des circonstances. Mais ces pseudos mouvements de soutien renaissent de leur cendre et infestent encore plus aujourd’hui, notre air.
Depuis l’installation des nouveaux maîtres de Conakry, des associations, confessions religieuses, groupements et autres mouvements farfelus sillonnent en effet, les ruelles et couloirs du QG du CNDD, le nouvel allié de ces incurables courtisans en errance politique et circonstancielle.
Ces structures ou ce qui y ressemble, s’accommodent de fait, au temps, mais surtout, aux hommes qui gouvernent la République. Sinon, avec ce nouveau chapitre qui s’ouvre dans le pays, tous ou presque avaient prédit la mort générale de ces associations fictives, plutôt synonymes de profiteurs ou d’escrocs. Elles ont réussi à traire l’ancien régime jusqu’à son dernier souffle. Démasquées désormais, elles se sont reconverties : soit en faisant peau neuve, soit en changeant de dénomination et de têtes de l’exécutif.
Avec l’ancien régime, ils se réfugiaient derrière le Parti de l’unité et du progrès, parti au pouvoir. Avec pour seul objectif : jouir, s’enrichir ou plutôt, abuser de la confiance de leurs parrains. Pour y arriver, les auteurs se font passer maîtres dans l’art de la mamaya – cette danse populaire, alors réservée à des initiés –, aujourd’hui profanée par des opportunistes, à cause de quelques billets de banque.
Ces mouvements de soutien qui portent davantage mal aujourd’hui leurs noms, appellent à la vigilance. Puisque de toutes les façons, le CNDD n’est pas un parti politique derrière lequel on pourrait s’époumoner à tout va, pour trouver une villa, une moto, un véhicule, etc.
En effet, le changement amorcé par la troisième République, doit être perçu par chaque guinéen, comme un nouveau départ à l’unisson. Un départ qui doit forcer de fait, tous les imprudents à la sortie.
Autrement dit, il ne doit exister aucune place pour les indolents, les escrocs et les petits malins qui sont bien doués dans les hommages de circonstance : ils rivalisent de lyrisme pour saluer chaque nouvel homme fort de la nation. Ce sont eux les artisans des rois, des despotes et d’autocrates. Ce sont eux aussi les prolixes architectes des stéréotypes anti-changement. Ils sont tous catalogués, et donc, bien connus de l’opinion. Ils ont une forte capacité de nuisance et sont passés maîtres dans l’art. Et inopportunément, ils font triste école. Car, là dans, on retrouve désormais d’autres couches sociales, comme des étudiants et/ou diplômés fainéants, des flâneurs en quête de paternité, de simples faiseurs de roi en quête aussi de recevabilité. Bref, tout un cocktail d’opportunistes qui ne ratent jamais de circonstances : la politique du caméléon est bien assimilée.
On a vu des jeunes, et même de journalistes d’une certaine presse, s’ériger en ‘’body gars’’ pour protéger un ancien baron de l’ancien parti au pouvoir. Comme si ses gardes rapprochés ne lui suffisaient pas. Le drame c’est que ces pseudo-journalistes étaient tellement serviles que les hommes en treillis les avaient domptés. Même si c’était dans le remord.
On a vu aussi des hauts commis de l’Etat ou des mégalomanes du gouvernorat de la ville de Conakry d’alors, faire le clown au milieu des gnamakala, en haranguant les foules des femmes en réjouissance. Ah ! Opportunisme quand tu nous tiens !
On ne doit plus continuer à arnaquer, à chanter et à danser pour la simple boulimie de la diversion. Cette période est révolue. Le temps du travail qu’on a toujours bafouillé, doit être maintenant notre sacerdoce.
Vous avez dit mouvement de soutien ? Demandez les auteurs et acteurs de ces mouvements, avec quelle politique constructive ils soutiennent leurs parrains ? La réponse est souvent incertaine ou évasive, si vous l’aviez. Au soutien, on assimile les réjouissances, les prières de telle ou de telle confession religieuse. On exacerbe les clivages. On rapporte et on opte pour l’escroquerie -déguisée- à grande échelle. A n’en plus finir !
Comme quoi, ces mouvements de soutien portent mal leurs noms. Les nouvelles autorités de Conakry, avant qu’elles n’y prennent goût, doivent y veiller, car toutes ces apparences sont loin d’être sincères. C’est de la pure façade : une errance politique et circonstancielle, dont nul n’a plus besoin de savoir la forte capacité de contagion.
Mais comme on a déjà commencé à distribuer – au mépris de l’orthodoxie financière – des millions pour les religieux, à un mois seulement de gestion, l’on se demande fort bien comment sera fait demain, avec tous les postes juteux affiliés à la Présidence.
Ces colossales sommes auraient été données sans télévision, pour ne pas aiguiser les appétits. Surtout que l’on s’engage, dit-on, à lutter contre les maux qui gangrènent encore la nation : détournements, pillages, créances dues à l’Etat, dépenses extra budgétaires, etc.
Ce geste du Capitaine Dadis est vraiment mal à propos, au vu des manques à gagner auxquels on fait face, médusés. C’est à se demander s’il ne marche pas sur les traces des vieux démons: Conté et les autres. Il y a tout de même fort à parier…
Thierno Fodé SOW pour www.guineeactu.com
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